Après plusieurs mois de rumeurs et de patience, la tablette tactile de la firme de Cupertino, l'iPad, est arrivée sur le marché américain le 3 avril dernier ; 300 000 tablettes ont été écoulées le jour même. D'un autre côté, l'annonce de l'iPhone OS 4.0, le système d'exploitation des produits mobiles d'Apple, pour les mois à venir fait actuellement débat sur Internet pour diverses raisons, comme la non-intégration d'un lecteur Flash dans l'iPad et l'iPhone.
L'iPad, la tablette tactile d'Apple
C'est après plusieurs mois d'attente que l'iPad a été officiellement présentée lors de la keynote d'Apple du 27 janvier 2010 où Steve Jobs l'avait dévoilée à San Francisco (voir
cette vidéo). L'annonce de sa commercialisation pour le mois d'avril (début mai en Europe), à l'origine d'un buzz, ouvrit la porte à de nombreux spéculateurs qui commencèrent à vendre leurs tablettes (achetées en Amérique) au prix de 700 dollars, moyennant un bénéfice d'environ 200 dollars. La firme à la pomme a elle-même été surprise de son succès puisque son premier stock fut épuisé suite aux pré-commandes lancées le 12 mars dernier.
Une tablette à (presque) tout faire
L'iPad est basée sur l'iPhone OS d'Apple : contrairement à beaucoup d'autres projets de tablette, elle ne devrait pas remplacer un ordinateur. Grâce à son grand écran et à son interface entièrement tactile, cette tablette rend plus aisée son utilisation dans divers domaines. Par exemple, en plus de naviguer sur Internet, il est possible de jouer à des jeux sur cet appareil, de visionner des vidéos, de lire des journaux voire même des livres électroniques. En effet, avec sa
bibliothèque de livres intégrée, l'iPad s'annonce être une sérieuse concurrente aux autres plate-formes de livres électroniques comme le
Kindle d'Amazon ou le
Reader de Sony.
D'autre part, l'iPad peut être utilisée pour une simple utilisation bureautique via l'achat de la suite iWork d'Apple, dont les trois logiciels qui la composent ont été récemment mis à jour :
- Keynote ’09 permet à l'utilisateur de créer très facilement des présentations animées. La récente mise à jour s'est axée sur l'ajout d'effets aux animations et sur le partage de fichiers. L'utilisateur peut ainsi diffuser sa présentation sous les extensions les plus utilisées, comme le format PDF, par exemple.
- Pages ’09 est un logiciel de traitement de texte. Les améliorations ont apporté un lot de nouveaux outils de mise en page.
- Numbers ’09 permet la saisie et l'analyse de données. Une des nouveautés de ce programme est la possibilité d'effectuer une analyse sous forme de graphiques.
Chacun de ces trois logiciels coûte 9,99$. La suite comportant trois logiciels, il faut donc débourser 29,97$ pour l'utiliser entièrement sur sa tablette. Rappelons que cette même suite en version
ordinateur coûte une centaine de dollars.
Exemples d'utilisation de la suite iWork
Principales critiques
Ses dimensions
Bien qu'Apple, critiquée pour ses précédents produits en matière de respect de l'environnement, ait voulu se racheter en n'utilisant que des produits écologiques (verre recyclable, pas de mercure, etc.) pour l'iPad, les dimensions de celle-ci pourraient, pour certains, poser problème. En effet, avec 24,28 cm de hauteur et 18,97 cm de largeur il est impossible de la transporter dans une poche et encore moins sous le bras, au risque de se la faire voler. Certains artistes ont pour cela imaginé un
pantalon doté d'une poche arrière suffisamment grande pour accueillir et transporter en toute sécurité leur appareil adoré...
La compatibilité des applications
Suite à la sortie de cet appareil sur-dimensionné, certaines applications ne sont pas encore adaptées à une résolution de
9.7 pouces contre 3.5 pouces pour l'iPhone. Pour contrer ce problème, Apple propose trois solutions aux développeurs :
- La première, invisible au premier coup d'œil, consiste à développer une version iPad et iPhone dans une même application. C'est donc à l'installation que l'appareil exécutera la version adéquate à l'appareil.
- La deuxième solution consiste à créer une version différente de l'application pour chaque appareil. Mais pour l'instant, la plupart des applications dédiées à l'iPad sont deux fois plus chères que les mêmes applications pour l'iPhone.
- Enfin, il est possible d'exécuter une application iPhone sur l'iPad en gardant sa résolution originale ou en l'agrandissant grâce au mode pixel double. Logiquement, ce mode, bien qu'il permette aux applications d'être affichées en plein écran, détériore la qualité des graphismes.
Une plate-forme fermée
L'iPad s'est attiré de nombreuses critiques car, comme l'iPhone, il s'agit d'une plate-forme fermée. Il est impossible d'installer des applications dessus sans passer par l'AppStore d'Apple, et il faut payer pour avoir le droit de publier ses applications. De plus, Apple se réserve le droit d'accepter et de refuser les applications conçues par les développeurs, voire même de les supprimer alors qu'elles étaient accessibles, ce qui est arrivé récemment avec des
détecteurs de Wi-Fi.
Il est toujours possible, comme avec l'iPhone, de
jailbreaker l'iPad, et ainsi d'avoir la possibilité d'installer des applications non approuvées par l'AppStore, mais cela est interdit par Apple et entraîne une rupture de la garantie. La technique de
jailbreak, très similaire à celle utilisée pour l'iPhone, a été dévoilée à peine 24 heures après la sortie officielle de l'iPad.
La nouvelle version de l'iPhone OS
Apple a aussi récemment annoncé, lors de la dernière
keynote qui s'est déroulée le 8 avril, l'arrivée prochaine de l'iPhone OS 4.0, le système d'exploitation de l'iPhone et de l'iPad, qui intègre certaines fonctionnalités très attendues.
Un multitâche limité
Bien que l'iPhone OS soit basé sur Mac OS et supporte donc le multitâche en interne, cette possibilité n'a pas, dans les premières versions de l'iPhone 3.0, été traduite à un niveau visible par l'utilisateur : il n'était pas possible de lancer plusieurs applications en même temps, ou de faire tourner une application en arrière-plan. D'après Apple, le multitâche pouvait entraîner des problèmes au niveau des performances globales du téléphone et de l'utilisation de la batterie.
Pour ne pas impacter les performances, Apple utilise une approche particulière qui revient à mettre en pause les applications qui ne sont pas en cours d'utilisation plutôt que de les laisser tourner en fond. Ainsi, un retour à une application permet de retrouver la situation exacte dans laquelle elle a été laissée. Cependant, certaines applications comme des lecteurs audio doivent pouvoir tourner en arrière-plan pendant qu'on en utilise une autre. Pour permettre cela, Apple va fournir quelques services qui pourront tourner en permanence : la musique en arrière-plan, la voix sur IP, la géolocalisation, les notifications reçues depuis un serveur externe ou localement (comme des alertes pour un calendrier) et la possibilité de terminer une tâche en cours quand l'utilisateur ferme l'application.
Des améliorations de l'interface
Cette version apporte aussi son lot d'améliorations à l'interface de l'iPhone et aux applications intégrées. Il est maintenant possible de regrouper les applications en dossiers, permettant de ranger jusqu'à 9 applications simplement en les faisant glisser les unes sur les autres.
Le client mail permet maintenant de regrouper les e-mails reçus sur plusieurs adresses dans une boîte de réception unique, ou bien de consulter chaque adresse séparément. Il est aussi possible d'organiser les mails par sujet, pour suivre une conversation plus facilement : pour cela, une icône indique le nombre de mails se référant à la conversation. D'autre part, l'iPhone OS 4.0 permet d'attacher des fichiers aux e-mails et d'ouvrir les fichiers joints dans une application externe.
Une nouvelle application fait son apparition : iBooks, qui permet de lire des livres électroniques achetés sur la boutique en ligne d'Apple. Les livres peuvent contenir des animations, et il est possible de rechercher dans le texte, modifier la taille de la police, de surligner des passages ou d'afficher la définition d'un mot en le sélectionnant. Enfin, il sera possible de lire les livres achetés sur iPad sur iPhone et inversement, ce qui permettra ainsi de garder les passages surlignés et les marques-pages.
GameCenter et iAd
Le GameCenter est une application permettant d'inviter des amis pour jouer à des jeux, ou de trouver des joueurs pour jouer en réseau. Il permet donc aux applications compatibles de créer un tableau de scores accessible à tous et de comparer sa progression dans un jeu avec les autres joueurs. Cette fonctionnalité ne sera disponible que plus tard dans l'année, et devrait, avec plus de 20 000 jeux sur l'iPhone, rencontrer un certain succès.

Apple a aussi annoncé iAd, une infrastructure spéciale pour les publicités sur l'iPhone. Elle devrait permettre aux développeurs de créer des applications gratuites et d'être tout de même rémunérés. Selon la firme, la publicité ne peut pas être diffusée sur le même espace que sur un ordinateur : l'utilisateur passe l'essentiel de son temps dans les applications et non pas sur des moteurs de recherche classiques. Les publicités devraient donc se situer dans les applications : cliquer sur une publicité ne quittera pas l'application, mais la lancera à l'intérieur de celle-ci.
Cette version intègre aussi beaucoup d'autres nouveautés : on peut noter des fonctionnalités pour faciliter l'utilisation de l'iPhone dans les entreprises, un correcteur orthographique ou le support des claviers Bluetooth. Elle est déjà disponible pour les développeurs, et devrait être commercialisée dès cet été pour les utilisateurs d'iPhone. La version pour iPad ne devrait pas sortir avant l'automne.
Flash sur l'iPad et l'iPhone
La décision d'Apple de ne pas fournir de support pour Flash sur l'iPad comme sur l'iPhone a été beaucoup critiquée. Face à la demande croissante des utilisateurs, Steve Jobs a répondu que « Le flash est source de failles de sécurité et consomme énormément de ressources processeur. Nous n'allons pas dépenser beaucoup d'énergie pour une technologie dépassée. »
Il encourage ainsi les développeurs à utiliser les technologies reposant sur HTML 5, comme la balise
<video>.
La polémique sur le Flash s'est aussi manifestée récemment par le changement des critères de l'AppStore d'Apple : Adobe a ajouté à Flash CS5 la possibilité d'écrire des applications pour iPhone directement en ActionScript (
voir la précédente news). Mais quelques jours avant la sortie de cette nouvelle version, Apple a interdit l'utilisation des applications qui ne sont pas écrites directement en C, Objective-C, C++ ou Javascript. Steve Jobs
a expliqué que l'utilisation de couches intermédiaires produisait des applications de mauvaise qualité et gênait l'adoption des nouveautés de la plate-forme.
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