On va commencer par quelque chose de simple : comment définir une clé pour un fragment de musique (ce qui est quand même important).
Pour insérer une clé dans un morceau, on utilise la commande
\clef avec comme paramètre le nom de la clé correspondante.
Voici les différentes clés prises en charge :
- treble : clé de sol ;
- alto : clé d'ut 3 ;
- tenor : clé d'ut 4 ;
- bass : clé de fa ;
- french : clé de sol 1ère ligne ;
- soprano : clé d'ut 1ère ligne ;
- mezzosoprano : clé d'ut 2e ligne ;
- baritone : clé d'ut 5e ligne ;
- varbaritone : clé de fa 3e ligne ;
- subbass : clé de fa 5e ligne.
Il est très peu probable que vous ayez recours à toutes ces clés, mais si jamais il vous prend la folle envie d'écrire un morceau en clé de fa 5
e ligne, vous saurez comment faire

.
Plus sérieusement, en règle générale, vous n'aurez besoin que de la clé de sol (
treble), la clé de fa (
bass) et occasionnellement les clés d'ut 3 et 4 (
alto et
tenor).
Sachez qu'il est également possible d'utiliser des clés transposant à l'octave supérieure ou inférieure.
Pour cela, vous devez ajouter
^8 ou
_8 devant le nom de la clé.
Si vous faites cela, il est nécessaire de mettre le nom de la clé entre guillemets, comme ceci :
Code : Autre
Vous pouvez bien entendu ajouter autant de changements de clé que vous le voulez

.
Je vous propose de faire un petit exercice pratique histoire de mettre tout ça en application.
Petit exercice pratique
Je veux entrer la mélodie suivante :
Voici ce que donnerait la partition :
Code : Autre
Pas très dur...
Maintenant, ouvrez grand vos yeux et vos oreilles car nous allons aborder le principe le plus important de l'écriture musicale avec Lilypond : la notation relative.
Et... c'est quoi

?
La théorie
Voilà le principe.
On choisit une note de référence, par exemple le Do grave en clé de Sol, qui s'écrirait donc
c' dans la notation que l'on a vue jusqu'ici, appelée notation
absolue (par opposition à la notation relative).
Après ça, on va écrire toutes les notes qui suivent relativement les unes par rapport aux autres. Je m'explique.
Si l'on écrit la note qui suit
sans changement d'octave (sans ' ou ,), alors le logiciel entrera la note demandée
de sorte que l'intervalle visuel (c'est-à-dire ne tenant pas compte des altérations) entre la note d'origine et la note entrée soit plus petit ou égal à une quarte.
Visuellement, voilà ce que ça donne :
Cela revient à dire que, avec une note de départ appelée
A :
- si je veux la note B la plus proche de A, je devrai l'écrire B ;
- si je veux la note B qui est à plus d'une quarte en dessous de A, je devrai l'écrire B, ;
- si je veux la note B qui est à plus d'une quarte au-dessus de A, je devrai l'écrire B'.
Un exemple pour s'entraîner
Je commence avec un
Do grave en clé de Sol (
c' en notation absolue).
Je veux maintenant rajouter un
Si grave juste après mon
Do grave. Mais il y a plusieurs
Si possibles (entre autres) :
- le Si juste en dessous ;
- le Si sur la troisième ligne.
Lequel de ces deux
Si est le plus proche de mon
Do du départ ?
Celui situé juste en dessous, bien sûr, et c'est celui que je veux !
Donc je l'écrirai
b tout simplement.
Si j'avais voulu mettre le
Si situé à plus d'une quarte au-dessus, j'aurais écrit
b'.
Et après,
on refait le même raisonnement pour chaque note, par rapport à la note qui la précède.
Donc, si je voulais mettre un
Mi aigu après mon
Si grave, je devrais écrire
e'.
Et si après ce
Mi aigu, je voulais mettre un
Ré grave ?
Eh bien j'écrirais
d, .
Voilà ce que ça donnerait :
La commande
Maintenant, voici la commande utilisée pour la notation relative :
Code : Autre1
2
3
4
| \relative note_de_reference
{
% expression musicale en notation relative
} |
À la place de
note_de_reference, on met la note qui va nous servir de départ (
c' dans notre exemple) et ensuite, on met l'expression musicale qu'on veut, entre accolades bien entendu, comme toute expression musicale qui se respecte

.
À ce propos, bien évidemment, la commande
\relative doit être
suivie d'une expression musicale (enfin, pas de nécessairement, ou du moins pas directement ; on en reparlera au cours de la partie sur la notation en parallèle).
On regarde notre exemple encore une fois :
Et voilà donc le code correspondant :
Code : Autre
... Pfiou, quand même, tout ça pour quatre pauvres notes, c'est pas exagéré ?
Désolé de vous dire ça encore une fois mais... non

. Bien sûr, la première fois, ça paraît complètement fou de se triturer l'esprit pour écrire une ligne mélodique de dix notes, mais à force on s'y habitue (comme toujours !).