L'attaque du car togolais
Le vendredi 8 janvier 2010, le car de la sélection togolaise se rend en Angola. Juste après avoir passé la frontière du Congo, l’équipe s’est fait mitrailler par le FLEC (Front de Libération de l’Enclave du Cabinda). Les tirs ont duré une trentaine de minutes, entre les rebelles et l’armée angolaise qui escortait le bus. Les témoignages des joueurs laissent transparaître de la peur, de la panique, et surtout du sang pendant l’attaque. Les conséquences sont rudes pour la sélection : deux morts, neuf blessés.
Le FLEC
Le front de libération de l’enclave du Cabinda défend l’indépendance de cette région, encerclée par la République Démocratique du Congo et le Congo-Brazzaville, et reproche à la CAF (Confédération Africaine de Football) d’avoir ignoré leurs avertissements sur une longue série d’attentats prévue pour l’évènement sportif qu’était la CAN (Coupe d’Afrique des Nations). Cependant, les hommes politiques (auto-proclamés) de cette enclave ont affirmé être désolés de cet événement. Selon eux, la sélection togolaise n’était pas visée en particulier. Ils souhaitent se faire entendre, et ils utilisent la violence pour arriver à leur but : « On est en guerre, tous les coups sont permis. »
La participation togolaise compromise puis annulée
Suite à cet événement, les joueurs togolais se déclarent incapables de participer à la compétition dans un tel état de choc. La CAF leur a après cependant ordonné de continuer la coupe, décision soutenue la Fédération de football de Côte d'Ivoire et par la FIFA, organe suprême du football. L’Angola, n’osant pas s’opposer à la FIFA et compromettre la compétition, encourage l’équipe à continuer en lui assurant une meilleure protection militaire.
Tous ces organismes s’étant montrés dans le même sens, les joueurs ont finalement exprimé le vœu de rester jouer les rencontres prévues, tout en affirmant qu’ils respecteraient la décision de leur gouvernement s’il s’y opposait. Ils souhaitaient faire honneur à leurs frères morts et montrer qu’ils n’étaient pas lâches en ne fuyant pas le pays. Le Togo a ensuite fait rapatrier ses joueurs par avion présidentiel malgré le vœu de l’équipe, car continuer la compétition dans un tel contexte serait « irresponsable ».
Et après ?
Cette affaire a fait le tour des médias et a vu naitre un nombre d’articles conséquent. Elle pose aussi plusieurs problèmes auxquels on n’a toujours pas de réponse.
- Prenons l’exemple du club anglais de Hull City, qui a demandé le rapatriement de ses joueurs participant à la CAN. Il se pose un réel problème quant à la décision du joueur, car son club, son pays, les organisateurs de l’événement, et son équipe imposent des règles toutes différentes.
- Théoriquement, l’Afrique du Sud devrait accueillir la coupe du monde 2010 de football. Or, des événements similaires dans une coupe du monde auraient de graves conséquences politiques, et donc militaires. On envisage donc difficilement un déroulement d’une coupe du monde dans de telles conditions.
- Le Togo s’est confronté suite aux positions des différents organismes : à la CAF, envers laquelle il exprime son dégoût, et à l’Angola, qu’il dénonce de ne pas avoir suffisamment défendu les joueurs. L’environnement politique en Afrique, principalement autour du Togo, risque de se complexifier.
- Les haut placés de l’enclave du Cabinda ont déclaré qu’ils craignaient des attaques militaires dans la région après la CAN. Après de violentes attaques en Afrique, le groupe de rebelles pense aux réprimandes qu’il pourrait subir.
- Il y a un dernier point, qui suscite beaucoup de réactions : le fait que le Togo soit disqualifié pour quatre ans. En réalité ce n’est que l’application du règlement, car l’état togolais est intervenu dans l’affaire. A cause de cette interférence gouvernementale, qui a fait annuler la participation de la sélection togolaise, le pays ne pourra pas jouer les deux prochaines CAN.
Conclusion
« Prendre des balles pour un match de foot, c'est dégueulasse. », déclarait Thomas Dossevi, attaquant togolais et témoin de l'attaque. On peut aussi constater que cela entraine des problèmes internationaux, politiques, militaires, etc. et que des événements futurs sont d'ores et déjà compromis.