Dans le courant de la dernière semaine de novembre, Trevor Eckhart, un chercheur qui est à l'origine de plusieurs découvertes de failles de sécurité dans les terminaux HTC, a mis au jour un logiciel de la société CarrierIQ dans les smartphones de cette même marque. Dès l'annonce de la découverte, l'éditeur de ce logiciel a réagi en affirmant que celui-ci permet uniquement aux opérateurs d'améliorer les performances réseau. Trevor Eckhart a contesté cette déclaration, affirmant que ce logiciel collecte des données privées de l'utilisateur et les met à disposition sur un site internet accessible aux opérateurs.
Selon ce chercheur, ce comportement a tout d'un
rootkit.
La découverte
Trevor Eckhart a jeté un grand froid dans le domaine de la téléphonie mobile aux États-Unis lorsqu'il a annoncé avoir découvert un rootkit dans certains terminaux sous Android. Ce programme, développé par la société Carrier Iq, est intégré par les opérateurs ou les fabricants dans les smartphones afin de collecter des données privées des usagers.
Voici une liste non-exhaustive des données qu'il collecte :
- Les sites visités
- Les touches saisies
- La localisation GPS
- Les applications résidentes
- Etc.
En fouillant encore plus, Trevor Eckhart a découvert que toutes ces données étaient mises à disposition sur un portail web accessible par les opérateurs.
Dès la publication de la découverte, l'éditeur a porté plainte en accusant Trevor Eckhart de violation de la propriété intellectuelle avant de se rétracter et de retirer sa plainte.
Le scandale prend de l'ampleur aux USA
Quelques jours plus tard, le nombre de smartphones ayant ce logiciel d'installé augmente. Des modèles Nokia ainsi que des modèles BlackBerry viennent s'ajouter à la liste avec ceux de Samsung et HTC. Certains modèles d'iPhone sont également touchés.
Suite à cela, deux actions collectives (class-action) ont été déposées aux États-Unis à l'encontre de
Samsung,
Motorola,
AT&T,
T-Mobile,
Sprint,
HTC,
Apple et l'éditeur du logiciel,
CarrierIQ.
Ils réclament quelques centaines de millions de dollars de dédommagement pour la surveillance et la collecte de données sans l'accord préalable de l'utilisateur.
Comment fonctionne-t-il ?
Le fonctionnement de ce logiciel est relativement simple.
Dans un premier temps, il va se déclencher lors d'une action précise sur le téléphone comme par exemple, l'allumage ou l'extinction de l'écran, l'envoi d'un SMS, etc.
Ensuite, il va tout simplement envoyer les données sur un serveur qui va les afficher sur une simple page web qui est accessible à tous les opérateurs.
Les données qui y sont envoyées ne sont pas tout à fait anonyme car elles sont liées par un identifiant unique d'appareil et d'abonné.
La masse d'informations recueillie permet d'établir des modèles comportementaux d'usage afin de pouvoir établir et d'identifier d'éventuels problèmes sur les équipements et les services ainsi que de pouvoir planifier au mieux les prochains développements.
Quels smartphones sont touchés ?
Le rootkit de CarrierIQ a été trouvé dans les smartphones suivants :
- Samsung
- HTC
- Nokia
- BlackBerry
Des références au programme ont également été trouvé dans les modèles iPhone sous iOS 4. Cependant, le cas d'Apple est différent dans la mesure où l'utilisateur doit autoriser l'activation du logiciel. Il faut savoir aussi que la nature des données recueillies est également précisée lors de l'activation.
À l'heure actuelle, ce rootkit n'a pas été trouvé dans les terminaux fabriqués par Google (Nexus Galaxy, Nexus One, etc.) qui précise qu'il ne l'intègre pas, et dans les Windows Phone.
Et en Europe ?
Il faut savoir qu'aux États-Unis, ce logiciel est imposé par les grands opérateurs comme AT&T et Verizon.
Ce qui fait que pour le moment, il n'a pas été découvert dans les smart phones européens. Comme le précise Samsung, "l'intégration de ce logiciel consomme entre 5% et 15% de batterie en plus".
Comment savoir si mon smartphone l'intègre ?
Si vous voulez être sûr et certain de ne pas avoir ce logiciel installé sur votre smartphone, il existe le programme
Voodoo Carrier IQ detector disponible sur le market d'Android.
Pour le désactiver, c'est presque mission impossible. Sous les terminaux HTC, on ne peut pas tandis que sous les smartphones Samsung, l'option existe mais est jugée difficile d'accès.
En ce qui concerne les téléphones Nokia et Blackberry, il n'y a, pour l'heure, aucune méthode pour le désinstaller.
Sources
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