Autodesk, la société leader pour ses solutions 3D, annonce l'arrivée de ses logiciels en version 2011 (
voir la page). Nous retiendrons ici la mise à jour d'un de ses logiciels phares : Maya. Un logiciel de modélisation et d'animation 3D très utilisé pour les films, la publicité, les jeux vidéo et l'architecture.
Alors que la version 2010 était assez pauvre en nouveautés (
voir la news), il aura fallu attendre seulement 9 mois avant de voir arriver son successeur, qui s'annonce être une mise à jour majeure.
Les nouveautés
Une nouvelle peau pour une nouvelle interface basée sur Qt
La principale nouveauté de cette version consiste en la refonte complète du code, maintenant basé sur
Qt. Cette bibliothèque rend l'interface beaucoup plus personnalisable par l'utilisateur : dorénavant, vous pourrez créer vos propres plug-ins bien plus facilement en utilisant l'API Qt et créer vos propres
Custom Dock (menus personnalisés). Elle offre également une réactivité accrue et est pleinement compatible Windows, Mac OS X et Linux, en 32 ou 64 bits (la version 64 bits pour Mac OS X est d'ailleurs
disponible).
On peut observer que le thème de cette version a changé, passant du blanc au gris foncé. On remarquera également que les interfaces actuelles tendent à s'uniformiser, que ce soit Maya, 3ds Max, Cinéma 4D, ou Blender 2.5, ce qui pourra permettre de migrer plus facilement d'un logiciel à l'autre.

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L'ergonomie de l'interface a été améliorée, certaines fenêtres s'ouvrent depuis un onglet et vous pouvez effectuer un
drag'n drop (glisser/déposer) des menus pour les disposer différemment et créer vos propres agencements. Le sélecteur de couleur a été entièrement refait, il permet maintenant de charger une image sur laquelle vous pourrez utiliser la pipette (récupération des couleurs). Le chargement de quasiment tous les types d'images en tant qu'icône est maintenant réalisable grâce à la barre des
shelves (menu d'onglets avec icônes).
Les commandes
MEL qui font partie du langage intégré de Maya permettent l'interaction avec l'interface et la création de ses propres paramètres prédéfinis. Le MEL se voit intégré un nouveau API : le PyMEL qui permet de coder des scripts en Python. On peut aussi noter l'apparition de
l'auto-complétion pour les commandes MEL.
Enfin, vous pourrez exporter directement vos modélisations vers le logiciel de sculpture et texturing Mudbox et inversement à partir du menu principal.
Le nouveau
Viewport 2.0 (navigateur permettant la visualisation des scènes) permettra de gérer la 3D, beaucoup plus complexe.
Viewport 2.0 est désormais capable de gérer 1.5 million de polygones à 40
FPS, chose totalement impossible sous l'ancienne version !
Il améliore aussi la qualité de rendu visuel en prenant en charge tous les types de cartes (
map) :
normal map,
bump map (les maps simulant les reliefs),
diffuse map (texture),
specular map (zones de brillance), améliore la qualité de l'éclairage et minimise les bugs d'affichage.
L'arrivée d'Iray et le passage de Mental Ray en version 3.8
Cette nouvelle version du
raytracer, traditionnellement intégré à Maya ne fait pas sa rentrée seule, mais bien avec un moteur de rendu
unbiased de nouvelle génération : Iray. Un moteur de rendu
unbiased est un moteur qui simule tous les phénomènes physiques sans « tricher », se rapprochant ainsi de la réalité (l'utilisation de lampes donnera par exemple un jeu de lumières complexe, tel que dans la réalité). Alors que Mental Ray utilise le
CPU (processeur) pour générer les rendus, Iray, lui, utilise le
GPU (carte graphique). Ce dernier étant plus efficace pour le calcul massivement parallèle pourra
multiplier par 30 à 300 la vitesse des rendus ! Si vous êtes en possession de plusieurs cartes graphiques de même modèle, le rendu pourra même être encore accéléré (voir
SLI /
CrossFire). La vitesse de ce dernier permet de se déplacer interactivement et d'y changer les paramètres en temps réel.
Ce moteur est basé sur
CUDA, un langage de programmation dérivé du C pour réaliser des applications exploitables par le GPU de Nvidia, il sera donc nécessaire d'avoir une
carte graphique Nvidia compatible CUDA pour espérer utiliser Iray.
Dans le futur, ce moteur sera peut-être basé sur
OpenCL pour fonctionner à la fois avec les cartes Nvidia et AMD/ATI.
.
Mental Ray 3.8 offre maintenant des paramètres de réglage de la luminosité, contraste, exposition et gamma pour la retouche des rendus :
Nouveaux outils pour effectuer le rigging
Le
rigging est la création d'un squelette servant à animer un personnage plus facilement. Dans Maya 2011 il sera possible de modifier interactivement l'influence du déplacement d'un os sur la peau. Pour ce faire, un outil sous la forme d'une capsule définira la partie du polygone déformée par l'os. Pour plus de précision, l'outil
Paint Skin Weight Tool permettra de modifier les zones de déformations à partir d'un pinceau. La zone d'influence est représentée par une nuance de couleur (dans les anciennes versions de Maya, l'influence des outils était représentée par une zone grise). Cet outil sera utilisable via le clic droit sur un polygone.
L'option
Dual Quaternion est un nouvel algorithme corrigeant les quelques problèmes de déformation liés à la rotation des os.

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L'animation non-destructrice avec HumanIK 4.5
HumanIK, longtemps réservé aux utilisateurs du logiciel 3dsmax, sera disponible dans Maya 2011. Celui-ci permet de lier une animation générée par Motion Capture (une saisie de mouvements en plaçant des capteurs sur une personne) sur un personnage virtuel même si celui-ci n'a pas le même physique (grandes jambes, petits bras, etc.) grâce à une technique appelée
retargeting.
Ce plug-in permet aussi d'exporter des animations vers le moteur de jeu Unreal Engine.

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Un séquenceur audio-vidéo
Maya 2011 se dote d'un séquenceur permettant le montage d'animations et les combinaisons de sons (étant chargeables sur plusieurs pistes pour allier musique, voix et bruitage). Dans chaque séquence une image peut être chargée représentant quelle scène filmer à la manière d'un story-board. Elle peut-être rendu transparente pour afficher la scène 3D derrière.
Grâce aux séquences il est plus facile de passer d'un angle de vue à un autre, voire même de changer de caméra pour filmer la scène 3D. Le son est lu en même temps que la vidéo, ce qui permet d'ajuster plus facilement la vidéo à l'audio.

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Le référencement d'objets et de ressources
Maya Asset, introduit dans la version 2009, permet maintenant de passer d'un modèle
low poly (avec peu de polygones et détails) à un modèle
high poly et inversement tout en gardant le même emplacement dans la scène 3D. Cela permet de ne pas afficher une scène trop complexe si les performances d'une carte graphique sont limitées.
Il est aussi possible de garder les mêmes paramètres personnalisés sur plusieurs modèles. Par exemple pour des voitures réalisées en 3D, il est possible d'utiliser un paramètre « ouverture des portières » qui pourra-être réutilisé sur d'autres voitures.

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Tracés vectoriels dans Maya Composite
Le logiciel Autodesk Toxik, aussi appelé Maya Composite, permet dans cette nouvelle version de réaliser des tracés vectoriels pour déplacer, remplacer ou supprimer des éléments d'une image ou animation. Un tracé vectoriel est composé d'objets géométriques individuels (segments de droite, polygones, arcs de cercle...) et non de pixels. Le tracé ou l'image vectoriel est donc redimensionnable à souhait, sans perte de qualité (
voir l'article sur Wikipédia).

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Bref récapitulatif
Tout d'abord, l'arrivée d'une interface réactive, hautement personnalisable et compatible pour tous les systèmes d'exploitation en 32 et 64 bits est vraiment appréciable, puisque se faisant attendre après plus d'une dizaine d'années sur une ancienne interface vieillissante.
Le nouveau Viewport 2.0 permettra la gestion de scènes 4 à 5 fois plus complexes tout en ayant des effets de reliefs et brillances sur les parois et un éclairage amélioré.
Le moteur de rendu Iray permettra à tous les indépendants de réaliser très rapidement des rendus haute définition et des animations 3D. Les images de haute qualité, obtenues par les rebonds des rayons lumineux affichés en temps réel, offrent un aperçu du jeu vidéo de demain.
Néanmoins, on regrettera un moteur physique non totalement multithreadé, car l'arrivée de Maya nFluid (gestion des liquides et fumés) se fait attendre. Un panel d'outils basiques n'ayant pas gagné en fonctionnalités reste aussi à déplorer.
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