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Profil du membre : Sednem

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Informations générales

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  • Pseudo : Sednem
  • Groupe : Membres
  • Date d'inscription : Le 30/06/2006
  • Dernière visite : Le 08/08/2011 à 22:09:44
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Activité sur le site

Nombre de messages : 345
Nombre de tutoriels : 0
Nombre de news : 1

Profil

  • Date de naissance : Le 30/09/1993
  • Age : 18 ans
  • Son travail : lycéen
  • Ses passions : informatique, aikido, escalade

Signature

"At a time when technology gets ubiquitous,either one is controlled by technology or controls it.
The only difference is knowledge about the technology."

Code : Console
sednem@archtop:sdz$ yaourt -S knowledge


 

Biographie

Citation : Henri IV , de Luigi Pirandello
Tu ne comprends donc pas ? Tu ne vois donc pas com-
ment je les traite, comment je les désarticule, comment je les
oblige à paraître devant moi, ces pantins demi-morts
d’épouvante ! Ce qui les terrifie, c’est uniquement ceci : que je
leur arrache leur masque et que je m’aperçois de leur déguise-
ment : comme si ce n’était pas moi qui les avais contraints à se
déguiser pour le plaisir que j’ai de faire le fou !

LANDOLF, ARIALD et ORDULF, bouleversés, se regar-
dant entre eux. – Comment ? Que dit-il ? Mais alors...

HENRI IV, se tournant brusquement, en entendant leurs
cris, impérieusement. – Je suis excédé ! J’en ai assez ! Finis-
sons-en ! (Soudain, comme si, en y repensant, il n’arrivait pas
à y croire.) Quelle impudence ! Se présenter devant moi, au-
jourd’hui, avec son amant auprès d’elle... – Et ils se donnaient
des airs de pitié, ils semblaient vouloir épargner la colère à un
pauvre homme déjà hors du monde, hors du temps, hors de la
vie ! Un fou ! Oui, un peu de pitié pour un pauvre fou... S’il ne
l’était pas, fou, cet homme n’aurait pas toléré d’être ainsi tyran-
nisé ! Ils prétendent bien, eux, tous les jours, à toutes les mi-
nutes, que les autres soient comme ils le veulent ! Ils ne consi-
dèrent pas cela comme de la tyrannie : oh, non, pas le moins du
monde ! C’est leur façon de penser, leur façon de voir, de sentir :
chacun a la sienne ! Vous avez aussi la vôtre certainement. Mais
je voudrais bien savoir quelle elle peut être ! Celle des bêtes de
troupeau, misérable, changeante, incertaine !... Et eux, ils en
profitent : ils vous font subir et accepter leur façon de voir ; ils
vous font sentir et voir comme eux, ou, tout au moins, ils s’en
donnent l’illusion ! Car, enfin, que parviennent-ils à imposer ?
Des mots ! des mots que chacun comprend et répète à sa façon...
C’est pourtant ainsi que se forme ce qu’on appelle l’opinion cou-
rante ! Ah ! malheur à celui qui, un beau jour, se trouve marqué
d’un de ces mots que chacun répète ! Le mot « fou », par
exemple, ou encore, que sais-je, le mot « imbécile » ! Mais dites-
moi, peut-on rester calme à l’idée que quelqu’un s’acharne à
persuader aux autres que vous êtes tel qu’il vous voit, lui, à vous
graver dans l’esprit des autres, conforme au jugement qu’il a
porté sur vous ? « Un fou » « Un fou » ! – Je ne parle pas
d’aujourd’hui, où je fais semblant de l’être ! Mais avant ma
chute de cheval, avant ce choc sur ma tête... (Il s’arrête brus-
quement, en remarquant l’agitation des quatre hommes.) Vous
vous regardez dans les yeux ? (Il imite les marques de leur
étonnement.) Quelle révélation, n’est-ce pas ? Le suis-je ou ne le
suis-je pas ? – Eh oui, je suis fou (il devient terrible.) Mais
alors, pardieu, à genoux, à genoux ! (Il les force à s’agenouiller
tous, l’un après l’autre.) Je vous l’ordonne : tous a genoux de-
vant moi ! – Comme cela ! Et touchez trois fois la terre du
front ! Allons ! Devant les fous, tout le monde doit être à ge-
noux ! (Il regarde les quatre hommes agenouillés et sent brus-
quement sa féroce gaieté s’évaporer, il s’en indigne.) Allons !
Bêtes de troupeau, relevez-vous ! – Vous m’avez obéi ? Alors
que vous pouviez me passer la camisole de force !... Écraser
quelqu’un sous le poids d’un mot, cela se fait comme rien,
comme on écraserait une mouche ! Toute la vie est écrasée sous
le poids des mots ! Le poids des morts ! Regardez moi : pouvez-
vous croire sérieusement qu’Henri IV vit encore ? Et pourtant,
je parle et je vous commande, à vous qui êtes vivants. C’est moi
qui vous veux ainsi ! Cela vous semble une plaisanterie, que les
morts continuent à dominer la vie ? – Ici, oui, c’est une plaisan-
terie : mais, sortez d’ici, allez dans le monde des vivants. Le jour
paraît. Le temps s’étale devant vous. C’est l’aube. – Ce jour qui
naît, vous dites-vous, nous allons le créer nous-mêmes ? – Ah
oui ! Vous-mêmes ! – Et toutes les traditions ! Et toutes les ha-
bitudes ! – Vous vous mettez à parler ? – C’est pour répéter
toutes les phrases qui toujours se sont dites ! – Vous croyez
vivre ? – Vous remâchez la vie des morts ! (Il se campe devant
Berthold, complètement abasourdi.) Tu ne comprends rien à
tout cela, toi, n’est-ce pas ? Comment t’appelles-tu ?