Au fait, pourquoi l'appeler
X ?
Eh bien, au début, il s'appelait
W. Car le but était de dessiner des
fenêtres et car
fenêtre se dit
window en Anglais. Mais comme la première version (W) n'était pas très réussie, il a fallu en faire une autre. Et plutôt que de l'appeler W2, on a pris la lettre suivante dans l'alphabet, c'est à dire X.
Vous allez donc utiliser
X. Mais sachez qu'il en existe plusieurs versions :
XFree86,
X.org,
Accelerated X, etc. Contrairement à ce que suggère le nom XFree86, seul
X.org est un logiciel libre. C'est lui qui est disponible sous FreeBSD et que nous installerons. Sachez cependant que d'autres UNIX (AIX, Solaris, etc.) font plutôt appel à
Accelerated X.
Faites votre choix entre port et paquet et tapez l'une de ces deux commandes pour installer X.org. Si votre ordinateur est peu puissant et si vous n'êtes pas patient, optez plutôt pour la première :
Code : Console | [Nom de l'ordinateur]# pkg_add -r xorg
[Nom de l'ordinateur]# cd /usr/ports/x11/xorg/ && make install clean |
L'opérateur
&&, que vous voyez ici, permet de taper deux commandes sur la même ligne. Elles seront exécutées l'une après l'autre.
Et voilà ! A présent, consultez à nouveau la liste des paquets installés avec
pkg_info.
Tout ça ? Mais je n'ai téléchargé que X.org, emacs et Links !
Erreur. Vous avez également importé toutes leurs
dépendances. Impressionnant, n'est-ce pas ? Je vous avais bien dit que ça se remplirait vite. Remarquez que, si vous vous êtes servi des ports,
pkg_info fonctionne quand-même. Imaginons maintenant que vous vouliez supprimer le paquet
xorg, comment feriez-vous ?
Ne le faites pas, hein !
J'ai bien dit : "imaginons".
Secret (cliquez pour afficher)Il faudrait taper pkg_delete, puis le nom exact du paquet, tel qu'indiqué par pkg_info.
Je veux bien mais c'est une sacré liste que pkg_info me renvoie. Autant chercher une aiguille dans une botte foin. On ne peut pas faire plus simple ?
C'est là que
grep va voler à votre secours. Essayez :
Code : Console
Le symbole | se trouve sur la touche 6 et il faut appuyer sur Alt Gr en même temps pour l'écrire. Sur votre clavier, il y a peut-être un trou au milieu de la barre verticale.

Cette fois, la liste est beaucoup moins longue.
Ce symbole
| (on l'appelle le
pipe : le
tuyau) permet de rediriger vers la commande de droite (
grep) le résultat de la commande de gauche (
pkg_info). La liste complète des paquets n'est pas affichée dans la console mais transmise à la commande
grep, qui va faire le tri et retenir uniquement les lignes contenant la suite de caractères
xorg. Ainsi, tous les paquets dont le nom ou la description contiennent
xorg, et seulement eux, vous sont indiqués.
Cela ne fonctionne pas uniquement avec
pkg_info. Pour retrouver combien de grammes de
farine il faut mettre dans un gâteau, plutôt que de lire la totalité d'un fichier texte appelé
recette, vous pouvez taper :
Code : Console | % cat recette | grep farine |
Seules les lignes contenant la chaîne de caractères
farine seront affichées.
Bien. X.org est maintenant installé. Mais où est-il, au juste ? Voyons voir.

C'est un logiciel exécutable que vous avez installé vous-mêmes. Il doit donc logiquement se trouver dans
/usr/local/bin/ ou dans
/usr/local/sbin/. Mais le plus simple est encore de poser la question à FreeBSD. Nous pouvons utiliser les commandes :
- find : trouve n'importe quel fichier. Mais ça peut être aussi long que sous Windows.
- which : explore les dossiers de la variable PATH à la recherche d'exécutables.
- locate : trouve immédiatement les fichiers répertoriés dans sa base de données.
La base de données dans laquelle
locate fait ses recherches est mise à jour une fois par semaine. Pour la mettre à jour tout de suite, tapez :
Code : Console | [Nom de l'ordinateur]# /usr/libexec/locate.updatedb |
Il est déconseillé d'utiliser cette commande pendant que d'autres utilisateurs sont logués car ils pourraient intercepter la base de données. Pour savoir qui est connecté, tapez
who.
Une autre solution consiste à lancer un avis de recherche :
Code : Console | [Nom de l'ordinateur]# whereis Xorg |
La commande whereis, entrevue au chapitre précédent, est capable de vous indiquer en un éclair l'emplacement de certains fichiers, même si vous venez seulement de les installer. Mais cela ne fonctionne que pour : certains fichiers exécutables, les pages de manuel et les ports.
Parmi les deux réponses qui vous sont données cette fois-ci, l'une est visiblement une page de manuel. C'est l'autre qui nous intéresse : le fichier exécutable /usr/local/bin/Xorg.
Exécutons-le, justement, afin de configurer X :
Code : Console | [Nom de l'ordinateur]# /usr/local/bin/Xorg -configure |
Vous pouvez aussi vous rendre dans le dossier /usr/local/bin et taper : ./Xorg -configure. Comme sous n'importe quel OS, . désigne le dossier où vous êtes et .. celui dont il dépend.
Vous exécutez ainsi un script qui va créer un fichier de configuration xorg.conf.new dans le dossier /root. Ce n'est pas un très bon emplacement. FreeBSD trouvera plus facilement ce fichier si vous le copiez dans /etc/X11/. Allez donc dans le dossier /root.
Même si root signifie racine en Anglais, le dossier /root n'est pas la racine (qui s'appelle /) mais le dossier personnel du superutilisateur. Comme vous êtes actuellement root vous-mêmes, il suffit donc de taper cd pour y aller.
Vous y êtes ? Vérifiez avec ls que xorg.conf.new est bien là. Puis tapez :
Code : Console | [Nom de l'ordinateur]# cp xorg.conf.new /etc/X11/xorg.conf |
La commande
cp permet de
co
pier des fichiers d'un dossier dans un autre. Remarquez que la copie n'a pas besoin de porter le même nom que l'original. Ici, l'original est
xorg.conf.new et la copie
xorg.conf.
Parfait ! J'ai une grande nouvelle à vous annoncer.

Dans quelques secondes, vous allez voir vos premiers graphismes sous UNIX.

Saisissez
exit puis :
Code : Console
Après avoir redémarré, il suffira de taper startx pour obtenir le même résultat.
...et retenez votre souffle !
Secret (cliquez pour afficher)
C'est quoi, ces vieilles fenêtres ?

C'est ça, les graphismes sous UNIX ? Et la souris ne fonctionne même pas ! Et le clavier non plus !
Dans les années 80, ils ressemblaient à ça, en effet. Mais, pas de panique !

Ce n'est que le début de notre chantier et il ne faut pas vous attendre à voir l'édifice tout de suite. Le rôle de X, c'est de créer un environnement graphique, pas d'afficher de belles fenêtres et encore moins un bureau complet.
Nous allons arranger ça. La première chose à faire, c'est de revenir en mode texte. Appuyez sur
Alt F1 pour afficher à nouveau la console principale. Tant que X reste actif, vous pouvez y retourner avec
Alt F9. Mais, pour l'instant, nous voulons justement l'arrêter. Donc, faites
Alt F1 puis demandez l'interruption du processus en cours avec
Ctrl c. Vous retrouvez alors votre ligne de commande.