Manifestement, l’hécatombe continue dans le monde de l’informatique. Après
Steve Jobs, le grand patron de la Pomme,
Dennis Ritchie, le père d’UNIX et du langage C, puis
John McCarthy, le père de l’intelligence artificielle, voilà que nous apprenons cette fois-ci que Diaspora voit l'un de ses cofondateurs s’ajouter à la liste des disparus de l’année 2011. En effet, le lundi 14 novembre, l’équipe de Diaspora annonce le décès aussi tragique qu’inattendu d’un de ses cofondateurs, Ilya Zhitormiskiy, alors âgé de 22 ans.
Biographie
Ilya Zhitormiskiy est né le 12 octobre 1989 à Moscou. Il a émigré aux États-Unis durant sa jeunesse avec ses parents. Il étudia l’informatique à l’université de New-York, où il rencontra les 3 autres fondateurs de Diaspora, un site de réseau social, l’année dernière.
Ilya Zhitomirsky, a été retrouvé mort dans son appartement de San Fransisco, le dimanche 13 novembre. Bien que les médias locaux évoquent la thèse du suicide pour expliquer son décès, la police de New York a indiqué qu’il y a délai de quelques semaines avant de déterminer la cause exacte du décès, le temps que l’enquête soit menée.
Et puisqu’on parle de Diaspora, profitons-en pour donner des nouvelles du projet.
Le projet Diaspora*
Ilya Zhitomirskiy, ainsi que trois autres étudiants de la New York University, à savoir Daniel Grippi, Maxwell Salzberg et Raphael Sofaer, ont lancé en 2010 un réseau social libre et décentralisé, où l’utilisateur peut pleinement contrôler les informations qu’il publie.
Un appel aux dons avait été lancé au printemps 2010. Alors que l’objectif initial était de 10'000$, ils ont finalement récolté plus de 200'000$ ! Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a participé aux donations, qualifiant Diaspora « d’idée cool », et précisant « se reconnaître » parmi ces quatre jeunes.
En septembre 2010, le code-source de la version Alpha a été publiée pour la première fois sur GitHub, afin de permettre à la communauté de contribuer à l’amélioration du logiciel qui est écrit en langage Ruby. Le logiciel est distribué sous licence
AGPLv3 (Affero General Public License). Quant aux traductions, certaines dont le français sont déjà complétées ou assez avancées.
Un réseau social décentralisé
Contrairement à Facebook, qui est un réseau dit « centralisé », ce qui signifie que toutes vos données sont localisées dans de gros serveurs qui appartiennent à une société dont on ne sait pas trop ce qu’elle fait de ces données, Diaspora est un réseau dit « décentralisé ». Cela signifie que le réseau est composé de « pods », c’est-à-dire des serveurs maintenus par les utilisateurs et qui s’interconnectent entre eux. Ceci permet de garder le plein contrôle sur les données puisqu’on ne dépend pas d'une société, et que vous pouvez vous auto-héberger.
Pour vous le montrer, voici deux schémas qui proviennent de
ce billet d’un blogue.
On voit que dans le premier schéma, tout le fonctionnement d’un réseau centralisé se passe sur un serveur central qui appartient à une société. En cas de dysfonctionnement du serveur, tout devient inaccessible. En revanche, dans le deuxième schéma, soit celui du réseau décentralisé, les données sont dispersées dans plusieurs nœuds qui s’interconnectent entre eux. Si un des nœuds est en panne, seules les données contenues dans ledit serveur seront inaccessibles. Dans le cas de Diaspora, si par exemple le
pod diasp.org est inaccessible, le réseau reste accessible sur
joindiaspora et les autres
pods qui forment le réseau social.
Les particularités de Diaspora
Bien que Diaspora ait été développé dans le but premier de concurrencer Facebook, ce qui fait que vous pouvez « aimer », commenter et partager les publications des autres, ainsi qu’envoyer des messages privés, il existe certaines particularités.
Tout d’abord, vous avez des groupes de contacts (appelés « aspects ») comme la famille, les collègues de travail, les amis proches et les connaissances.
Ensuite, étant donné la philosophie derrière le projet, votre compte est cloisonné par défaut et ça ne vous prend pas un cours classique (pour reprendre une expression maternelle) pour paramétrer la confidentialité des informations et publications. De plus, le protocole HTTPS est utilisé pour sécuriser la connexion des utilisateurs.
Et finalement, vous avez un système de tags que vous pouvez suivre. Par exemple, si vous suivez
#gimp, votre fil d’actualités affichera les publications utilisant ce tag.
Pour ceux qui veulent avoir un aperçu concret de l’interface, voici des captures prises pour vous donner une idée :
Participer au projet
Deux mois après la publication du code source, les inscriptions à la liste d’invitations ont été ouvertes, pour ceux qui sont intéressés à tester Diaspora sur le
pod officiel
joindiaspora. Les premières invitations ont d’abord été envoyées chez les collaborateurs actifs, puis vers la fin du mois d’août de cette année, les invitations publiques ont été lancées à ceux qui étaient dans la liste.
Quant aux autres qui sont intéressés à tester Diaspora, vous avez deux options :
- Connaître une personne qui possède un compte sur le pod @joindiaspora et qui peut donc vous envoyer une invitation via Facebook ou par courriel;
- Vous rendre sur un autre pod comme @diasp.org, qui ne requiert pas d’invitation pour s’inscrire. Vous pouvez trouver d’autres pods sur ce lien podupti.me
Pour ceux qui ont de bonnes connaissances en Ruby et qui ont des notions de l’utilisation de Git, vous pouvez participer activement au développement en clonant le dépôt disponible sur GitHub.
Il est également possible de contribuer d’une autre façon, que ce soit en versant un don à la Fondation Diaspora, ou en donnant de votre temps notamment pour rédiger de la documentation pour les nouveaux utilisateurs et pour ceux qui veulent créer leur propre
pod.
Si vous avez un compte Facebook ou un compte Twitter, et que vous ne voulez pas courir d’un site à l’autre pour publier le même statut, voici ce qui devrait vous rassurer : dans les paramètres de votre compte Diaspora vous pouvez lier votre compte à Facebook, Twitter et Tumbler. Ceci fait en sorte que lorsque vous désirerez publier une info sur Diaspora, vous aurez des petites icônes correspondant aux réseaux sociaux qu'il vous suffira de cliquer pour autoriser la publication de votre message.
L'option n'a pas encore été développée pour Google+, mais devrait l'être dans les prochains mois. En attendant, vous pouvez toujours faire une suggestion sur le forum officiel.
Conclusion
Malgré le décès de l’un de ses fondateurs, les autres développeurs sont déterminés à poursuivre l’aventure, avec l'aide de la communauté. Que ce soit comme développeur, testeur, graphiste, traducteur ou rédacteur de documentation, chacun peut apporter sa contribution au projet pour qu’il parvienne à maturité et se fasse connaître davantage.
Liens externes
52 Participations
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