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Voici le blog de : braizy4

Le blog de Brice Taton

Vendeur de corde, since 2010

Quand Eric Zemmour décrète qui fait partie de la "minorité visible"

Retour après un long moment d'absence avec un article consacré au maître de la pensée contemporaine : Monsieur Eric Zemmour. Lors de son édito quotidien sur RTL vendredi dernier, il s'est lancé dans l'analyse du nouveau gouvernement. Occasion pour lui de nous laisser apercevoir sa subtile définition de la minorité visible en déclarant : 

"Avec Christiane Taubira à la Justice, Hollande a fait une exception en imitant Sarkozy mais en moins spectaculaire. Taubira est noire de peau mais Guyanaise, un département français, elle ne relève pas de la fameuse diversité"

Après tout, pourquoi pas ? Mais alors pourquoi cette allusion à Sarkozy ? Moins spectaculaire ?! Il est vrai que Rachida Dati est née en Saône-et-Loire et ça tout de suite, c'est vachement plus spectaculaire ! Ou alors Zemmour nous livre sa fine vision du monde : ce qui compte c'est bien la couleur de la peau et pas la compétence des ministre mais à se petit jeu, le noir est déjà has been.

Sarkozy en guerre contre le syndicalisme : démagogue et dangereux


Nicolas Sarkozy a déclenché les hostilités de manière unilatérale, à coup de gaz lacrymogènes contre des salariés d'une usine qu'il "n'abandonnera jamais". Les ouvriers de Florange qui ont élu leurs représentants à 90% auront au moins acquis cela : le président-candidat s'occupe d'eux... et envoie la police pour cela !

En réalité la première attaque contre les syndicalistes était plus subtile : tout débute avec cette idée de référendum réactivant la vieille mythologie gaullienne du chef face à son peuple. Manque de pot, on n'en est plus là, si tant est qu'on y eut été un jour. La réalité du référendum, c'est la négation de tout un processus de négociation certes complexes mais autrement plus efficace qu'une injonction divine, même quand celle-ci vient du peuple (1). Je ne dis pas qu'il ne peut pas se justifier dans certains cas mais en tout cas, ni immédiatement après une élection - sinon à quoi sert-elle ? -, ni sur les sujets que souhaiteraient aborder le candidat de l'UMP.

Depuis les choses s'accélèrent et Nicolas Sarkozy multiplie les interventions contre le soi-disant immobilisme des "corps intermédiaires" et autres "permanents de la CFDT et de la CGT". Mettre les deux dans le même sac sur la capacité au compromis fera au moins rire certains camarades mais les insinuations de la droite se répandent dangereusement. Car en effet, quand il s'agit de réformer tous azimut, les syndicats gênent car ils représentent les gens qui devront appliquer ces textes de loi qui quand ils sont publiés au Journal Officiel - ce qui n'est même pas toujours le cas - doivent trouver une réalisation concrète.

Alors les grandes réformes annoncées tambours battants deviennent de simples ravalements de façade quand elles ne déstabilisent pas carrément l'ancienne organisation, certes anciennes mais qui fonctionnaient. La situation du ministère de la culture même si elle n'intéresse pas grand monde, est à ce titre catastrophique puisque la réorganisation des services pour atteindre les objectifs de la RGPP et réaliser des économies de bouts de chandelle a paralysé l'ensemble du ministère. Dans la même veine, la réforme du lycée, élaborée dans une climat particulièrement tendu avec les organisations syndicales, est amputée de toute part (pas d'aide individualisé par ci, moins d'option par là...) et désorganise les DHG (2) et les programmes...

Pour réformer en profondeur, il faut malheureusement discuter, négocier, parlementer avec les représentants syndicaux... et aussi ceux du patronat ! Mais pour cela, il faut un climat de confiance et un tel climat ne se construit pas du jour au lendemain... alors qu'il est bien plus facile à briser. Pour Michel Rocard (3), nous payerions encore les conséquences de l'écrasement de la Commune qui a contraint les ouvriers à la rupture dans l'anarcho-syndicalisme. Nicolas Sarkozy joue donc avec le feu avec ces propos démagogue et si l'élection présidentielle ne vient pas mettre une fin brutale à cette exercice pyrotechnique, les conséquences seront lourdes.

(1) "L'homme politique est celui qui dit : « Dieu est avec nous ». L'équivalent de « Dieu est avec nous », c'est aujourd'hui « l'opinion publique est avec nous »." - Bourdieu dans l'Opinion publique n'existe pas

(2) Dotation Horaire Globale : une invention maléfique pour pouvoir supprimer plus d'heures en empêchant les enseignants de se mobiliser puisque personne ne sait contre qui râler.

(3) Mes points sur les i - Editions Odile Jacob

Si je soutiens François Hollande, c'est aussi pour ça :


Vous ne rêvez pas, c'est bien l'analyse politico-financière de Mickaël Vendetta... qui soutient Nicolas Sarkozy !

Je pense que ça se passe de commentaire mais au risque de passer pour un bobo-snobinard, j'ai bien envie d'en profiter pour vous conseillez l'excellent livre de Michel Rocard qui fait une analyse très fine de la crise que traverse le capitalisme : "Mes points sur les i" (Lien Amazon).

Petite réflexion sans intérêt du dimanche soir en passant près d'Odéon

En passant près de l'Université Descartes, j'ai vu une drôle d'affiche :


Une flèche pointe vers la droite et ordonne : "Piétons, prenez le trottoir d'en face" et l'affiche du Front de Gauche ou plutôt le Mélenchon martial qui y occupe la moitié de la place dit sur le même ton "Prenez le pouvoir". Drôle de parallélisme ! En attendant de pouvoir prendre mon trottoir habituel, j'ai traversé...

Un conseiller national de l'UMP justifie l'agression de Pulvar et Montebourg

Ce soir, en sortant d'un restaurant, Audrey Pulvar et son compagnon, Arnaud Montebourg, ont été pris à parti par un groupe de nazillons scandant des slogans pro-Le Pen, qui leur ont lancé du verre dans le dos. Une plainte a été déposée.

 Les réactions de soutiens d'anonymes, de journalistes et de politiques affluent mais voilà qu'un conseiller national de l'UMP, M. Eric Normand, se sent obligé de justifier l'agression et de voler au secours de ces imbéciles d'extrême-droite.


L'UMP ne se contente plus de faire du pied aux populistes de la droite de la droite, elle drague désormais ouvertement les groupuscules violents d'extrême droite.

Le président du pouvoir d’achat n’est plus, voilà le président de la rigueur.


Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas accueilli quelqu'un sur ce blog. C'est Benjamin Lepez, camarade jeune socialiste du Pas-de-Calais qui rouvre le bal avec un article sur la suppression de la CSG par François Hollande.

La TVA sociale est une mesure qui ne modifie en rien le salaire des Français. En effet, cette mesure vise à supprimer les cotisations patronales et non pas salariales, ce qui permet aux entreprises de dégager plus de profits et donc d’investir à l’étranger (c’est le cas de Renault au Maroc) ou de reverser plus d’argent à leurs actionnaires. Actionnaires qui touchent en cette période de crise des dividendes insolentes envers les Français.

Dans le même temps, alors que les salaires des Français n’auront pas augmenté puisque cette mesure ne le prévoit pas, la tva augmentera fortement. Si Nicolas Sarkozy est réélu, les prix à la consommation augmenteront puisqu’il mettra en place une TVA à 21.2%. Avec des salaires identiques et avec une inflation boostée par l’augmentation de la tva, le pouvoir d’achat des Français diminuera de fait. La rigueur voulue par le candidat Sarkozy sera une nouvelle fois mise en place… 
François Hollande est un des rares candidats socialistes  à ne pas vouloir augmenter le SMIC brutune fois élu. 
L’une des solutions les plus faciles pour augmenter le pouvoir d’achat des Français serait d’augmenter le SMIC brut, cette mesure aussi populaire soit elle, ne sera pas mise en place par François Hollande. En effet, La hausse du SMIC brut, augmenterait de façon conséquente la part de la masse salariale des TPE/PME qui ont déjà des difficultés en ces temps de crise. Le candidat Socialiste propose d’ailleurs pour ces entreprises une fiscalité modulable en fonction de leur taille. Ainsi, les TPE s’acquitteraient d’un impôt sur les bénéfices à 15% contre 24% actuellement, celui des PME passerait de 33% à 30%. Cette proposition permettra donc de réarmer les petites et moyennes entreprises face à la crise. Ces entreprises qui sont le principal moteur de la croissance Française diminueront le chômage, augmentant de fait le pouvoir d’achat de ces « futurs anciens chômeurs ». 
François Hollande n’augmentera pas le smic brut mais ne renonce pas pour autant à augmenter le salaire net de la totalité des salariés. 
Le candidat socialiste supprimera la contribution sociale généralisée (CSG) de la fiche de paie de la totalité des Français. La CSG sera désormais incluse dans le calcul de l’impôt sur le revenu et deviendra donc progressive.

Prenons aujourd’hui un salarié lambda  vivant seul et touchant le SMIC. En janvier 2012, son salaire brut était de 1398.7€ et il touchait un salaire net de 1098.28€ selon l’INSEE.
Prenons maintenant ce même individu avec la suppression de la CSG. Son salaire brut n’augmentera pas pour ne pas pénaliser les petites et moyennes entreprises, il sera donc toujours de 1398.7€. Mais dans le même temps, la CSG ayant disparu, notre salarié touchera finalement un salaire net de 1225.52€, soit une hausse de salaire, pour un salarié au SMIC, de plus de 170 € par mois. 
François Hollande a donc fait le choix d’augmenter le salaire et donc le pouvoir d’achat des Français, tout en allégeant les charges des entreprises. Nicolas Sarkozy a quant à lui décidé  d’augmenter la tva sans augmenter le salaire des Français. Le président du pouvoir d’achat va donc diminuer le pouvoir d’achat des Français, préférant augmenter les profits des entreprises sans que les salariés n’en reçoivent de contrepartie. 
Le candidat Sarkozy sait-il que le pouvoir d’achat est un facteur de croissance ? 
BENJAMIN LEPEZ

[Propos de Guéant] Remettons les choses dans leur contexte !

Hier, Claude Guéant, le ministre de l'intérieur, aurait dit que, contrairement au PS, il ne pensait pas que toutes les civilisations se valent. Evidemment, la gauche bien pensante et dictatoriale est montée au créneau pour dénoncer les propos qu'elle a évidemment sorti de leur contexte.

C'est là la clé de compréhension de cette affaire. Claude Guéant organisait hier une Lan-Party au ministère avec des jeunes de l'UNI car le ministre est fan de la série Age Of Empires. Et force est de constater que les unités espagnoles y sont clairement meilleures avec leur bonus en artillerie. Claude ayant subit un échec cuisant contre un jeune de droite aveuglé par sa mèche, il se serait lâché et aurait déclaré : "C'est trop pinjuste ! Toutes les civilisations ne se valent pas". Un jeune gauchiste notoire s'empare des propos, les publie sur Twitter, et la polémique est lancé. 

Calmons nous camarade !

Pour l'éducation, Bayrou propose... de ne rien faire !

François Bayrou a présenté son programme pour le lycée. Le monsieur n'est pas un novice en la matière car il a été ministre de l'éducation privée nationale de 1993 à 1997. Sa grande oeuvre ? Avoir bloqué la réforme des rythmes scolaires, la création d'un statut étudiant et le développement des filières technologiques et professionnelles. Autant de promesses de Super Menteur qu'il aura soigneusement enterrées. N'oublions pas non plus la mythique tentative d'assouplissement de la loi Falloux sur le financement de l'école privée qui a du avorter face à la mobilisation de l'école publique qu'il sacrifiait en douce.

Bref, sur l'éducation, je n'attendais pas grand chose et j'ai été servi ! On apprend en effet que Bayrou refuse la création de 60 000 postes et ne s'engage même pas sur un gel des suppressions de poste ni sur une véritable formation des professeurs. Il s'oppose aussi à la proposition populiste de Sarkozy sur l'augmentation du temps de travail des enseignants ou encore à une augmentation des salaires ou des primes des profs. Et pour couronner ce beau projet il dénonce la "réformite" de ses prédécesseurs. Un programme a priori : ne surtout rien faire.

Même si ce serait déjà une avancée par rapport à l'actuel ministre, Bayrou nous rappelle néanmoins subtilement qu'il est de droite. Il substitue discrètement l'instruction à l'éducation et glisse l'idée d'un "baccalauréat d'excellence" qu'il se garde bien de définir. Et bien sûr il enrobe ça derrière un joli "contrat entre l'école et la nation". Qu'on ne s'y trompe pas, il n'y a rien à attendre d'un tel candidat. En 1995, le candidat avait des jolies promesses et n'a rien fait, cette fois-ci il n'a même pas les promesses, autant s'attendre au pire !

@Nadine__Morano dépasse les bornes

Le canard enchaîné à paraître demain révèle que l'escorte Nadine Morano (plus connue sous le pseudonyme de @nadine__morano) aurait renversé à moto un piéton alors qu'elle empruntait une route en sens interdit afin de se rendre à l'aéroport qui lui permettait de se rendre en Meurthe-Et-Moselle alors que le trajet en train est aussi court. Si vous vous demandez pourquoi une twittos, aussi célèbre soit-elle est escortée par des motards, je vous rappelle, qu'elle est aussi ministre.

Bref, l'affaire est déjà bien choquante mais après tout ce n'est pas directement la faute de la ministre et un accident peut arriver à tout le monde. Mais voilà, c'est la réaction de la principale intéressée qui provoque un véritable tollé.

En effet, Stéphane Guillon, dont l'humour noir est bien connu, attaque très fort :


Et, puisque je le rappelle Nadine Morano est aussi ministre, on s'attend à ce qu'elle prenne de la hauteur, publie une communiqué de presse pour affirmer son soutien à la famille de la personne que ses motards ont plongé pendant deux jours dans le coma et dont on ne sait toujours pas s'il ne va pas garder des séquelles. Mais non, Nadine Morano est avant une twittos idiote et vulgaire. La futur-ancienne-ministre se lâche :


Je dois le dire, elle me faisait rire, plus maintenant... La plaisanterie a assez duré, au revoir Nadine Morano !


Napster fermé, le piratage, c'est fini !

C'est l'évènement médiatico-geek de la soirée. Mégaupload, le célébrissime site de téléchargement et de streaming, a été fermé. Contre toute attente, il semblerait qu'il ait servi à héberger illégalement des films et des séries qui n'étaient pas libres de droit !

Croire que la fin de Mégaupload est une victoire des défenseurs de la propriété privée sur Internet c'est un peu comme croire que l'arrestation d'un cycliste dopé mettra fin au dopage ou qu'Hadopi a changé quelque chose. Mégaupload vient de fermer et je peux déjà vous citer trois sites qui proposent absolument le même service (avec une meilleure qualité d'ailleurs).

Cela fait des années que les gouvernements jouent au chat et à la souris avec les différents sites et logiciels qui permettent un accès gratuit à la culture pour tous. Sauf que là, le chat est amputé d'une jambe et aveugle et que les souris sont plusieurs millions. Nécessairement, il faut bien qu'une d'entre elles se fasse attraper à force de donner des coups de pattes dans tous les sens.

Bref, je suis ravis d'avoir écrit un article sur un sujet pour dire que je pense qu'il est sans importance. D'ici trois mois, plus personne ne se souviendra de "ce vieux site qu'on utilisait quand on était des gamins pour regarder des séries". Et pour conclure sur le plus drôle dans cette affaire ayons une petite pensée pour les pigeons qui ont acheté un abonnement sur un site de contenus illégaux qui planque ses serveurs à Singapour.

Si vous voulez un vrai sujet d'inquiétude concernant les libertés sur la toile, je vous conseille plutôt de vous renseigner sur le projet de loi SOPA actuellement en débat aux Etats-Unis.

L'UMP ou l'art du non-événement

C'était une stratégie délibérée de François Hollande que de ne pas boxer dans le vide dès la fin de la primaire. En effet, face à lui : rien ! L'UMP ne fera pas campagne, le président-candidat ne se déclarera pas ! Cela fait cinq ans qu'ils jouent au même jeu à chaque échéance locale : plus il y a d'abstention, moins les citoyens s'emparent du débat public et plus la droite a des chances de l'emporter. En attendant, c'était la "drôle de campagne", François Hollande aiguisait ses couteaux, les jeunes militants votaient pour renouveler les fédés, jouaient aux cartes et lisaient Bourdieu avec pour seul distraction quelques vannes twittesques à l'encontre de Nadine Morano.

Mais aujourd'hui, c'est parti ! Avec un lancement en grande pompe : une tribune dans libération. Honnêtement, j'étais plutôt sceptique au départ, pour plusieurs raison : d'une part la presse papier, c'est pas ce qu'on fait de plus "fun" et "in" en ce moment, d'autre part, les bobos lecteurs de Libé, c'est peut-être pas le public le plus nécessaire à conquérir et surtout, symboliquement, ils viennent tout juste d'augmenter leur prix.

Mais il faut dire que le terrain a été longuement préparé pour un tel événement. Depuis 3 jours, tous les réseaux sociaux sont en alerte pour nous signaler l'article, chaque militant PS a rappelé en dix fois 140 caractères à tous ses followers qu'il fallait absolument qu'ils achètent Libé et évidemment, le journal lui-même a bien vu l'aubaine économique en jouant à fond sur l'événement. Mais disons le franchement, les meilleurs directeurs marketing de Libération ce mardi, n'ont pas été de gauche.

En effet l'UMP a tout fait pour que l'article ne passe pas inaperçu - peut-être parce qu'il ne parle pas de l'affaire Karachi ? -. Communiqués de presse accusant Libé de faire campagne pour Hollande - deux jours après l'édito d'un député UMP dans le Figaro ^^ -, déclaration de leur président Jean-François Copé, Tweets amicaux de Mariani et Morano, le parti majoritaire y a été fort. Comble de la mobilisation, ils ont même loué un nom de domaine pour faire parler encore un peu plus de l'article de Libération.

Conclusion ? Ce petit article est devenu l'événement de la journée, tous les médias en ont parlé, il a été longuement lu et commenté et le lancement intimiste de la campagne de François Hollande a eu un retentissement inattendu ! Ce soir, il m'aura fallu interroger tous les vendeurs de journaux du Boulevard Saint-Michel - qui en compte un certain nombre, croyez moi ! - avant que l'un d'entre eux ne retrouve un exemplaire de Libération qui était tombé derrière le présentoir.

Bienvenue en 2012, l'année du changement !

On le sait les Incas prévoyaient la fin du monde pour 2012, à l'heure où je vous écrit, tout va bien, j'espère que vous pourrez me lire. Mais c'est d'autres prévisions, autrement plus affolantes, faites par d'autres prophètes qui m'inquiètent. Je veux bien évidemment parler de cette phrase sans doute non réfléchie de Coluche :


Joli hasard en tous les cas, car 2012 sera bel et bien l'année du changement. D'abord parce que pour la première fois, je voterai à une élection présidentielle et sachez que pour l'instant, je n'ai jamais voté pour quelqu'un qui a perdu* ! Le changement, c'est donc tourner la page d'un quinquennat dont l'histoire ne retiendra rien pour élire un président normal, c'est à dire un président qui préside.


Je vous souhaite donc une bonne et heureuse année 2012 que je souhaite
moi-aussi placer sous le signe du changement !

* étude réalisée sur un échantillon non représentatif de deux élections

Marine Lepen, l'histoire d'une héritière

Si vous n'avez pas vu le reportage de Caroline Fourest et Fiammetta Venner diffusé Jeudi par France 2 sur Marine Lepen, vous pouvez le retrouver sur le site Pluzz qui rediffuse les programmes de la chaîne. Je vous conseille vivement de le voir, c'est parfaitement bien monté et résume en une heure leur livre.




A los indignados no les gusta el bipartidismo

Tant qu'à faire, pensons
ça aussi à l'échelle
européenne
C'est l'ennemi juré de la bonne conscience démocratique, le vice qui va détruire nos démocraties : le bipartisme. Et pour cause, l'accord PS-EElv a montré combien la démocratie triomphe dans l'éclatement des partis. Nos députés ont été choisis en catimini dans un bureau à mi-chemin entre la rue de Solférino et la rue du Chaudron. Qu'on ne s'y trompe pas, le Mox ou l'EPR n'a rien à voir dans les débats, il s'agit bien de négocier des postes à l'assemblée nationale !

Problème ? Nous n'avons aucune idée du poids d'EElv, créé après 2007 et qui ne s'est présenté qu'à des élections locales ou européenne - avec des contextes particuliers et des taux d'abstentions élevés -. Au contraire, un véritable processus démocratique comme la primaire a permis de saisir un cliché des rapports de forces démocratique au sein d'un "PS + PRG" et de donner à chacun le poids qui est le sien.

Le problème est en réalité un peu plus complexe, il ne s'agirait pas de décréter autoritairement la création d'un grand parti de la gauche unie sommée de se mettre en ordre de bataille derrière le seul capable de gagner une élection présidentielle (on n'est pas à l'UMP !). Bien au contraire, il s'agit de créer une structure démocratique avec la reconnaissance assumée des divergences internes, des débats démocratiques, avec le respect des opinions des camarades. Bref, la VIe en interne avant toute chose ! J'ironisais, il y a bien longtemps, ici même, sur la création d'un courant strauss-khanien au Front de Gauche, c'était un peu la même idée, avant la dérive autocratique de l'initiative de Jean-Luc Mélenchon.

Et on touche là un des principaux obstacles à ce rêve. En réalité, Jean-Luc Mélenchon à sa petite échelle n'est que l'exemple d'une tendance largement répandu à croire qu'une majorité donne tous les droits. Ses amis sud-américains lui en donne un très bon exemple. Mélenchon, minoritaire au sein du PS, excédé - sans doute à juste titre - des excès de la majorité en place, l'a quitté pour reproduire la même chose plus à gauche. J'espère, en passant, que certains de mes amis reconnaitront là un avertissement intéressant. Bref, je m'éloigne de mon propos qui est simple : il faut achever à gauche le mythe du rassemblement consensuel - donc de l'homme providentiel - au profit du dissensus démocratique et cela implique une belle révolution militante - avant d'être citoyenne ?

[exclu] Hervé Morin annonce qu'il renonce à sa candidature

Tout à l'heure, alors que je faisais un petit tour dans le futur (autour de Février 2012), je suis tombé sur cette dépêche AFP :
Ce matin, Hervé Morin a annoncé qu'il renonçait à sa candidature et qu'il appelait à voter pour le candidat du parti présidentiel. Toujours crédité de 0,5% d'intention de vote dans les sondages depuis l'annonce de sa candidature le 27 novembre dernier, le candidat centriste n'a pas réussi à mobiliser autour de sa candidature.
Dans un communiqué, il a indiqué que face à la monté de l'extrême droite, il ne voulait pas prendre le risque d'une élimination dès le premier tour du candidat de l'UMP, l'ancien premier ministre Alain Juppé.

Bon allez plus sérieusement, bonne chance camarade ! Si tu pouvais piquer plus de 3% à Sarko ce serait vraiment sympa de ta part, moi je te soutiens à fond !

Circulaire Guéant ou "De l'indignation sélective"

Depuis la rentrée, c'est l'effervescence dans le milieu des grandes écoles et dans certaines fac huppées de Paris, on voit même réapparaitre la Cé... Non je vous rassure rien à voir avec les élucubrations d'Eva Joly et du MJS ! C'est la bataille contre la "circulaire Guéant" qui bloque les transformations de statuts d'"étudiant étranger" à celui de "travailleur étranger", expulsant ainsi des élèves de polytechnique, de Sciences Po, d'HEC...

La circulaire en question est immonde, raciste, xénophobe, économiquement idiote et révèle que notre ministre de l'intérieur n'a guère plus de réflexion qu'une huitre, se refermant sur lui-même à chaque grain de sable qui lui semble étranger.

Mais l'indignation générale autour de cette circulaire m'exaspère. Tous ceux qui, hier, pensaient "ne pas pouvoir accueillir toute la misère du monde" se font les défenseurs du pauvre immigré polytechnicien contraint d'aller se réfugier dans un pays qui aura l'intelligence d'exploiter son savoir-faire : les États-Unis.

Alors mes nouveaux camarades d'indignation, que vous veniez d'HEC ou d'ailleurs, rejoignez nous aussi pour défendre les familles en centre de rétention, les enfants de quelques mois séparés de leurs parents (le traitement inhumain et dégradant a été reconnu !), les lycéens qui ne peuvent même pas finir leurs études dans leur pays.

Si cette circulaire permet une prise de conscience générale du problème, c'est un moindre mal, j'espère simplement qu'elle ne servira pas d'écran de fumée comme bien trop souvent avec ce gouvernement. En tous cas, n'entrez pas dans son jeu.

Education : les libéraux de l'UMP seraient-ils en train de sortir du bois ?

La mandature Sarkozy aura été marquée par une constance en matière de politique éducative : l'absence totale de ligne directrice, de projet, de cohérence. Les sinistres Xavier Darcos et Luc Chatel ont fait se succéder une série de mesures absurdes, soit inappliquées quand elles étaient bonnes soit mauvaises quand elles étaient appliquées.

Faisant feu de tout bois pour porter des coups violent au Mammouth, les ministres sarkozystes sont accusés depuis longtemps d'avoir en réalité un projet très clair et très cohérent : celui d'épuiser l’Éducation Nationale au profit des lobbys de l'éducation privée catholique. C'est en substance et très rapidement, le propos de l'excellentissime livre Main basse sur l'école publique d'Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi. Bref, l'ultra-libéralisme appliqué à l'enseignement publique, de la maternelle à la formation professionnelle.

Ce projet a un avantage considérable : il unit les conservateurs et les ultra-libéraux. A droite, seuls quelques ronchons gaullistes, heureusement de moins en moins nombreux ou de plus en plus convertis au libéralisme, protestent contre cette mise à mal de notre système éducatif. Encore plus subtile : n'étant pas publiquement assumé, ce projet ne pouvait pas être vraiment critiqué.

Mais voilà, nouvelle échéance présidentielle, nouveau projet, c'est l'occasion pour la droite de passer à la vitesse supérieure en montrant qu'elle a effectivement un beau projet pour l'éducation de vos enfants. Pour faire vite, il s'agit de mettre en concurrence les établissements dès l'école primaire avec publication des résultats, liberté de choix de l'équipe enseignante et administrative par le directeur, le principal ou le proviseur, examen d'entrée en 6e, fin du collège unique... Le tout selon Copé "sans motif véritable de grève", nous voilà rassurés !

Je dois vous avouer qu'en lisant ce projet, ma première réaction a été de me réjouir. En effet, je suis ravis qu'enfin l'UMP avoue et regarde droit dans les yeux le mur où elle nous conduit. Et puis j'ai eu une deuxième réaction, je me suis souvenu qu'ils avaient une chance de gagner en 2012 et d'appliquer un tel projet... Et là, ça fait vraiment peur !

Twitter accueille la candidature de Chevènement... à sa manière

Jean-Pierre Chevènement, déjà candidat malheureux en 2002, a annoncé hier sa candidature à l'élection présidentielle de 2012. Le raz-de-marée provoqué par une telle annonce vous a sans doute empêché de voir que les utilisateurs de Twitter - les twittos pour les intimes - ont accueilli cette nouvelle... à leur manière.

Le jeu du jour sur Twitter, s'appelle donc #RemplaceUnMotDansUnTitreDeFilmParChevenement. Cela consiste tout simplement à prendre un titre de film et, comme le nom du jeu l'indique, à remplacer un des mots par "Chevènement". Le résultat est assez amusant, parfois, et aurait sans-doute beaucoup intéressé les surréalistes. Le Cadavre Exquis, au XXIe siècle, ça donne ça :




Je vous laisse le plaisir de découvrir le reste sur Twitter avec le hashtag #RemplaceUnMotDansUnTitreDeFilmParChevenement

L'IVG, victime collatérale de la crise espagnole ?

Les élections anticipées espagnoles approchent et le 20 novembre, sauf énorme surprise, le Partido Popular de Mariano Rajoy les remportera haut la main. Pour ne pas être élu uniquement sur le rejet du PSOE de l'actuel premier ministre, José Luis Zapatero, ils ont quand même, pour la forme, pris la peine de publier hier un programme électoral. 

Dans ces 222 pages, publiées sur le site internet du PP sans même avoir été présentées par un responsable du parti, figure une phrase qui laisse perplexe : "Cambiaremos el modelo de la actual regulación sobre el aborto para reforzar la protección del derecho a la vida". Comprenez : "Nous changerons le mode actuel de réglementation sur l'avortement pour renforcer la protection et le droit à la vie". Comprenez encore : "Nous reviendrons 25 ans en arrière".

Bref, à cause d'une alternance forcée, l'Espagne, qui donnait depuis quelques années des leçons de modernité à l'Europe (Mariage homo, réforme des structures familiales, IVG...), risque bien de faire un petit retour vers le passé. Bon et bien puisque c'est à la mode : 

¡ Indignaos !

Les lycéens, le tiers-monde du syndicalisme !

 
Le syndicalisme lycéen n'est pas tout récent maintenant. Selon les historiens et les enjeux partisans, on lui donne généralement autour de vingt ans. Avec un turnover de trois ans, cela fait un certain nombre de générations de lycéens qui auraient pu y passer. Pourtant le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est aujourd'hui encore très sous-développé.

Il y a bien sûr des facteurs endogènes à ce sous-développement, notamment une forte déstructuration contingente à la faible durée de vie du statut lycéen et à l'inexpérience militante. Oserais-je ajouter une tendance naturelle de notre génération au refus de l'organisation collective et a fortiori politique ? Mais tant d'autres facteurs ne dépendent pas des lycéens ! Il existe en effet plusieurs attitudes des autres acteurs de la vie politico-éducative qui toutes nuisent fortement à l'émergence du mouvement lycéen.

La première relève de l'incompréhension pure et simple. C'est le colonialisme assumé et revendiqué à coup de discours moralisateurs sur le respect de l'autorité et des textes sacrés. Cette réaction n'envisage même pas l'hypothèse qu'un lycéen puisse réfléchir par lui-même et fera tout pour détruire ou contrôler à son avantage tous les embryons de participation lycéenne (CA, démocratie lycéenne, syndicalisme...). La seule logique qui vaille est celle du pillage et de la domination.

La deuxième est plus subtile. C'est le colonialisme soit-disant éducateur. Partant du postulat que le pauvre lycéen sous-développé par nature a besoin des lumières de ses prédécesseurs, en particulier les plus jeunes, les étudiants, il ne pourrait exister de syndicalisme lycéen sans tutelle d'un syndicalisme étudiant ou d'association politique. On ne peut pas nier les apports de cette tutelle : elle a permis au syndicalisme lycéen de végéter au gré des ambitions et des conflits de tel ou tel courant politique. Mais c'est aussi elle qui a créé le syndicalisme lycéen nauséabond que nous connaissons aujourd'hui, celui dans lequel une infime minorité de lycéens peut se retrouver tant il est pourri jusqu'à la moelle.

Alors quelle solution ? On a pu être tenté – et par « on », entendez aussi « je » – par une forme d'indépendance extrême avec un rejet en bloc de l'ancien colon. Mais c'était évidemment faire le jeu des partisans de la première option en jetant notre embryon de syndicalisme dans le mur. Aujourd'hui, ce que nous devons faire – ce que nous faisons – c'est une politique de co-développement. Les premiers succès en la matière doivent nous pousser à continuer. Que les lycéens prennent leur indépendance, que les non-lycéens rentrent dans cette logique, tout le monde y gagnera.

Primaires citoyennes, le meilleur scénario possible !

Un illustre penseur des sciences-politiques post-modernes disait "il faut adopter la positive attitude", c'est un peu ce que je vais faire dans ce billet car quelques jours après la fin de la primaire, une chose est sûre : on voit difficilement comme ça aurait pu mieux se passer !

On craignait un combat de coqs entre des égos surdimensionnés ? On nous a servi des débats de qualité entre des candidats qui portaient des projets politiques clairement identifiés. Pendant deux mois, le projet du Parti Socialiste a été creusé, passé au peigne fin par six candidats pour en explorer absolument toutes les facettes.

On craignait une nouvelle étape dans la personnalisation du pouvoir ? On a vu des militants, des équipes derrière les candidats qui ont déjà fusionnées pour porter au pouvoir celui qu'ils ont choisis. Et surtout, que d'idées ! La primaire aura été un bel exemple d'équilibre entre démocratie participative et représentative !

On craignait des divisions au sein du Parti Socialiste ? On a vu cinq candidats unis dès l'entre-deux-tours rejoins le soir de la victoire par la dernière. La primaire a même permis d'unir le Parti Socialiste et le Parti Radical de Gauche. Et mieux encore, c'est l'UMP qui se déchire, désormais en pleine débâcle pour contrer l'élan du candidat socialiste. On en viendrait même à se demander si Jean-François Copé, en embuscade pour 2017, ne joue pas contre son camps.

Bref, la gauche a gagné sa primaire !

En cadeau la bande originale des meetings de François Hollande : 

Le début :

La fin :

Dites, c'est quoi une gauche dure ?

L'attaque est bien trouvée, Martine Aubry depuis quelques semaines répète à qui l'écoute encore qu'elle ne veut pas d'une "gauche molle". Et maintenant que son seul adversaire camarade en lice pour l'investiture socialiste est François Hollande, elle ne peut plus faire semblant que cela ne s'adresse pas à lui.

Mais quelqu'un s'est-il déjà demandé ce que pouvait être une gauche dure ? J'aurais tendance à dire que nos amis vénézuéliens doivent avoir une partie de la réponse mais Martine n'en est pas là quand même, quoique certains le défendraient. Martine Aubry veut-elle signifier qu'elle serait plus radicale ? Outre sa préface de Tony Blair, sa reprise du Care Society, ses alliances avec le Modem - que je ne critiquerai pas puisque ce sont ces trois principales qualités -, la première secrétaire prétend être bien plus extrémiste que François Hollande. Sur le nucléaire ? Elle est pour une sortie, sans fixer de date. Quand on lui demande, elle en arrive aux échéances fixées par François Hollande. Sur la retraite à 60 ans ? Même position que son adversaire : 60 ans, 41,5 annuités, des aménagements en fonction des carrières de chacun.

Mais je pense que Martine Aubry a effectivement vu quelque chose qui la différencie de François Hollande en parlant de "gauche molle" et je m'en suis rendu compte lors d'une réunion avec des représentants syndicaux venus, à titre individuel, discuter avec lui. J'ai vu cette capacité d'écoute, cette conscience des enjeux complexes du monde du travail et du monde étudiant et de l'articulation entre les deux. Et j'ai vu, en action, ce que je préfère appeler la gauche souple. Cette gauche qui n'impose pas toutes ses décisions par le haut, qui discute, qui débat sans dogmatisme, qui cherche des solutions sans rien cèder de ses exigences, une gauche qui pourra réellement changer les choses !

Alors oui je préfère une gauche souple à une gauche rigide, je préfère 
François Hollande !

Ha si j'étais Montebourgeois !


Pendant une semaine, on le sait bien, les électeurs d'Arnaud Montebourg, qui a créé la surprise hier, vont être courtisés. J'en suis ravis si cela peut pousser François Hollande à plus de fermeté.

Tout d'abord, sans remettre en cause les idées du candidat, je doute du caractère si idéologique de ce vote. Arnaud Montebourg a, avant tout, cela de séduisant qu'il a un projet clair et cohérent qu'il incarne et défend jusqu'au bout, qu'il offre une vision, un cap. Finalement, c'est aussi ce qui explique le succès, dans une moindre mesure, de Manuel Valls. Si c'est cela qu'on privilégie, François Hollande est encore le mieux placé.

Et même sur le fond, je ne crois pas à la proximité évidente avec Martine Aubry et surtout avec ceux qui au PS jouent à je-suis-plus-de-gauche-que-toi. D'abord, je le dis souvent, Martine n'a pas hérité que des gènes de Jacques Delors et même si elle s'en défend dans sa stratégie de campagne, elle est sur une ligne politique très classiquement social-démocrate et c'est d'ailleurs pour cela que je suis souvent d'accord avec elle. Mais le sujet n'est pas les pirouettes d'Aubry.

En effet, à la lecture du livre d'Arnaud Montebourg - des idées et des rêves -, on voit une ligne très autogestionnaire, coopérative, participative. On est bien loin des idées dirigistes défendues par Hamon et cie. Et surtout à des années lumières de Lepen ! Il ne viendrait pas à l'esprit d'un Arnaud Montebourg de se dire héritier de la pensée marxiste, ce qui est plus que fréquent chez des militants d'Hamon.

Bref - puisque c'est à la mode -, cela rejoint finalement ce que je pense du clivage gauche libertaire/libérale contre gauche dirigiste et étatiste. Et le deuxième tour des primaires est bel et bien autour de ce débat. A vous de bien choisir !

Religion et sport, planchez futurs pipoteurs !

Le concours commun des IEP, comme chaque année, a choisi son thème de culture générale : la religion et le sport ! Un sujet à haut risque, j'attends avec impatience le sujet croisé. J'ai une petite suggestion : le rapport au corps dans le sport et dans la religion. Ou encore un questionnement sur le fanatisme dans les deux domaines.

Dans tous les cas, si vous passez le concours, bonne chance !

Victoire "historique" de la gauche au sénat... Au quoi ?

Ce soir, en me connectant à Twitter, j'ai fait une horrible découverte. Saviez-vous que ce magnifique parc qu'est le jardin du Luxembourg ne sert pas qu'à faire son jogging ? Il paraîtrait, en effet, que plus de trois cents sénateurs - du latin senex, vieux - y discutaillent parfois.

Mais la nouvelle est autrement plus importante que l'inutilité flagrante de cette chambre. La voilà désormais, selon toute vraisemblance, acquise à la gauche. Dans une démocratie, l'alternance d'une chambre peut sembler être un événement normal mais pas en France puisque depuis sa création notre Sénat a toujours été de droite. Il aura fallu, en outre, une décennie de victoires successives de la gauche aux élections locales pour faire vaciller la citadelle conservatrice. Rappelons donc, avant les réjouissances, que cette assemblée a besoin d'une grosse réforme de fond.

Mais ne soyons pas trop négatifs après cette victoire sur un bastion constitutionnellement conservateur. Il s'agit là, d'une part: de la conséquence de 10 années de victoires de la gauche aux élections municipales, cantonales, régionales... Mais aussi de la débâcle d'une majorité présidentielle en perdition au niveau électoral et idéologique. Hervé Morin, ancien ministre de Sarkozy, aura été l'un des premiers à monter au créneau pour annoncer une "défaite du parti du président". La majorité se disloque quand l'opposition devient toujours plus crédible, et le sera encore plus le 16 octobre.

C'est enfin, un avant-gout des responsabilités qui attendent la gauche si elle venait à gagner les présidentielles mais surtout les législatives de 2012. Elle serait alors en position hégémonique sur l'ensemble des pouvoirs politiques à la fois à l'échelle nationale mais aussi grâce au contrôle de quasiment toutes les régions, la plupart des grandes villes et une majorité de départements. Ce serait une situation qu'elle n'a jamais connu puisque, rappelons le pour finir, le sénat n'a jamais été de gauche !