Après l'apparition des blogs qui a permis une plus grande participation des internautes à la construction du net, on assiste aujourd'hui à l'apparition du microblogging, un concept à mi-chemin entre les blogs et la messagerie instantanée.
Jusqu'à récemment, l'univers du microblogging était, comme celui de la messagerie instantanée d'ailleurs, dominé par plusieurs grands acteurs comme
Twitter ou
Jaiku qui forment des systèmes fermés. Mais l'arrivée de
Laconica dont la version 0.4.1 est sortie le 2 juillet pourrait changer la donne. Distribuée sous licence libre, cette plateforme de microblogging est donc librement installable par n'importe qui. De plus, il est basé sur des spécifications libres,
OpenMicroBlogging. N'importe qui peut donc créer une nouvelle implémentation du protocole qui sera interopérable avec les autres implémentations (dont Laconica).
Le microblogging
Twitter, un des plus gros
sites de microbloggingLe principe majeur du microblogging c'est de conserver à la fois la capacité d'archivage et la facilité d'accès des blogs traditionnels et le format court des messages instantanés. Sur la plupart des sites de microblogging les messages sont limités à environ 140 caractères et aucun titre n'est autorisé. Autant dire qu'on ne va pas y écrire un roman, le but original est plutôt de maintenir ses connaissances au courant de ce que l'on est en train de faire à chaque instant. D'ailleurs, sur Twitter, on ne poste pas de billets, on « met à jour son statut ».
Il faut aussi voir que, à la différence des blogs qui proposent peu d'options communautaires (on pourra citer les backtracks et autres liens amis mais ça ne va guère plus loin), ces nouveaux sites offrent une multitude de fonctionnalités dites sociales : possibilité de suivre les billets de ses amis ou d'y répondre et de finalement en faire naître une discussion (qui, toujours dans l'optique d'un système beaucoup plus éphémère que les blogs, ne dure généralement pas plus de quelques heures).
Il est possible de publier des messages d'un nombre impressionnant de façons. On peut tout simplement les publier depuis le site via des formulaires (généralement enrichis par l'utilisation de la technologie AJAX), par messagerie instantanée via un bot (surtout via Jabber), e-mail, par un logiciel préalablement installé sur son propre ordinateur ou encore par des applications intégrées dans d'autres sites comme Facebook ou encore Netvibes. Pour rappel, Jabber est un protocole de messagerie instantanée tout comme le protocole MSN Messenger à la différence que Jabber est un protocole ouvert, il existe donc une multitude de clients permettant de discuter avec ses contacts, et décentralisé, il existe de nombreux serveurs Jabber et vous pouvez, bien sûr, discuter avec des contacts inscrits sur un autre serveur. Ainsi, si un serveur tombe, tout le réseau ne tombe pas. Cet exemple de protocole ouvert et décentralisé ayant fait ses preuves nous permettra par la suite de mieux appréhender les qualités de Laconica.
Ce nouvel outil de communication est un des fers de lance du mouvement dit Web 2.0. Il est largement apprécié par certains bloggeurs qui saluent son dynamisme mais il connaît également ses détracteurs. Selon eux, le microblogging est un véritable
productivity killer consommant une quantité incroyable de temps pour une utilité finale contestable. Un dessinateur, François Conte a fait remarquer que si l'on écrit réellement ce que l'on est en train de faire sur Twitter, alors on devrait y écrire que l'on est sur Twitter, une boucle sans fin destinée à montrer l'inutilité de ce microblogging.
Laconica, un système de microblogging libre
identi.ca, premier site
à utiliser LaconicaCommençons par les détails techniques, Laconica est codé en PHP et utilise le SGBDR (Système de Gestion de Base de Données Relationnelle) MySQL. Il est la première implémentation d'OpenMicroBlogging, une spécification visant à unifier les sites de microblogging par la présence de fonctionnalités d'interopérabilité communes. Le premier site à l'avoir installé est
identi.ca.
Ses fonctionnalités sont pour l'instant réduites puisqu'il est toujours en phase de développement mais il est d'ores et déjà utilisable. Laconica fournit un bot Jabber/XMPP permettant de poster des messages sur le site et un flux RSS par compte. Il supporte ainsi l'authentification via le protocole OpenID (qui permet une authentification et un partage de données personnelles entre plusieurs sites Web, plus d'informations
ici). Cette décision de supporter OpenID apparaît comme une évidence puisque OpenMicroBlogging et OpenID semblent avoir la même philosophie : fonctionnement décentralisé, implémentation libre, etc.
En effet, le code de Laconica est sous licence GNU AGPL (Affero General Public Licence), une variante de la GNU GPL (General Public Licence) spécialement adaptée aux sites Web (le site grenouille.com qui fournit des informations sur la qualité des réseaux des
FAI l'utilise depuis sa sortie). Elle reprend, en gros, les caractéristiques de la GNU GPL, liberté d'utilisations, liberté d'étudier le code, liberté de modifier le code et de le redistribuer modifié sous la même licence que l'original. Le texte complet de cette licence est disponible sur
le site de la Free Software Foundation. Notons aussi que Laconica encourage l'utilisation de la licence libre Creative Commons Attribution 3.0 pour les contenus utilisateurs.
Il est clair que ni la base d'utilisateurs ni les fonctionnalités de Laconica ne sont pour l'instant à la hauteur des poids lourds du microblogging bien que le support des SMS, la récupération de messages et le cross-posting pour Twitter, Pownce ou encore Jaiku, l'intégration à Facebook, la réduction d'URL, l'insertion d'images et de vidéos ou encore une interface multilingue soient d'ores et déjà prévus. Il se pourrait toutefois que des entreprises ou des petites communautés soient attirées par la possibilité de l'installer en local en restant fermé au monde extérieur ou encore que le système décentralisé (tout comme l'est le système d'acheminement des e-mails et Jabber/XMPP) se révèle une solution efficace aux problèmes de fiabilité que rencontre par exemple Twitter.
Pour plus d'information, vous pouvez suivre les divers liens ci-dessous :