Véritable roi de la pop, Michael Joseph Jackson est né le 29 août 1958 à Gary, Indiana, USA, et mort le 25 juin 2009 à Los Angeles en Californie d'un arrêt cardiaque. À cet instant là, les internautes du monde entier apprennent la nouvelle, relayée par le site
TMZ.
La Toile entière frémit...
Pratiquement simultanément, des millions de personnes ont tapé « Michael Jackson » sur divers moteurs de recherche, ce qui a induit en erreur les serveurs de Google, croyant repérer la caractéristique d'une attaque massive par des spammeurs. Ils ont alors automatiquement renvoyé une page d'erreur aux utilisateurs. Wikipedia a aussi subi le raz-de-marée, les internautes étaient tellement nombreux à vouloir éditer l'article sur Jackson que les mises à jour de l'article ont été impossibles pendant de nombreuses minutes.
Chez le jeune Twitter, plus de 5000 messages à la minute ont été publiés au sujet du "Roi de la pop", dans son heure de pointe.
"Nous avons assisté au doublement instantané de Tweets par seconde à partir du moment où la nouvelle a été annoncée" explique au Los Angeles Times Biz Stone, le co-fondateur de Twitter. Résultat des courses : Serveurs surchargés, saturés, et donc indisponibles. Même séisme sur Facebook, où la mise à jour des statuts a été trois fois plus importante après l'annonce du décès, relève le L.A. Times.
Par ailleurs, en Amérique du Nord, l'audience des sites internet des principaux médias a monté de 50%.
Les recherches sur "Michael Jackson"
la nuit du 25 Juin (Google)
Continuant sur cette voie, en l'espace d'une heure seulement le Los Angeles Times, qui a diffusé la nouvelle après TMZ, a enregistré 2,3 millions de visiteurs. L'entreprise Keynote Systems, qui mesure les performances des sites Web, a déterminé que la fiabilité des principaux sites d'actualités a chuté de 100% à 86%.
De plus, le site ABCNews.com, lui, serait tombé à 11% durant deux heures, sans compter le fait que le temps moyen nécessaire au chargement de ses pages d'accueil a très vite grimpé de 4,2 à 8,9 secondes.
Pareil pour la messagerie instantanée d'AOL, victime de cette déferlante et indisponible pendant 40 minutes.
Comme toujours, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ainsi, selon Futura-Techno, des pirates chercheraient à profiter de l'occasion en expédiant des spams parlant du décès de la star à divers coins de la toile. L'entreprise Websense, qui vend des systèmes de protection du courrier électronique, vient de publier une mise en garde sur l'apparition de messages semblant offrir un lien vers une vidéo hébergée sur Youtube. Cependant ce dit lien envoie en fait vers un site malveillant. Les sites d'écoute de musiques ont eux aussi eu une grosse fréquentation ainsi chez MusicMe (site d'écoute gratuit et de téléchargement illimité payant), la fréquentation sur la discographie Jackson a bondit :
« Nous avons enregistré + 949 % par rapport à hier sur l'ensemble de la discographie ».
...comme secouée par un grand Séisme
Conséquence de cette suractivité : Internet a connu un sérieux ralentissement au cours de la nuit du 25. Quelle en est la cause ? Sans le vouloir, les millions d'utilisateurs, tombant dans le mécanisme dit d'hystérie de masse, se sont rués pour vérifier la nouvelle.
C'est là qu'on peut mettre le doigt sur un fait important : les infrastructures du web, sites et applications, censés pouvoir proposer un service à de nombreuses personnes, n'ont pas été en mesure d'absorber la montée en charge fulgurante et instantanée de requêtes qui leur étaient adressées.
En quelque sorte, les utilisateurs ont involontairement provoqué une attaque par déni de service distribué sur des serveurs incapables d'adapter leur disponibilité à cette « ruée sur le Roi de la pop ».
Ou au contraire, ils ont déclenché les mécanismes de défense (on pense ici aux messages d'erreur de Google) contre ces attaques alors qu'il n'y avait pas lieu de brandir les boucliers.
On remarque donc une très mauvaise adaptation du réseau internet actuel aux montées en charges soudaines, brutales et imprévues, que les failles viennent soit d'un manque de protection et de stabilité, soit d'un excès de zèle d'un algorithme défensif.
La question désormais posée est celle de l'évolution de cette capacité à absorber d'énormes charges par les serveurs de Google, Twitter, Facebook et de tous ceux qui ont été victime de ce raz-de-marée. Car après tout, il ne s'agissait
que de la mort d'un chanteur.
Pour peu qu'un évènement beaucoup plus grave ait lieu, provoquant un besoin compulsif pour une quantité beaucoup plus grande d'utilisateurs de se renseigner sur ce qui se passe : guerre entre deux grandes puissances, accident atomique majeur, catastrophe naturelle de grande ampleur, etc.
Une attaque pirate contre des victimes ciblées au moyen d'un botnet de très grande taille serait aussi dévastatrice.
Est-ce que le web serait capable de supporter une montée en charge aussi gigantesque ?
Que se passerait-il si c'était des serveurs plus importants qui tombaient sous le coup de l'hystérie de masse ? Serveurs de mails, serveurs de messagerie, la panique commence alors à régner, provoquant une paralysie du net car les gens veulent de plus en plus savoir ce qui se passe ?
Quid des serveurs de stockage centralisés ?
Si ce sont les plateformes de cloud computing telles que Google App Engine ou celle d'Amazon, hébergeant des centaines d'applications, qui tombent ?
Ou même des plateformes plus sélectives, mais hébergeant des applications plus critiques ?
Un de ces serveurs sature et n'est plus à même de fournir son service, ce sont des dizaines d'applications web qui deviennent indisponibles simultanément !
Scénario catastrophe, mais qui reste malgré tout plausible, quand on voit comment le web a été ébranlé par « Bambi » à lui seul.
Du parasismique pour l'Internet
La question de l'extensibilité, tout en restant posée, possède néanmoins quelques pistes de réponses.
Plus de serveurs donc plus d'utilisateurs et plus d'utilisateurs donc plus de serveurs !
Parti comme ça, l'idée semble bonne : on a un nombre de visites beaucoup plus important, donc on augmente le nombre de serveurs disponibles pour absorber la montée en charge brutale. Cependant, si l'idée est intéressante pour un évènement donné, les 99% du temps, on se retrouve avec des serveurs inutilisés. Tout ça n'est évidemment pas très économique / écologique / cool (rayer la mention inutile).
Distribuer pour mieux régner
Une news parlant du réseau Freenet en a parlé récemment, si chaque utilisateur peut devenir serveur et relayer une information, la charge n'est plus répartie sur quelques centaines de serveurs mais sur des millions de machines indépendantes, proposant une résistance aux pannes beaucoup plus importante. Cependant, la synchronisation de ces informations devient alors problématique, et ainsi si José, petit péruvien, dispose d'une information fraiche, Xin Juan, petit Chinois, distribue à ses clients une information dépassée, qui ne sera actualisée que lorsque celui-ci ou un de ses nœuds proches accèdera aux données de José, qui lui aura actualisé ses données entre temps, rendant à nouveau celles de Xin obsolètes.
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