Bon, c'est bien de créer des images mais après il faut bien les enregistrer quelque part ! Nous allons voir ici les formats d'image les plus populaires (on ne verra ici que les formats d'image matricielles car, comme je l'ai dit, Photoshop n'exporte pas d'images au format vectoriel

).
Comment ça se fait qu'il y a plusieurs formats ? Il suffit d'enregistrer une grille de couleurs, il n'y a pas 36 manières de faire !
Eh bien si, en fait.
Si il fallait stocker cette fameuse grille telle quelle, ça prendrait pas mal de place sur le disque dur. En local ça peut encore aller mais sur le net, où la connexion est un facteur limitant, c'est plutôt inacceptable. En tout cas, moi j'aimerais pas devoir attendre 3 minutes pour l'affichage d'une image...
On a donc inventé un formidable concept : la
compression. La compression permet de réduire le poids des images en fonction de leur contenu. Il y a deux types de compressions :
- les compressions sans pertes peuvent compresser la taille de l'image de manière limitée mais ça se fait sans pertes d'informations.
- les compressions avec pertes compressent l'image en réduisant la taille à mort, mais cela engendre une perte de données.
Quand je dis perte de données, ça veut dire qu'on n'est pas fichu de retrouver le fichier d'origine à partir du fichier compressé. Des informations ont été perdues lors de la compression et le retour en arrière est impossible. Quand l'ordinateur décompresse pour pouvoir vous montrer l'image, il vous enverra donc des couleurs de pixel approximatives qui sont proches des couleurs d'origine, mais pas exactement les mêmes ! Les compressions sans pertes sont quant à elles parfaitement réversibles.
Pourquoi utiliser la compression avec pertes si ça désintègre les pixels ? Parce que les pertes ne se voient pas tant que ça (pour peu que vous ne compressiez pas comme un bourrin

) et c'est un excellent compromis qualité/poids pour exposer des images sur le web !
Bien évidemment, on n'est pas parvenu à trouver un format d'image qui pèse une plume et qui conserve entièrement la qualité. Et c'est là tout le truc : chaque type de fichier d'image a son propre algorithme de compression. Ajoutez à cela le fait qu'on veuille parfois aussi pouvoir enregistrer des
animations et de la transparence et vous vous tapez toute une panoplie d'extensions de fichiers dans lesquels vous pouvez enregistrer votre image.
Il y en a beaucoup, hein ?
Ca peut faire peur, mais vous n'en utiliserez que 2-3 à tout casser la plupart du temps. Je vais donc seulement passer les formats principaux en revue, d'autant que la plupart ne sont utilisés que dans des cas bien spécifiques. D'ailleurs, pour ne rien vous cacher, je ne les connais pas tous moi-même. Vous avez déjà entendu parler du Dicom, vous ? Moi pas, et je viens d'aller voir sur Wikipedia ; il s'agit d'un format d'image utilisé exclusivement en médecine. Décidément, on en apprend tous les jours !
Les formats utilisant la compression avec pertes
Le format JPEG (extension : *.jpg)
Bon, celui-là, j'espère que vous en avez déjà au moins entendu parler.
Il s'agit du format d'image le plus couramment utilisé, et pour cause : il possède le meilleur rapport qualité/poids pour les photos. Donc si vous devez envoyer une photo sur le Web, prenez le JPEG par défaut, c'est le meilleur choix.
Bien sûr, il n'y a pas de miracles : la raison pour laquelle les fichiers JPEG prennent si peu d'espace sur le disque est qu'ils utilisent un algorithme de compression des données assez puissant. Et qui dit compression avec pertes dit... pertes !
Fort heureusement, dans Photoshop, il est possible de définir un facteur de qualité (nombre entier entre 0 et 12) qui contrôle l'intensité de la dégradation. Si la qualité vaut 0, la compression est énorme (le fichier prend très peu de place), mais la conservation des données est vraiment médiocre. Si en revanche, vous demandez la qualité 12 (le nec-le-plus-ultra-oui-monsieur-le-président !), les effets de dégradation seront pratiquement nuls (ou très faibles).
Pour que vous vous rendiez un peu compte de la perte des informations, je vous montre ci-dessous le résultat de l'enregistrement du smiley

à différentes qualités JPEG :
Zoom à 700%. On remarque qu'en qualité 12, l'image est impeccablement bien représentée.
Par contre, en qualité 0, c'est catastrophique au possible !
Conclusion : N'utilisez le JPEG que lorsque vous exportez une création aboutie, qui n'est plus destinée au changement. Parce que si vous comptez retravailler sur quelque chose qui a déjà été enregistré plusieurs fois en .jpg, vous appliquerez des algorithmes de compression les uns par-dessus les autres lors des nouveaux enregistrements et à force, ça risque de devenir vraiment moche !
La dégradation de la qualité est plus facilement perceptible sur les images contenant peu de couleurs, comme le smiley ci-dessus ou des graphiques. C'est pour ça que le format JPEG est principalement utilisé pour les photographies car la qualité se détériore beaucoup moins sur ce genre d'images.
Mais attention, hein ! Ca ne veut pas dire que vous ne devez jamais enregistrer en JPEG autre chose que des photos ! Je dis juste que pour ces images-là, il faudra sans doute exiger une qualité supérieure lors de l'enregistrement si on veut leur laisser un bon aspect.
Bref : Le JPEG, c'est très bien. Pour des besoins de qualité, vous choisirez une qualité supérieure à 10. Pour une simple capture d'écran, même la qualité 0 peut convenir. Tout est une question de nécessité.
Les formats sans compression ou utilisant la compression sans pertes
Avouez que c'est quand-même formidable : on est parvenu à écrire moins dans un fichier tout en gardant la même quantité d'informations sur l'image ! Les formats qui compressent sans pertes sont utilisés pour des besoins de qualité impeccable.
Le format Windows Bitmap (extension : *.bmp)
Il s'agit d'un format d'image développé par Microsoft, et c'est plutôt un franc gaillard, car il ne compresse pas d'un poil ! C'est que du brut. Qualité d'image assurée, mais ça pèse lourd : une image 1280x800 a un poids d'environ 3 Mo. Ca fait assez mal, n'utilisez jamais le format Bitmap sur le net. Je vous le montre pour que vous sachiez que ça existe, c'est tout.
Par contre, il s'agit d'un format assez universel et est reconnu sur à peu près toutes les plateformes. Il peut donc très bien être utilisé en interne.
Le format GIF (Graphics Interchange Format. Extension : *.gif)
Le format GIF a trois caractéristiques principales :
- Il fonctionne par couleurs indexées, ce qui veut dire qu'il ne peut y avoir que 256 couleurs différentes maximum dans une image GIF.
- Il supporte la transparence, mais totale seulement.
- Il peut contenir des animations.
Le système des couleurs indexées fonctionne avec une palette embarquée dans le fichier. C'est cette palette qui indique quelles sont les 256 couleurs sélectionnées. Si on a plus de 256 couleurs avant d'enregistrer ? On ramène l'image à 256 couleurs en remplaçant les couleurs en trop par leur couleur la plus proche de la palette. Exemple sur un dégradé :
A gauche l'image au format JPG, à droite l'image au format GIF.
L'enregistrement au format GIF a réduit le nombre de couleurs de l'image à 256.
256 couleurs au lieu de 16,5 millions ? A quoi ça peut bien servir d'avoir un format aussi pourri ?
Mais pour les deux autres raisons, voyons ! Le format GIF supporte également la fameuse transparence dont j'ai parlé, mais totale uniquement. Ca veut dire que si on a créé une image avec de la transparence partielle dans Photoshop et qu'on l'enregistre au format GIF, tous les pixels concernés deviendront 100% opaque lors de l'enregistrement.
Mais le principal atout du format GIF réside dans le fait qu'il peut enregistrer des animations ! Par exemple, ce smiley-ci

est un GIF de pure souche !
La question de l'apprenti graphiste attentif :
Dans le mode RVB, il n'y a que
256 couleurs possibles pour les images en noir et blanc. On pourrait utiliser le format GIF pour enregistrer des photos en noir et blanc puisqu'on a assez de place pour stocker toutes ces couleurs ?
Hélas, non.
En tout cas, ce n'est pas avantageux. Il est vrai que la qualité reste impec' pour des photos en noir et blanc, mais le JPEG est meilleur à propos du poids des images car son algorithme de compression est bien plus efficace que celui du GIF pour les photos). L'algorithme de compression du GIF sert plus pour les images simples, tels des graphiques ou des simleys.
Donc laissez ce triste sire qu'est le format GIF aux animations, il n'a pas beaucoup d'intérêt dans les autres cas.
Le format PNG (Portable Network Graphics. Extension : *.png)
Un tout bon format pour le web, sans doute le deuxième plus utilisé sur la toile. Pour l'anecdote, j'uploade toujours mes avatars ou mes icônes sur le SDZ au format PNG. Parce que si je le fait en JPEG, je ne sais pas pourquoi, mais il semble repasser par un processus d'enregistrement où le taux de compression est assez élevé (qualité clairement inférieure à 7, si vous voulez mon avis). Et ça se voit. En uploadant en PNG, la qualité n'est pas dégradable car elle est sans pertes et je conserve donc la même qualité que l'image qui est sur mon ordinateur.
En plus de compresser sans pertes, le PNG peut supporter n'importe quel type de transparence, totale ou partielle ! Vous pouvez donc jeter le GIF à la poubelle, il a trouvé plus fort que lui à ce niveau-là. Par contre, le PNG ne peut pas contenir d'animations.
Quatre images jpg illustrant le concept de la transparence.
La fumée de l'allumette est transparente et laisse entrevoir le fond de l'image sur laquelle elle est placée.
Photo : © AMagill
Le format PNG est excellent pour représenter les images simples (smileys, graphiques,...), ce qui en fait le complément naturel du JPEG qui a un peu plus de mal à les compresser. Par contre, le PNG est à éviter pour les photos (que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir !).
Cela dit, faut pas faire le puriste non plus, hein ! Pour l'image de l'allumette ci-dessus (qui est une photo), n'hésitez pas à utiliser le PNG pour conserver la transparence, tant pis si ça prend quelques kilo-octets en plus !
Ce qu'il faut retenir de tout ça
Tout ce qu'il faut retenir est dans le tableau :
| Nom et extension | Support transparence | Support animations | Compression | Utilisation |
|---|
JPEG (.jpg) |
non |
non |
Avec pertes mais on peut sélectionner l'intensité de la dégradation. |
Premier choix pour le web. Idéal pour les photos |
PNG (.png) |
oui |
non |
Sans pertes. |
Très bon compromis pour le web. Support de la transparence parfait. A utiliser pour les images avec transparences et/ou ne contenant pas trop de couleurs. |
GIF (.gif) |
oui, mais totale seulement |
oui |
Sans pertes mais couleurs indexées (réduction à 256 couleurs au lieu de 16,5 millions). |
N°3 sur la toile. Utilisé pour les images disposant de peu de couleurs et les animations. |