Revenons à l'installation d'Ubuntu, et plus précisément à l'étape du partitionnement.
La fenêtre vous propose plusieurs options dans le cas où Windows est déjà installé :
- Installer à côté d'autres systèmes d'exploitation : Ubuntu va se faire automatiquement de la place sur votre disque dur et créer les partitions pour vous. C'est la solution la plus simple que vous devriez choisir si vous ne voulez pas aller dans les détails. En revanche, vous n'aurez pas de partition spéciale pour les documents dans ce mode-ci.
En bas de la fenêtre, vous pouvez déplacer le curseur pour décider de l'espace que vous attribuez à Windows et à Ubuntu.
- Tout effacer et utiliser le disque entier : tout le disque sera formaté, partition Windows comprise. Ne faites cela que si vous voulez supprimer Windows ! Ubuntu sera installé sur l'ensemble du disque dur.
- Définir les partitions manuellement (avancé) : choisissez cette option si vous voulez créer vous-même les partitions. C'est plus complexe mais cela vous donnera plus de choix..
En résumé : si vous voulez aller vite et faire simple, choisissez l'option "Installer à côté d'autres systèmes d'exploitation". Sinon, choisissez le mode manuel : nous allons découvrir comment celui-ci fonctionne ci-dessous.
Le partitionnement manuel
Je vais supposer que vous faites un partitionnement manuel, et je vais donc vous montrer pas à pas comment ça fonctionne avec l'outil de partitionnement présent dans l'installeur d'Ubuntu. Mais avant cela, il faut que je vous fasse découvrir comment sont nommées les partitions du disque !
A propos du nom des disques
Si vous avez un seul disque dur sur votre ordinateur, pas de problème, vous ne risquez pas de vous tromper. Toutefois, si par hasard vous avez plusieurs disques, je pense que vous apprécierez que je vous explique comment les disques durs sont nommés sous Linux.
En effet, c'est très différent de Windows où on a l'habitude des sempiternels C:, D:, E: etc.
On va découvrir les noms des disques sous Linux avec un exemple :
hda
- h : la première lettre indique si le disque est de type IDE ou SCSI (un type de connexion différent à la carte mère). Si c'est une IDE, la lettre est un h, si c'est un SCSI (ou un S-ATA), la lettre est un s.
- d : cette lettre ne change pas.
- a : c'est cette lettre qui indique les différents disques durs. hda représente le premier disque dur IDE, hdb le second, hdc le troisième etc.
Lorsqu'on crée des partitions, on ajoute généralement un chiffre représentant le numéro de la partition. Ainsi, si on a 3 partitions sur notre disque hda, elles seront nommées hda1, hda2, hda3...
L'outil de partitionnement manuel
Revenons à notre installation d'Ubuntu. Si vous avez choisi le partitionnement manuel, vous devriez voir l'écran suivant :
Dans la première ligne, vous avez le nom du disque dur : /dev/sda. C'est donc le disque dur sda. Comme je n'ai qu'un seul disque dur, il est facile à reconnaître.
En-dessous, on voit les partitions que contient le disque. Ici, il y en a une seule (qui correspond à Windows).
Actuellement, j'ai une partition nommée
sda1 car, comme je vous l'ai expliqué un peu plus haut, les partitions sont numérotées. Quand on va rajouter des partitions, vous allez voir qu'elles vont s'appeler sda2, sda3, etc.
Cette partition est de type NTFS, le système de fichiers de Windows. C'est donc la partition utilisée par Windows, et c'est là que Windows est installé.
Il se peut que vous ayez plus de partitions que moi. Par exemple, il est fréquent de voir certains PC achetés dans le commerce équipés d'une toute petite partition "restore" capable de restaurer certains logiciels de votre ordinateur en cas de formatage. Si vous en avez une, n'y touchez pas. Votre PC est peut-être "tatoué". Pour plus d'informations, lisez la
documentation Ubuntu à ce sujet.
Si cela vous semble trop compliqué, vous pouvez toujours opter pour une installation simple depuis Windows qui ne pose pas ce genre de problème de partitionnement. Nous avons décrit cette procédure d'installation "simplifiée" au début du chapitre précédent.
1/ Réduire la taille de la partition Windows
La première étape consiste à limiter la place de Windows pour faire de la place pour Ubuntu.
Sélectionnez la partition Windows en cliquant dessus (/dev/sda1 de type NTFS dans mon cas), puis cliquez sur le bouton "Modifier". Dans la fenêtre qui s'ouvre, vous pourrez modifier la taille de la partition en entrant une nouvelle taille plus petite dans le premier champ, puis en cliquant sur "Valider" :
Redimensionnez la partition Windows pour faire de la place pour Linux
La taille est exprimée en Mo.
1000 Mo font environ 1 Go. Indiquez la taille que vous souhaitez laisser à Windows.
Veillez à laisser tout de même assez de place à Windows, sinon vous ne pourrez plus faire grand chose dessus (impossible d'installer un nouveau jeu s'il n'y a plus de place sur la partition par exemple).
C'est à ce moment-là que la défragmentation se révèle utile. Comme toutes les données ont été groupées au même endroit, ça évite que certains fichiers égarés soient accidentellement supprimés. Ce serait un tantinet ballot avouez
Vous devriez alors avoir de l'espace libre comme moi :
2/ Créer une partition pour installer Ubuntu
Ubuntu vous propose de créer 2 types de partitions :
- Primaires : c'est la partition de base, classique. On ne peut en créer que 4 par disque.
- Logiques : c'est un type de partition qui peut contenir de nombreuses sous-partitions. Celles-ci n'ont pas de limite de nombre comme les partitions primaires.
Cliquez sur la partition libre du disque dur, puis cliquez sur le bouton "Nouvelle table de partition" en bas.
Dans la fenêtre qui s'ouvre, je vous invite à créer une partition "Primaire", de la taille que vous voulez, qui servira à installer Ubuntu et de futurs programmes. Indiquez au moins 3 ou 4 Go.
Laissez "Emplacement de la nouvelle partition : Début" pour que la partition soit créée au début de l'espace libre.
Choisissez le système de fichiers ext4.
Enfin, choisissez le point de montage
/. Je ne rentrerai pas dans le détail du point de montage, il est trop tôt pour vous expliquer cela, mais sachez qu'en gros cela permet d'indiquer le dossier dans lequel la partition sera utilisée (/ étant le dossier racine, un peu comme C:\ sous Windows).
Validez. La fenêtre principale se met à jour avec les nouvelles informations.
3/ Créer une partition pour les documents
Cliquez à nouveau sur l'espace libre et rajoutez une nouvelle partition de la même manière.
Cette fois, vous pouvez créer une partition bien plus grande. Ce sera la partition où vous stockerez vos documents, un peu comme le "Mes documents" de Windows qui est souvent vite rempli de musiques et de films gourmands en espace disque.
Choisissez la taille que vous voulez pour cette partition mais veillez à laisser environ 1 Go (1000 Mo) de libre sur votre disque pour que l'on puisse créer une dernière partition après.
Choisissez là encore le système de fichiers ext4.
Pour le point de montage, choisissez /home (c'est le dossier "Mes documents" équivalent de Linux).
4/ Créer une partition pour la swap
Il faut enfin créer une partition d'environ 1 Go appelée "swap". C'est une partition un peu spéciale dont je ne vous ai pas parlé jusqu'ici pour ne pas vous embrouiller
Pour faire simple, il s'agit d'une extension de la mémoire vive sur votre disque dur. Lorsque votre mémoire vive est pleine, Linux continue à fonctionner mais passe par le disque dur, grâce à la partition swap.
Je simplifie un peu mais en gros c'est l'idée.
Laissez tout l'espace libre restant pour cette partition, mais sachez que ça ne sert à rien qu'elle fasse plus d'1 Go en général.
Surtout, pensez à sélectionner le type "swap". Vous n'aurez pas besoin de préciser de point de montage contrairement aux autres fois.
Voici le résultat final :
Votre disque dur est configuré. Cliquez sur "Suivant".
