
Aux origines de l'informatique était la mécanographie. Tout Zéro qui se respecte a un jour ou l'autre fait un tour du côté de l'histoire de l'ordinateur. Et que ce soit sur internet ou dans des musées (comme par exemple le musée de l'informatique à La Défense), il est classique de présenter les machines à cartes perforées comme les ancêtres des bêtes de course que sont les PC d'aujourd'hui. Ainsi les données étaient saisies et mises en mémoire sous forme de cartes perforées, support fort peu compréhensible à l'être lambda. De par la différence fondamentale de fonctionnement entre le cerveau humain et les engins automatisés d'hier et d'aujourd'hui, le langage de stockage des informations numérisées n'est pas compatible avec notre logique innée, que ce soient les anciennes cartes ou le code binaire qui les a remplacées. Comme l'intérêt des calculateurs n'a vraisemblablement jamais été de compliquer la tâche de l'homme, les systèmes d'affichage et d'impression se sont développés en parallèle.
Si aujourd'hui l'information est de plus en plus délivrée et échangée sous forme de pixels, grâce à la démocratisation des écrans et de tout ce qui va avec, il est monnaie courante de mettre sur papier ce que notre écran peut nous délivrer : photos, documents, cours, CV, etc. En effet, il peut être plus agréable ou plus pratique de posséder l'information « en dur ». Personnellement, je trouve plus plaisant d''imprimer mes photos pour les regarder ou les montrer à mon entourage que d'avoir à me trimballer 2kg de composants High-Tech, tout comme je préfère réviser sur papier que sur écran. Seulement, avec l'intensification des échanges numériques, les compagnies fabricantes d'imprimantes sont aux anges et ne tirent parfois pas leurs principales marges des produits attendus.
Les contraintes imposées par les constructeurs
En effet, l'on pourrait croire que l'imprimante elle-même est la principale source de revenus de ces entreprises, mais détrompons-nous ! Les êtres pernicieux et machiavéliques qui contrôlent cette industrie ont bien veillé à tout mettre en place pour extraire jusqu'au dernier penny de nos poches de prolétaires ! Et pour cause, l'argent dépensé à l'achat d'une imprimante n'est rien comparé à celui qui le sera pour les recharges en encre !
Il faut aujourd'hui compter dans les 15 € pour une cartouche d'une vingtaine de millilitres, et même si les prix sont extrêmement variables, les bénéfices faits dans ce secteur sont tout bonnement impressionnants. Selon le site
60 millions de consommateurs « Les fabricants cassent le prix des imprimantes pour mieux se rattraper sur celui des cartouches, vendues à prix élevé à des clients captifs. Et ils ne reculent devant rien pour gêner le développement d'encres alternatives, plus abordables. »
Et effectivement, tout est fait pour contraindre le client à consommer la marque qu'il a choisie, et ce jusqu'à ce qu'il change d'imprimante : cartouches d'encre
non standard, papier photo « optimisé pour la marque », cassages de garanties etc. L'enfermement du consommateur se fait donc au détriment de son porte-monnaie,
mais aussi de l'environnement.
Parce qu'une cartouche est un contenant à durée de vie limitée, elle finit à la déchetterie si elle n'est pas recyclée, et c'est l'un de nos déchets les plus polluants. Effectivement, en plus de son emballage et du
plastique qui la compose, l'
encre restante est toxique, et la
puce électronique destinée à évaluer le niveau d'encre (mais qui ne fait en réalité que compter le nombre d'impressions) sont des déchets
polluants et bien
superflus quand on sait que d'autres solutions sont proposées.
« La France consomme 12 millions de cartouches par an dont 9 sur 10 partent à la poubelle et ce malgré les directives européennes qui classent ces produits en déchets toxiques de classe 1. »
Des horizons nouveaux
Si certaines entreprises se sont spécialisées dans le recyclage ou le remplissage de vos cartouches d'encre (
ex.), d'autres proposent des solutions bien plus innovantes. C'est le cas d'
Inkfinit, une boîte française qui a tout lieu d'attirer notre attention (« ink » signifie « encre » dans la langue de Shakespeare).
Leur système, le
REE, relie les têtes d'impression de votre imprimante à des citernes miniatures de gigantesque contenance si l'on compare à la capacité des cartouches que l'on trouve sur le marché. L'intérêt est donc double : à l'achat, on ne paye plus la cartouche, mais uniquement l'encre et de ce fait, on ne génère plus de déchets. Le concept n'est pas nouveau, il me semble en avoir déjà aperçu sur Ebay, mais l'entreprise pallie le défaut principal de cette méthode : la dépendance en encre. Car si l'on imprime beaucoup plus longtemps avec des réservoirs de cette taille, le jour où l'encre vient à manquer, ce n'est pas encore à la FNAC que l'on peut se fournir, vu les différences entre les encres de chaque marque, les spécificités et tout le tintouin.
Techniquement parlant...
Là c'est le moment où je vous livre mon expérience, parce que c'est pas tout d'avoir des belles idées, il faut encore qu'elles soient fiables dans la pratique. J'ai pu me procurer le produit sur place et voir les locaux. Je crois que c'est là que je me suis le plus clairement fait une idée sur le fonctionnement des REE. D'un côté les réservoirs, à 4, 5 ou 6 citernes selon les imprimantes et à différentes capacités. Pas loin de là, des rangées de bouteilles d'encre spécifiques aux différentes marques. À côté de la table de montage se trouvent des rouleaux de tubes ainsi que des centaines de cartouches et leurs puces électroniques associées. Les puces sont programmées pour délivrer continuellement un message de cartouche pleine, c'est donc à l'utilisateur de contrôler ses niveaux d'encre.
En fonction de l'imprimante du client, et si celle-ci est compatible (elle doit être à jet d'encre, et tous les modèles ne sont a priori pas pris en charge), le technicien assemble le puzzle : cartouches + puces spécifiques à l'imprimante + une petite longueur de tube qui sortira de l'imprimante et ira se brancher sur les réservoirs à l'extérieur de celle-ci.
Aux dires du constructeur, le moment délicat est à l'installation, mais je n'ai jamais bien compris pourquoi. Personnellement, tout s'est passé comme sur des roulettes. Étudiant, j'imprime énormément, notamment des cours avec des schémas en couleur, mais aussi pas mal de photos, et j'ai depuis longtemps rentabilisé le système (le coup dur est à l'achat, compter 70€
HT minimum), l'économie avoisine les 90%. Du coup maintenant, si je me bride pour imprimer, c'est surtout pour économiser le papier !
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