Dans les domaines de l'architecture, la cartographie ou encore la mécanique, il est un célèbre logiciel :
AutoCAD.
AutoCAD est un logiciel de
DAO développé par la firme
Autodesk. Très présent dans le milieu professionnel, il s'appuie sur son format de fichier,
le DWG, devenu avec le temps un standard
de facto de l'industrie du DAO. Si vous avez déjà travaillé dans les domaines de l'architecture ou de l'ingénierie, vous devez déjà en avoir entendu parler.
L'histoire de Bricscad
L'IntelliCAD Technology Consortium
Afin de proposer une alternative à l'omniprésent et très onéreux AutoCAD (4000€ pour la version complète), est né
l'IntelliCAD Consortium, un rassemblement d'entreprises visant à développer en commun une interface de développement et différents outils permettant de reproduire le fonctionnement d'AutoCAD. On peut ainsi citer, parmi ces outils, la librairie
Teigha (anciennement OpenDWG) développée par
l'Open Design Alliance, un autre rassemblement, qui permet de manipuler le fameux format DWG. En se basant sur ces outils, un certain nombre de logiciels équivalents à AutoCAD ont vu le jour. Parmi eux se trouvait
Bricscad, développé par la firme
Bricsys.
La croisée des chemins

Cependant, avec le temps, les développeurs de Bricsys se sont petit à petit détachés d'IntelliCAD dont ils n'approuvaient plus vraiment les choix et ont donc commencé à recoder entièrement leur logiciel. Ainsi, la version 10 est la première version à ne plus comporter de code provenant de l'IntelliCAD Consortium. Cette refonte leur a permis majoritairement de s'affranchir d'un certains nombre de technologies fortement liées à AutoCAD et à Windows. Grâce à ce remodelage, la firme a pu envisager le portage de son application phare vers le système d'exploitation GNU/Linux. Cette dernière étape fut franchie lors de l'annonce de l'arrivée prochaine d'une version bêta de Bricscad fonctionnant
nativement sous Linux. Bricsys fournissait jusque-là un paquet RPM de la version 6 de son logiciel fonctionnant sous
wine. Cette annonce, bien que naturellement passée inaperçue pour le grand public, fit naître un grand enthousiasme parmi les utilisateurs de Linux souhaitant faire tourner ce genre d'application sur leur manchot favori.
Initialement prévue pour le premier semestre 2008, l'arrivée de cette préversion fut reportée et retardée tant et plus, faisant monter la frustration des enthousiastes. Mais la première alpha publique fut finalement publiée le 31 décembre 2009. Après 8 mois supplémentaires de développement et de tests, la première version native Linux de Bricscad est sortie officiellement le 7 septembre 2010.
Le logiciel
Bien que tournant sous Linux, Bricscad n'est pas un logiciel libre et est encore moins gratuit ; son prix s'élève aux alentours de 500€. Le logiciel est disponible au téléchargement sous 3 formes : un paquet DEB pour Ubuntu (on peut supposer également pour Debian et les autres dérivés), un paquet RPM pour Fedora et OpenSUSE (on peut là aussi supposer qu'il tournera sur RedHat et dérivés) et enfin une archive TGZ pour les autres distributions. À noter que seule la version anglophone est disponible pour l'instant.

Concernant l'interface, comme pour sa déclinaison Windows, Bricscad Linux est très proche, pour ne pas dire identique, à l'interface d'AutoCAD. On y retrouve les mêmes outils de base (création et modification), la gestion des calques, des cotations, des blocs, un module d'impression complet, etc. La 3D est aussi possible bien qu'il semblerait que les fonctionnalités soient un peu inférieures à AutoCAD. Le DWG, quant a lui, est parfaitement supporté, et ce jusque dans sa dernière version (2010).
Le langage
AutoLISP d'AutoCAD est supporté comme dans la version Windows contrairement au
VBA qui reste l'apanage des deux logiciels sous Windows. De façon globale, il est évident que les fonctionnalités spécifiques à Windows n'ont pas pu être portées dans cette version.
Vous pouvez retrouver un comparatif complet sur
cette page. Gardez néanmoins un œil critique, il est évident que Bricsys met en avant les informations les plus intéressantes pour lui.
Bricscad, seul concurrent d'AutoCAD sous Linux ?
Il serait abusif de dire que Bricscad est le premier logiciel de DAO sur Linux. D'autres solutions natives existaient auparavant tels que
QCaD ou encore Cycas et Sagcad. Néanmoins, ces logiciels :
- étaient loin d'être aussi complets et performants qu'AutoCAD (uniquement 2D, nombre limité de calques, fluidité d'utilisation nettement inférieure...)
- avaient un mauvais support voire pas de support du tout du DWG, qui est pourtant devenu la norme dans bon nombre d'industries.
A côté de ces logiciels, on peut noter que la plupart des logiciels provenant de l'IntelliCAD Consortium sont relativement bien supportés par
wine. Cela engendre néanmoins un certains nombre de désagréments : bugs, performances amoindries, ralentissements, etc. Ainsi, un document comportant un grand nombre d'éléments a de grandes chances de faire ramer voire « planter » l'ordinateur de l'utilisateur, là où Bricscad, fonctionnant désormais nativement, requiert moins de ressources et est plus fluide que ses concurrents.
C'est ici que se trouve la grande nouveauté apportée par Bricscad : fournir au public professionnel, pas toujours féru de bidouillages, une solution complète, performante et fiable pour une utilisation professionnelle et ce, le plus simplement possible (un simple paquet à installer).
Le début d'un nouveau marché ?
En proposant leur logiciel au monde Linux, Bricscad s'est glissé dans un marché où l'offre était jusqu'à présent absente et la demande, par contre, bien présente. Les développeurs de Bricsys ne devraient pourtant pas rester longtemps seuls dans leur position. En effet, la firme Gräbert est également en train de porter son logiciel
Ares sous Linux. Encore en version bêta, il s'agit également d'un équivalent d'AutoCAD supportant le DWG (au moins jusqu'à la précédente version, la 2007).
La course sera-t-elle lancée parmi les autres firmes pour se lancer dans ce nouveau marché ? Il semble en tout cas que le marché Linux, longtemps oublié dans ce domaine, commence à accroître son importance et son influence. Il est en tout cas à souhaiter pour tous les utilisateurs de GNU/Linux que ce genre d'initiatives, commerciales ou pas, ne restent pas isolées.
Liens et sources
Sites Officiels :
Ubuntu-fr.org :
Wikipedia :
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