Pour lire et écrire dans des fichiers, nous allons nous servir de fonctions situées dans la bibliothèque
stdio que nous avons déjà utilisée.
Oui, cette bibliothèque-là contient aussi les fonctions printf et scanf que nous avons longuement utilisées jusqu'ici ! Mais elle ne contient pas que ça : il y a aussi d'autres fonctions, notamment des fonctions faites pour travailler sur des fichiers.
Assurez-vous donc, pour commencer, que vous incluez bien au moins les bibliothèques stdio.h et stdlib.h en haut de votre fichier .c :
Code : C | #include <stdlib.h>
#include <stdio.h>
|
Ces bibliothèques sont tellement fondamentales, tellement basiques, que je vous recommande d'ailleurs
de les inclure dans tous vos futurs programmes, quels qu'ils soient.
Bien. Maintenant que les bonnes bibliothèques sont incluses, nous allons pouvoir attaquer les choses sérieuses

Voici ce qu'il faut faire à chaque fois dans l'ordre quand on veut ouvrir un fichier (que ce soit pour lire ou pour écrire dedans) :
- On appelle la fonction d'ouverture de fichier fopen qui nous renvoie un pointeur sur le fichier.
- On vérifie si l'ouverture a réussi (c'est-à-dire si le fichier existait) en testant la valeur du pointeur qu'on a reçu. Si le pointeur vaut NULL, c'est que l'ouverture du fichier n'a pas marché, dans ce cas on ne peut pas continuer (il faut afficher un message d'erreur).
- Si l'ouverture a marché (si le pointeur est différent de NULL donc), alors on peut s'amuser à lire et écrire dans le fichier à travers des fonctions que nous verrons un peu plus loin.
- Une fois qu'on a terminé de travailler sur le fichier, il faut penser à le "fermer" avec la fonction fclose.
Nous allons dans un premier temps apprendre à nous servir de
fopen et
fclose. Une fois que vous saurez faire cela, nous apprendrons à lire le contenu du fichier et à écrire dedans.
fopen : ouverture du fichier
Dans le chapitre sur les chaînes, nous nous sommes servis des prototypes des fonctions comme de "mode d'emploi". C'est comme ça que les programmeurs font en général : ils lisent le prototype et comprennent alors le fonctionnement de la fonction (bon, je reconnais que des fois même eux ont besoin de quelques petites explications à côté

)
Voyons voir justement le prototype de la fonction
fopen :
Code : C | FILE* fopen(const char* nomDuFichier, const char* modeOuverture);
|
Cette fonction attend 2 paramètres :
- Le nom du fichier à ouvrir.
- Le mode d'ouverture du fichier, c'est-à-dire une indication qui dit si vous voulez juste écrire dans le fichier, juste lire dans le fichier, ou les deux à la fois

Cette fonction renvoie... un pointeur sur FILE
Eh bien ça les amis, vous devriez comprendre ce que c'est maintenant

C'est un pointeur sur une structure de type FILE. Cette structure est définie dans stdio.h. Vous pouvez ouvrir ce fichier pour voir de quoi est constitué le type FILE, mais ça n'a aucun intérêt je vous le dis de suite
Pourquoi le nom de la structure est-il tout en majuscules (FILE) ? Je croyais que les noms tout en majuscules étaient réservés aux constantes et aux defines ?
Cette "règle", c'est moi qui me la suis fixée (et pas mal d'autres programmeurs la suivent d'ailleurs). Ca n'a jamais été une obligation. Force est de croire que ceux qui ont programmé stdio ne suivaient pas exactement les mêmes règles

Cela ne doit pas vous perturber pour autant. Vous verrez d'ailleurs que les bibliothèques que nous étudierons ensuite respectent les mêmes règles que moi, à savoir juste la première lettre en majuscule pour une structure.
Revenons à notre fonction fopen. Elle renvoie un FILE*. Il est extrêmement important de récupérer ce pointeur, pour pouvoir ensuite lire et écrire dans le fichier.
Nous allons donc créer un pointeur de FILE au début de notre fonction (par exemple la fonction main) :
Code : C | int main(int argc, char *argv[])
{
FILE* fichier = NULL;
return 0;
}
|
Le pointeur est initialisé à NULL dès le début. Je vous rappelle que c'est une règle
fondamentale que d'initialiser ses pointeurs à NULL dès le début si on n'a pas d'autre valeur à leur donner. Si vous ne le faites pas, vous risquez moultes plantages par la suite
Maintenant, nous allons appeler la fonction
fopen et récupérer la valeur qu'elle renvoie dans le pointeur "fichier". Mais avant ça, il faut que je vous explique comment se servir du second paramètre, le paramètre "modeOuverture". En effet, il y a un code à envoyer qui indiquera à l'ordinateur si vous ouvrez le fichier en mode de lecture seule, d'écriture seule, ou des deux à la fois.
Voici les modes d'ouvertures possibles :
- "r" : lecture seule. Vous pourrez lire le contenu du fichier, mais pas écrire dedans. Le fichier doit avoir été créé au préalable.
- "w" : écriture seule. Vous pourrez écrire dans le fichier, mais pas lire son contenu. Si le fichier n'existe pas, il sera créé.
- "a" : mode d'ajout. Vous écrirez dans le fichier, en partant de la fin du fichier. Vous rajouterez donc du texte à la fin du fichier. Si le fichier n'existe pas, il sera créé.
- "r+" : lecture et écriture. Vous pourrez lire et écrire dans le fichier. Le fichier doit avoir été créé au préalable.
- "w+" : lecture et écriture, avec suppression du contenu au préalable. Le fichier est donc d'abord vidé de son contenu, et vous écrivez et lisez ensuite dedans. Si le fichier n'existe pas, il sera créé.
- "a+" : ajout en lecture / écriture à la fin. Vous écrivez et lisez du texte à partir de la fin du fichier. Si le fichier n'existe pas, il sera créé.
Et encore, je n'ai pas tout mis là ! Il y a le double de ça en réalité ! Pour chaque mode qu'on a vu là, si vous rajoutez un "b" après le premier caractère ("rb", "wb", "ab", "rb+", "wb+", "ab+"), alors le fichier est ouvert en mode binaire. C'est un mode un peu particulier que nous ne verrons pas ici. En fait, le mode texte est fait pour stocker... du texte comme le nom l'indique (uniquement des caractères affichables), tandis que le mode binaire permet de stocker... des informations octet par octet (des nombres principalement). C'est sensiblement différent. Vous utiliseriez par exemple le mode binaire pour lire et écrire des fichiers Word octet par octet.
Le fonctionnement est quasiment le même de toute façon que ce que nous allons voir ici.
On a déjà fort à faire avec ces
6 modes d'ouverture à retenir

Personnellement, j'utilise souvent "r" (lecture), "w" (écriture) et "r+" (lecture et écriture). Le mode "w+" est un peu dangereux parce qu'il vide de suite le contenu du fichier, sans demande de confirmation. Il ne doit être utilisé que si vous voulez d'abord réinitialiser le fichier.
Le mode d'ajout ("a") peut être utile dans certains cas, si vous voulez juste rajouter des informations à la fin du fichier.
Si vous avez juste l'intention de lire un fichier, il est conseillé de mettre "r". Certes, le mode "r+" aurait fonctionné lui aussi, mais en mettant "r" vous vous assurez que le fichier ne pourra pas être modifié, ce qui est en quelque sorte une sécurité.
Si vous écrivez une fonction "chargerNiveau" (pour charger le niveau d'un jeu par exemple), le mode "r" suffit. Si vous écrivez une fonction "enregistrerNiveau", le mode "w" sera alors adapté.
Le code suivant ouvre le fichier test.txt en mode "r+" (lecture / écriture) :
Code : C | int main(int argc, char *argv[])
{
FILE* fichier = NULL;
fichier = fopen("test.txt", "r+");
return 0;
}
|
Le pointeur "fichier" devient alors un pointeur sur "test.txt".
Où doit être situé test.txt ?
Il doit être situé dans le même dossier que votre exécutable (.exe).
Pour les besoins de ce chapitre, créez un fichier "test.txt" comme moi dans le même dossier que le .exe :
Comme vous le voyez, je travaille actuellement avec l'IDE Code::Blocks, ce qui explique la présence d'un fichier de projet .cbp (au lieu de .sln si vous avez Visual C++).
Bref, ce qui compte c'est de bien voir que mon programme (tests.exe) est situé dans le même dossier que le fichier dans lequel on va lire et écrire (test.txt).
Le fichier doit-il être de type .txt ?
Non. C'est vous qui choisissez l'extension lorsque vous ouvrez le fichier. Vous pouvez très bien inventer votre propre format de fichier ".niveau" pour enregistrer les niveaux de vos jeux par exemple
Le fichier doit-il être obligatoirement dans le même répertoire que l'exécutable ?
Non plus. Il peut être dans un sous-dossier :
Code : C | fichier = fopen("dossier/test.txt", "r+");
|
Ici, le fichier test.txt est dans un sous-dossier appelé "dossier". Cette méthode, que l'on appelle
chemin relatif est plus pratique. Comme ça, cela fonctionnera peu importe l'endroit où est installé votre programme. C'est donc plus pratique.
Il est aussi possible d'ouvrir un autre fichier n'importe où ailleurs sur le disque dur. Dans ce cas, il faut écrire le chemin complet (ce qu'on appelle le
chemin absolu) :
Code : C | fichier = fopen("C:\\Program Files\\Notepad++\\readme.txt", "r+");
|
Ce code ouvre le fichier readme.txt situé dans "C:\Program Files\Notepad++"
J'ai dû mettre 2 antislash \ comme vous l'avez remarqué. En effet, si j'en avais mis un seul, votre ordinateur aurait cru que vous essayiez d'insérer un symbole spécial comme \n ou \t. Pour mettre un antislash dans une chaîne, il faut donc l'écrire 2 fois. Votre ordinateur comprend alors que c'est bien le symbole \ que vous vouliez utiliser.
Le défaut des chemins absolus, c'est qu'ils ne marchent que sur un OS précis. Ce n'est pas une solution
portable donc.
Si vous aviez été sous Linux, vous auriez dû écrire un chemin à-la-linux, tel que :
Code : C | fichier = fopen("/home/mateo/dossier/readme.txt", "r+");
|
Je vous recommande donc d'utiliser des chemins relatifs plutôt que des chemins absolus. N'utilisez les chemins absolus que si votre programme est fait pour un OS précis et doit modifier un fichier précis quelque part sur votre disque dur.
Tester l'ouverture du fichier
Le pointeur "fichier" devrait contenir l'adresse de la structure de type FILE qui sert de descripteur de fichier. Celui-ci a été chargé en mémoire pour vous par la fonction fopen().
A partir de là, 2 possibilités :
- Soit l'ouverture a réussi, et vous pouvez continuer (c'est-à-dire commencer à lire et écrire dans le fichier).
- Soit l'ouverture a échoué parce que le fichier n'existait pas ou était utilisé par un autre programme. Dans ce cas, vous devez arrêter de travailler sur le fichier.
Juste après l'ouverture du fichier,
il FAUT absolument vérifier si l'ouverture a réussi ou pas. Pour faire ça, c'est très simple : si le pointeur vaut NULL, l'ouverture a échoué. S'il vaut autre chose que NULL, l'ouverture a réussi.
On va donc suivre
systématiquement le schéma suivant :
Code : C 1
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18 | int main(int argc, char *argv[])
{
FILE* fichier = NULL;
fichier = fopen("test.txt", "r+");
if (fichier != NULL)
{
// On peut lire et écrire dans le fichier
}
else
{
// On affiche un message d'erreur si on veut
printf("Impossible d'ouvrir le fichier test.txt");
}
return 0;
}
|
Faites
toujours ça lorsque vous ouvrez un fichier. Si vous ne le faites pas et que le fichier n'existe pas, vous risquez un plantage du programme ensuite.
fclose : fermer le fichier
Si l'ouverture du fichier a réussi, vous pouvez lire et écrire dedans (nous allons voir de suite après comment faire).
Une fois que vous aurez fini de travailler avec le fichier, il faudra le "fermer". On utilise pour cela la fonction fclose qui a pour rôle de libérer la mémoire, c'est-à-dire supprimer votre fichier chargé dans la mémoire vive.
Son prototype est :
Code : C | int fclose(FILE* pointeurSurFichier);
|
Cette fonction prend un paramètre : votre pointeur sur le fichier.
Elle renvoie un int qui indique si elle a réussi à fermer le fichier. Cet int vaut :
- 0 : si la fermeture a marché
- EOF : si la fermeture a échoué. EOF est un define situé dans stdio.h qui correspond à un nombre spécial, utilisé pour dire soit qu'il y a eu une erreur, soit qu'on est arrivé à la fin du fichier. Dans le cas présent cela signifie qu'il y a eu une erreur.
A priori, la fermeture se passe toujours bien donc je n'ai pas l'habitude de tester si le fclose a marché. Vous pouvez le faire néanmoins si vous le voulez.
Pour fermer le fichier, on va donc écrire :
Code : C
Tout simplement
Au final, le schéma que nous allons suivre pour ouvrir et fermer un fichier sera le suivant :
Code : C 1
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17 | int main(int argc, char *argv[])
{
FILE* fichier = NULL;
fichier = fopen("test.txt", "r+");
if (fichier != NULL)
{
// On lit et on écrit dans le fichier
// ...
fclose(fichier); // On ferme le fichier qui a été ouvert
}
return 0;
}
|
Je n'ai pas mis le else ici pour afficher un message d'erreur si l'ouverture a échoué, mais vous pouvez le faire si vous le désirez.
Il faut toujours penser à fermer son fichier une fois que l'on a fini de travailler avec. Cela permet de libérer de la mémoire.
Si vous oubliez de libérer la mémoire, votre programme risque à la fin de prendre énormément de mémoire qu'il n'utilise plus. Sur un petit exemple comme ça ce n'est pas flagrant, mais sur un gros programme, bonjour les dégâts
Oublier de libérer la mémoire, ça arrive. Ca vous arrivera d'ailleurs très certainement. Dans ce cas, vous serez témoins de ce que l'on appelle des
fuites mémoire. Votre programme se mettra alors à utiliser plus de mémoire que nécessaire sans que vous arriviez à comprendre pourquoi. Bien souvent, il s'agit simplement d'un ou deux trucs comme des petits
fclose oubliés. Comme quoi la solution à un problème mystique est parfois toute bête (je dis bien "parfois"

)