La politique actuelle, que ce soit en France avec
Hadopi, ou dans d'autres pays, met tout en œuvre pour lutter efficacement contre toute forme de
Peer to Peer et de plates-formes de téléchargements illégaux sur le Web. En effet, depuis quelques temps, force est de constater que le warez subit le courroux de la justice, inquiète de la montée en puissance du téléchargement illégal. Dans cette optique, des sanctions ont été prises afin de respecter la loi, notamment vis-à-vis de la protection des œuvres des artistes, et la police s'est chargée de fermer d'importants sites que l'on pourrait définir comme des annuaires ou relais, autrement dit des trackers, de ces fichiers partagés illégalement.
La traque au warez a commencé
Pour ceux qui ignorent ce que pourrait signifier un « warez », il s'agit à vrai dire principalement d'actes visant à diffuser gratuitement (ou parfois contre une somme d'argent) et illégalement sur l'Internet des œuvres protégées par la propriété intellectuelle et ce, sans l'accord de l'auteur.
La plupart de ces fichiers sont des produits numériques vendus dans le commerce, tels que des films, des chansons, des jeux, etc. Le warez englobe le partage illégal par
Peer to Peer mais aussi en
HTTP ou
FTP, sur des hébergeurs de fichiers, notamment Rapidshare ou Megaupload dont les serveurs sont situés à l'étranger, dans des pays ne donnant pas une grande importance au contenu hébergé et où ceux-ci ont un coût faible.
Bien que la loi Hadopi ne soit pas encore mise en place, la loi française actuelle stipule que toute forme de piratage est soumise à une peine de 3 ans de prison et de 300 000 euros d'amende auprès des personnes concernées. Comme vous pourrez vous en douter, en pratique, cette peine n'est normalement pas applicable à un utilisateur "lambda" qui téléchargerait certains titres pour son propre compte. C'est pourquoi l'attention des forces de police s'est tournée vers la source même de ces téléchargements : le Warez, attaquant ainsi en plein cœur les réseaux de téléchargements illégaux afin de couper court à ces actions.
Une traque qui n'en finit pas
d'en amuser plus d'un, étant la proie de nombreuses caricatures sur la Toile.
SnowTigers tombe
Le 10 avril dernier, la
BEFTI a arrêté une dizaine de personnes et a embarqué une vingtaine de serveurs. Ces personnes étaient des administrateurs et des contributeurs majeurs de
SnowTigers, l’un des principaux portails de Peer to Peer privés du Web, ce dernier possédant des serveurs aux Pays-bas et au Canada. Ce portail de téléchargement comptait
plus de 250 000 membres. Les inscriptions y étant « semi-privées », une personne qui souhaitait pouvoir s'inscrire, participer et télécharger sur cette plate-forme devait connaître une autre personne au préalable qui était inscrite sur cette même plate-forme. Il fallait par la suite que cette dernière vous y invite pour pouvoir y accéder pleinement. Les serveurs du service privé contenaient plusieurs teraoctets de données en tout genre (films, jeux, etc). Selon certaines sources, la BEFTI aurait récupéré la base de données, elle possèderait donc toutes les informations nécessaires sur les membres et les uploaders pour les attaquer en justice.
Wawa Mania faiblit
Il y a environ deux semaines, schéma similaire : six personnes ont reçu la visite de la police française. Parmi ces six personnes, un administrateur et cinq des contributeurs les plus actifs de
Wawa Mania, un célèbre forum de warez, où les membres ayant le statut d' « uploaders » doivent mettre à disposition des fichiers en tout genre sur des hébergeurs tels que Megaupload ou Rapidshare pour ensuite donner les liens sur le forum afin de les télécharger.
A l'heure qu'il est, Wawa Mania est encore en ligne, mais pour combien de temps ? L’administrateur de ce forum,
Zac, s’est fait dernièrement perquisitionner ses ordinateurs et a été mis en garde à vue pendant 48h. Ce dernier, à la suite de cette perquisition, avait averti ses membres en les prévenant de la saisie de la
BDD, précisant que
« des arrestations allaient se faire. »
Depuis quelques jours, une première manifestation a été organisée le 18 juillet 2009 à 13 heures à Aix-en-Provence où une centaine de personnes seraient attendues. Plusieurs autres manifestations sont prévues : une à Paris où plus de 250 personnes manifesteraient et une à Lyon où il y aurait moins d'une centaine de personnes.
The Pirate Bay sauvé de la noyade ?
Dans une récente news, nous vous avions informé que les gérants de l’un des trackers les plus connus sur la toile,
The Pirate Bay, avaient été condamnés par la justice suédoise. Ceux-ci avaient en effet écopé chacun d'un an de prison ferme et d'une amende de 30 millions de couronnes suédoises (soit environ 2,7 millions d'euros), payables à l'industrie du disque, du cinéma et du jeu vidéo. Cette somme correspondait en réalité à un tiers de ce que cette dernière demandait au titre du manque à gagner entraîné par les téléchargements illégaux de leurs œuvres tandis que cette plate-forme fait aujourd'hui plus de 1,2 millions d'euros de bénéfice annuel.
Pourtant, le 30 juin dernier, The Pirate Bay a été racheté par
Global Gaming Factory X AB pour la modique somme de
5,5 millions d'euros. Cette entreprise est un éditeur de logiciels qui gère aussi un grand réseau de salles de jeux vidéo et de cybercafés dans le monde. Suite à ce rachat, les administrateurs de The Pirate Bay ont noté un grand nombre d'utilisateurs souhaitant voir leur compte supprimé. Le PDG de
GGF,
Wayne Rosso aspirerait en réalité à rendre The Pirate Bay complètement légal, notamment grâce à un successeur "libre", OpenBitTorrent, hébergé sur les mêmes serveurs que The Pirate Bay et utilisant une décentralisation des
.torrent étant impossible à contrôler puisque n'hébergeant ni contenu, ni torrent, ni logs de connexions.
Ce même PDG souhaiterait, selon
PC INpact, mettre en place un système d'abonnement mensuel en complément des espaces publicitaires déjà présents sur le site. Les membres paieraient donc pour utiliser la plate-forme et télécharger librement. Afin de trouver un compromis avec les utilisateurs,
Wayne Rosso nous affirme que plus il y aura d'abonnés, plus le tarif sera bas. Il précise même que plus un abonné met à disposition des fichiers à la communauté, moins le coût de son abonnement sera élevé ; de quoi satisfaire les uploaders hors-pair !
En parallèle, le Chef de la direction de GGF,
Hans Pandeya, déclare sur le site officiel du groupe :
« Nous aimerions présenter des modèles qui impliquent que les fournisseurs de contenu et les titulaires de droits d'auteur soient payés pour le contenu qui est téléchargé via le site ». Un concept qui rappelle étrangement la licence globale...
Conclusion
Le warez est en mauvaise posture alors que plusieurs autres plates-formes de téléchargement en
Peer to Peer et de forums de téléchargement ont fermé en voyant SnowTigers tomber. Par conséquent, de plus en plus de sites de warez deviennent privés ou voient leur nombre de membres et d'inscriptions limités par leurs administrateurs. Et tout cela sans parler de la localisation des serveurs, notamment aux Pays-Bas, en Suède voire dans des pays d'Asie, ou même de l'utilisation de plus en plus importante de
VPN permettant de chiffrer les connexions des utilisateurs, comme par exemple IPREDator créé par The Pirate Bay.
Néanmoins, un système alternatif se dégage, un concept qui pourrait être une autre solution pour contrer le téléchargement illégal en le rendant tout simplement légal : la licence globale. Plus précisément, elle vise à légaliser les échanges entre internautes de contenus audiovisuels sur l'Internet en l'échange d'une rétribution forfaitaire qui serait redistribuée aux ayant-droits, proportionnellement à la densité de téléchargement que leurs œuvres ont suscité.
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