Cela faisait quelques mois qu'Apple et Adobe ne manquaient plus la moindre occasion de s'humilier mutuellement. Cette grande querelle, qui a pour origine l'exploitation de la technologie Flash, a désormais pris fin avec l'annonce de Shantanu Narayen, le
CEO d'Adobe.
La technologie Flash
Développée et distribuée par Macromedia, Adobe Flash est une application cliente fonctionnant à partir d'un navigateur web. Lancée en 1996 et rachetée en 2005 par Adobe Systems, la technologie Flash s'utilise au moyen d'un lecteur et permet l'intégration d'objets intéractifs dans une page web, tels que des publicités, des jeux vidéo, des vidéos en
streaming, etc... Ces animations sont possibles via des fichiers portant l'extension
.swf et qui sont exécutés par un plugin Flash intégré au navigateur.
Le refus d'Apple
Le refus d'Apple d'exploiter cet outil proposé par Adobe constitue la cause du conflit. Cela a commencé par l'iPhone, où la marque à la pomme se justifiait en dénonçant le plugin comme beaucoup trop gourmand face à la capacité limitée de son
smartphone. Puis, cela a continué avec l'iPad possédant un processeur cadencé à 1GHz, qui aurait pu largement satisfaire aux besoins de l'application en terme de ressources. La société expliqua cette fois-ci son désaccord en soulignant le caractère trop « plantogène » du Flash sur ses ordinateurs Mac pour envisager une implémentation sur d'autres de ses produits.
Si ces arguments ne sont pas totalement faux, on se doute bien que l'entreprise manifeste une mauvaise foi à l'égard de l'utilisation de cette technologie. Apple, en créant iPhone OS, a mis en place tout un univers sur lequel il a un contrôle absolu. Le fait d'autoriser l'utilisation de Flash lui aurait fait perdre une partie de cet empire, en plus d'engendrer une baisse de l'utilisation de l'AppStore : les développeurs auraient alors eu la possibilité de proposer leurs applications aux utilisateurs, sans passer par la validation d'Apple et encore moins payer les taxes associées à l'utilisation du service.
La fin d'une dispute
C'est finalement Adobe qui, voyant toutes ses chances envolées devant le désaccord d'Apple d'exploiter sa technologie, prend l'initiative de mettre fin à cette altercation :
Citation : Shantanu NarayenApple a émis différents avis quant à la pertinence de notre technologie pour les appareils mobiles. Je pense que nous avons prouvé qu’elle est non seulement appropriée, mais qu'elle apporte également de la valeur à ces appareils. Apple a fait le choix de conserver un système fermé, et nous préférons nous investir avec des partenaires qui sont intéressés de travailler avec nous. Nous croyons aux systèmes ouverts. Nous croyons en la puissance d’Internet, et il revient aux clients de faire des choix. Je pense qu’une grande partie de la controverse s’articulait autour de leur décision sur ce point en particulier. Ils ont fait leur choix. Nous avons fait le nôtre, et nous continuons à avancer. Il ne s’agit que d’une décision de business. Avec l'énergie et l'innovation de notre société, nous préférons mettre l'accent sur ceux qui souhaitent offrir la meilleure expérience avec Flash, et ils sont nombreux.
On ne peut pas faire plus précis : Adobe laisse de côté Apple pour se concentrer sur les relations avec ses partenaires.
Finalement, c'est sans doute l'utilisateur qui en souffre le plus : l'intégration de Flash lui aurait peut-être permis d'avoir accès à une plus grande diversité d'applications et surtout en plus grand nombre.
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