Il y a peu est sortie la version 8 du navigateur développé par Microsoft : Internet Explorer. Pour rappel, un navigateur web est
grosso modo composé d'un programme lui permettant de communiquer avec le serveur (le client HTTP) et d'un moteur de rendu qui va mettre en forme la page.
Cette nouvelle version apporte quelques améliorations intéressantes, qui vont permettre à IE de rattraper son retard face à ses concurrents.
Tour d'horizon sur les nouveautés
La mise à jour du navigateur a été présentée jeudi lors du MIX 2009, réunion des développeurs et web designers spécialisés dans les produits Microsoft.
Bernard Ourghanlian, le Directeur Technique et Sécurité de Microsoft France, a certifié le navigateur comme étant « plus rapide, plus simple et plus sûr » que la version précédente.
Priorité à la sécurité
Il y a un certain temps que l'on se plaint des failles d'Internet Explorer. Bon nombre de sites s'en servent pour installer des programmes malicieux à l'insu des utilisateurs, ou tout simplement pour déclencher un comportement du navigateur non souhaité pouvant se terminer par un plantage complet du système...
Pour parer ce défaut, Microsoft a décidé de mettre la priorité sur la sécurité. Vous remarquerez que les solutions trouvées sont généralement présentes dans les autres navigateurs.
L'une d'elle se nomme SmartScreen. Elle analyse les sites et vérifie s'ils sont présents dans une liste noire (communément appelée
black-list) et le cas échéant, alerte l'internaute. La plupart sont des sites de
phishing, procédé visant à reproduire une page de connexion afin de soutirer des informations personnelles (en général, le numéro de carte bancaire) à l'utilisateur.
À l'instar de Google Chrome, le navigateur intègre maintenant une option pour naviguer « masqué ». Façon de parler, puisque son seul effet sera de ne garder aucune trace de la navigation sur l'ordinateur de l'utilisateur. Plus que pour visiter des adresses peu recommandables, cette option trouve son utilité lorsque l'on est par exemple chez un ami et que l'on n'a pas envie que ce dernier sache qu'on regarde des sites de geeks.
Une navigation enrichie et plus rapide
À force d'intégrer de nouvelles fonctionnalités dans le navigateur, son organisation est devenue un critère primordial.
Un sujet qui revient souvent est l'agencement des onglets. Il est ici revu, afin d'être plus intuitif à l'utilisateur. Ils s'organisent touts seuls en prenant une couleur par thématique, pour les identifier plus aisément.
Autre nouveauté : les Webslices (« tranches du Web »). C'est le nom trouvé pour désigner les petites fenêtres affichant les dernières nouveautés d'un site dans le panneau des favoris, à la manière des flux RSS. La mise à jour se fait en temps réel et l'utilisateur peut par exemple voir en un seul clic les dernières news du Site du Zéro tout en effectuant une recherche dans un moteur de recherche.
Suivant le même modèle, des modules nommés « accélérateurs » permettent d'afficher certains services et contenus additionnels sans avoir à changer de page. Après tout, c'est toujours un onglet de moins.
Suivant le mouvement de mode, le navigateur inclura dorénavant une barre d'adresse intelligente. Elle est très utile quand nous ne savons plus précisément l'adresse d'un site mais qu'un mot-clé du titre nous revient.
Enfin, on trouvera une autre fonctionnalité pour le moins intéressante : la possibilité d'effectuer une action sur un texte. Par exemple, vous pouvez sélectionner une adresse et effectuer une recherche par un simple clic-droit ou l'afficher sur une carte Google Map.
Une vitesse en progression
Une des autres lacunes d'Internet Explorer est sa légendaire lenteur. Bien que la version précédente ait considérablement rattrapé son retard par rapport à IE 6, les utilisateurs sont de plus en plus exigeants et si leur navigateur favori ne répond pas en un clignement d'oeil, rien ne va plus.
On distinguera plusieurs vitesses à mesurer, notamment le temps que le navigateur met à se lancer et afficher une page remplie de Javascript.
Les tests effectués démontrent des progrès importants (Microsoft annonce un chargement 50 % plus rapide), toutefois, bien que plus rapide que la version précédente, les utilisateurs du Webkit (moteur de rendu de pages web) ont une petite avance. C'est d'ailleurs pour cela que la firme compte abandonner Trident (le moteur de rendu qu'utilise Internet Explorer) afin d'opter pour Webkit, qui respecte mieux les standards en demeurant rapide.
Pour preuve,
un test de performance réalisé par Peacemaker place Safari 4 en tête, loin devant IE 8 (7è sur 9). Ce benchmark mesure la réactivité des navigateurs sur des sites utilisant du Javascript (une grande majorité actuellement), il est donc plutôt objectif.
IE 8 détrônera-t-il finalement les autres navigateurs en lice ?
Comme vous l'avez remarqué, le passé laborieux d'Internet Explorer (avec la version 6 qui dura plusieurs années sans mise à jour) est en train de s'effacer, et peut-être verrons nous bientôt un navigateur tout aussi bon que Safari, Mozilla Firefox ou encore Opera, au bonheur des utilisateurs de Windows (car pour rappel, IE est installé par défaut sur les machines,
pour l'instant tout du moins). L'enjeu se joue maintenant autour des technologies nouvelles (notamment l'AJAX) et du respect des standards établis par la W3C. Une épreuve régulièrement passée par les navigateurs est le test Acid3, mis en place en 2008. Il s'agit en fait d'une série de vérifications effectuées auprès du moteur de rendu, pour contrôler leur capacité à supporter diverses fonctionnalités relevant de plusieurs standards du Web.
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