C'est le 1er mai dernier qu'est sortie une nouvelle version du
logiciel musical Rosegarden, la
1.7.0, une bonne occasion de continuer la présentation de la
Musique Assistée par Ordinateur sous les systèmes
GNU/
Linux.
Rosegarden, terrain fertile
Rosegarden est un
logiciel de composition musicale libre pour GNU/Linux, créé par Chris Cannam en 1993. Il a pour principale fonction d'être un
séquenceur multipistes.
Rosegarden : l'éditeur de pistes et
le séquenceur
Les séquenceurs sont visuellement reconnaissables, car ils se présentent sous la forme d'une grille (appelée «
piano roll » ou « éditeur matriciel »), représentant une série d'instructions
MIDI : les notes jouées, à quel moment elles sont jouées, leur longueur, le tempo du morceau, etc. À l'aide de la souris, l'utilisateur pose des petits rectangles dans les cases, de longueurs diverses. Il peut se repérer grâce à une représentation de clavier placée à gauche de la grille. Chaque piste représente un instrument ayant sa propre suite de séquences. Le tout peut former un véritable petit orchestre ! Grâce à
JACK, chaque piste peut être reliée à un synthétiseur. (je développerai le concept ci-dessous) Par ailleurs, une grille spéciale est prévue pour les percussions.
L'éditeur de partition
Le logiciel contient aussi
un éditeur de partition, utilisable à la place du séquenceur. Il s'agit d'une portée sur laquelle on peut déposer des notes de musique à valeurs différentes, allant de la ronde à la quadruple-croche, en passant par les valeurs pointées et les silences. Les altérations se font en ajoutant des dièses, bémols ou bécarres sur les notes. On peut choisir la clé et la tonalité, donnant ainsi la portée qui convient. Le tout finit par former une partition, qu'il ne reste plus qu'à imprimer !
Une fois le morceau terminé, on peut l'
exporter sous la forme d'un fichier MIDI ou, plus récemment,
d'un script Lilypond, ce dernier permettant de créer des partitions de musique très précises grâce à son langage spécifique. Rosegarden permet par ailleurs d'
importer un fichier MIDI et de l'éditer.
Bien que pouvant tourner sans, Rosegarden offre toutes ses possibilités une fois connecté au serveur son JACK.
Le MIDI et JACK
Pour parler de logiciels séquenceurs, il est nécessaire d'expliquer ce qu'est le
MIDI.
Pour résumer ce qui a été présenté dans
la news sur Ardour 2.2, la
MAO sous GNU/Linux se base sur le serveur son JACK, qui permet de relier entre eux, en entrée et en sortie, les sons de divers logiciels ou pistes. Mais cette présentation faisait abstraction du MIDI.
Le MIDI est un protocole de communication entre les instruments, permettant la transmission de données musicales. En MAO, ce système permet de piloter des synthétiseurs virtuels à l'aide d'un
clavier maître ou d'un logiciel séquenceur. Avec le premier, une pression sur la touche DO entraînera la réponse du synthétiseur, qui sera la note DO. Un séquenceur lui enverra automatiquement plusieurs notes, qui seront jouées selon un ordre et un rythme prédéfinis. Les fichiers MIDI (.mid) permettent de sauvegarder les phrases d'une ou de plusieurs pistes. Ils ne contiennent donc que des instructions de hauteurs de sons et de rythme que les synthétiseurs iront reproduire scrupuleusement via des lecteurs appropriés.
QSynth et ZynaddSubFX,
des synthétiseurs virtuels
La légende urbaine des « sons MIDI » est alors évidemment fausse. Cette appellation souvent péjorative fait référence aux
chiptunes, musiques basées sur la synthèse sonore rendue par des puces ou des cartes son. Le « son MIDI » caractérise vos vieux jeux
GAME BOY,
NES, etc. Mais les synthétiseurs sont de natures diverses.
Certains ont peut-être remarqué que le résultat sonore pouvait différer d'une machine à l'autre lors de la lecture d'un fichier .mid. Dans ce cas, le synthétiseur employé est directement la carte son. Mais il peut aussi s'agir de synthétiseurs virtuels utilisant des Soundfonts, qui contiennent des reproductions d'instruments de musique plus ou moins réalistes (par exemple le logiciel
Qsynth), ou de véritables générateurs de sons (comme
ZynAddSubFX).
JACK ne propose pas que l'échange de flux sonores, mais prend aussi en charge l'envoi d'instructions MIDI entre les logiciels. Par exemple, je dispose d'un clavier maître. J'ai la possibilité de le connecter directement à un synthétiseur pour le piloter et jouer avec. Je peux aussi le connecter à un séquenceur, pour qu'il enregistre ce que je joue. Chaque piste reliée à un synthétiseur pourra alors restituer ce que j'ai joué. Une fois la séquence terminée, je pourrai l'exporter vers un fichier MIDI. Je pourrai aussi lier les synthétiseurs à un éditeur audio comme
Ardour, pour pouvoir créer des fichiers son avec leurs sonorités exactes. Cela me permettra d'égaliser le tout et d'y ajouter des effets de manière plus précise qu'avec Rosegarden.
Rosegarden ne crée donc pas ses sons, mais dit à des synthétiseurs ce qu'ils doivent jouer, et quand, en se basant sur le protocole MIDI.
Nouveautés de Rosegarden 1.7.0
Un morceau sous Rosegarden
1.7.0
- L'équipe de développement a décidé de se focaliser sur l'éditeur de partition, de sorte à offrir le meilleur confort d'édition et la meilleure qualité possibles. L'exportation au format Lilypond, balbutiante sur la version 1.6.0, a été améliorée ;
- Sur l'éditeur principal, les pistes sont désormais séparées par un double trait horizontal, et les séquences ne se superposent plus, offrant un meilleur confort visuel et une plus grande précision lors de l'ajout ou du déplacement d'une piste ;
- De nombreuses corrections de bugs.
Installer cette nouvelle version
L'équipe ne distribue que le code source du logiciel. Vous pouvez attendre que les dépôts de votre distribution l'intègrent. Sinon, vous pouvez le compiler vous-même :
Tout d'abord, désinstallez la version précédente de Rosegarden (dont rosegarden-data). Vous aurez besoin des librairies de développement de KDE 3. Téléchargez
l'archive contenant les sources et décompressez-la.
Pour Ubuntu, dans un terminal, allez dans le dossier décompressé et tapez les commandes suivantes :
Code : Console
Si vous désirez créer un paquet .deb pour pouvoir le désinstaller facilement, installez l'outil checkinstall et tapez :
Code : Console
Sinon, faites :
Code : Console
Rosegarden devrait maintenant figurer dans votre menu d'applications.
Conclusion :
Rosegarden est un logiciel séquenceur permettant de composer sous GNU/Linux. Il intègre un éditeur matriciel et un éditeur de partition. Grâce au protocole MIDI et au serveur son JACK, il permet de faire jouer ses compositions à des synthétiseurs virtuels. Les partitions peuvent être imprimées, exportées en fichier MIDI ou scriptées au format Lilypond. Les principales améliorations apportées à cette version 1.7.0 sont principalement d'ordre ergonomique et concernent surtout l'éditeur de partition.
Peu à peu, Rosegarden se fait un petit nom dans le monde des séquenceurs, et constitue une valeur sûre pour la MAO sous GNU/Linux, aux côtés d'Ardour.
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