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Le rythme


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Auteur : FFMx
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Jusqu'à présent, on a vu l'ossature d'une partition sous Lilypond, comment placer des notes et comment définir leur hauteur.

Seulement, on n'en a pas encore fini... :-°

Ben oui ! On ne sait pas encore délimiter des mesures, indiquer des reprises ni même indiquer la signature du temps...
Il nous faut pallier ce manque en vitesse :D !

Donc dans l'ordre, nous verrons comment indiquer la signature du temps, puis comment délimiter mesures et reprises et enfin, on verra un petit point de rythme que je n'avais pas abordé jusqu'ici.

Quand vous êtes prêts... ;)
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La signature du temps

La minute de solfège




La signature du temps, je vous le rappelle, ce sont les deux chiffres que l'on trouve en début de morceau.

Elle peut être binaire :
  • le chiffre du haut correspond au nombre de temps par mesure ;
  • le chiffre du bas correspond à la valeur d'un temps (en divisions de la ronde).


... ou elle peut être ternaire :
  • le chiffre du haut correspond à 3 fois le nombre de temps par mesure ;
  • le chiffre du bas correspond à 1/3 du temps (toujours en divisions de la ronde).


Eh, mais t'avais dit que tu nous ferais pas un cours de solfège. C'est pas ce que t'es en train de faire, là ?


Si, vous m'avez eu :D .
En fait, je préfère mettre cette notion au clair parce qu'elle va nous être utile et tout le monde ne la connaît pas forcément : on l'explique rarement comme ça au conservatoire alors que c'est la définition la plus rigoureuse ;) .

Bon, maintenant que ce point-là est réglé, on va pouvoir voir comment définir la signature du temps avec notre cher Lilypond !

Du côté de Lilypond




La commande de base pour définir la signature du temps est \time chiffre1/chiffre2chiffre1 et chiffre2 sont les deux chiffres de la signature.

Par exemple, si je veux une mesure décomposée en 4 noires (donc du 4 / 4), j'écrirai tout simplement :
Code : Autre
1
2
3
4
{ 
     \time 4/4  
     % suite de l'expression musicale... 
}


Si vous créez le fichier contenant le bout de code que je vous ai donné, vous remarquerez qu'au lieu d'utiliser une fraction pour représenter la signature, Lilypond utilise le symbole C, issu de la métrique ancienne. Le logiciel aura également le même comportement pour une mesure à 2 / 2. Ce n'est pas très gênant car c'est une notation très courante, mais nous verrons dans la deuxième partie de ce tutoriel comment y remédier. Patience ;) .


L'avantage de cette commande est que vous avez une totale liberté quant à la composition rythmique de vos mesures.
D'une part, vous pouvez changer de signature quand l'envie vous prend (il vous suffit alors d'insérer un nouveau \time à l'endroit voulu) et d'autre part, vous pouvez utiliser des signatures complexes comme le 7 / 8.

N.B. : vous pouvez même laisser libre cours à votre folie créativité artistique en faisant des mesures hors-normes... pourquoi pas du 22 / 8 ? :D

Image utilisateur


Vous voyez qu'on peut déjà bien s'amuser avec cette commande ^^ .

Mais comment on fait pour indiquer si une mesure est binaire ou ternaire ?


À vrai dire... c'est inutile :p . Le binaire et le ternaire sont juste des "états d'esprit", mais dans une mesure à 6/8, que je sois en binaire ou en ternaire, il y aura toujours six croches :) .

Oh, et une dernière chose...

L'anacrouse



L'anacrouse (mesure incomplète au début du morceau) s'insère avec la commande suivante : \partial durée_anacrousedurée_anacrouse représente le nombre de temps composant l'anacrouse.

Pour indiquer ce nombre de temps, on écrira : valeur_de_temps * nombre_de_temps où valeur_de_temps correspond à la représentation du temps en divisions de la ronde.

Par exemple, si je veux ajouter une anacrouse de 3 double-croches au début de mon morceau, j'écrirai :
Code : Autre
1
{ \partial 16*3 }


Ce qui donne, en l'intégrant dans un fichier exemple plus complet :
Code : Autre
1
2
3
4
5
{ 
        \time 4/4        
        \partial 16*3 c16 d e
        c4 d e f
}


La mesure d'anacrouse doit obligatoirement se placer au début du morceau. Il vous est donc interdit d'utiliser la commande \partial autre part dans votre pièce, faute de quoi Lilypond vous renverra une erreur.


Maintenant, nous allons nous intéresser aux barres de mesure, si vous le voulez bien ;) .

Les barres de mesure

Les barres de mesure servent à délimiter les mesures dans un morceau ou à indiquer des reprises.

Commençons par les barres de délimitation des mesures.

La délimitation des mesures




Les mesures classiques



Les mesures "classiques" sont les mesures présentes tout au long du morceau, délimitées par le simple symbole |.

Il y a deux façons de représenter ces mesures sous Lilypond :

  1. recommandé : retourner à la ligne après la notation de chaque mesure ;
  2. déconseillé : écrire tout à la suite en séparant les mesures par des "|" ;
  3. over-déconseillé : écrire tout à la suite sans délimitation.

Je vous recommande fortement d'adopter la première méthode, car autrement vos partitions seraient... comment dire... illisibles :D .

Sachez que dans tous les cas, c'est Lilypond qui s'occupe de placer correctement les barres de mesure en fonction des rythmes indiqués : ça n'a donc à la rigueur que peu d'importance, mais si vous n'utilisez pas la première méthode, je vous assure que vous aurez beaucoup de mal à vous relire !

Les mesures finales



Les mesures finales sont représentées par deux barres où la deuxième est plus épaisse que la première.
Pour insérer une barre de mesure de la sorte, il faut utiliser la commande \bar "type_de_barre".

Le type de barre que l'on veut en l'occurrence se représente comme ceci : "|.".

On écrira donc, après la dernière mesure de notre morceau :
Code : Autre
1
\bar "|."


N.B. : il existe aussi une autre barre représentant une fin de cadence, mais non la fin du morceau (on en trouve par exemple dans la musique de John Dowland, compositeur baroque pour le luth). Elle est constituée de deux barres de même épaisseur, et s'écrit "||" sous Lilypond.

Maintenant, nous allons nous intéresser aux reprises. C'est un peu plus complexe car on a plusieurs possibilités. Vous allez voir... ;)

Les reprises




Première méthode



La technique la plus simple pour indiquer des reprises consiste simplement à insérer des barres de reprise comme sur les partitions, toujours avec la commande \bar.

Les deux dont vous aurez besoin sont les suivantes :

Image utilisateur Image utilisateur
\bar "|:" \bar ":|"


Cependant, il existe sous Lilypond une autre syntaxe permettant d'indiquer les reprises.

Deuxième méthode



Il existe une autre commande qui permet de délimiter des passages à répéter. Voici sa syntaxe :
\repeat type_de_reprise nb_de_reprises { expression_à_répéter }
Le paramètre type_de_reprise sera toujours le même pour nous : volta. Ce type de reprise indique que l'expression à répéter sera encadrée de double-barres de reprise.
Ainsi, si je veux répéter ce fragment : c d e f> deux fois, j'écrirai :
Code : Autre
1
\repeat volta 2 {c d e f}


Ok, mais quel est l'intérêt d'utiliser cette méthode plutôt que la première ?


Bonne question ! En fait, cette commande va devenir intéressante lorsque l'on voudra utiliser une fin alternative pour le fragment à répéter, comme ceci :

Image utilisateur


Pour appliquer des fins alternatives, il faut ajouter après le bloc \repeat la commande \alternative.
Sa syntaxe est :
\alternative {{fragment1} {fragment2} {fragment3} ...}

Les blocs fragment1, fragment2, etc. correspondent aux expressions musicales que l'on veut utiliser alternativement comme fins.

Par exemple, pour l'image précédente, on écrirait ceci :
Code : Autre
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
\relative c''
{
        \time 2/4
        
        \repeat volta 2 {c d}
        \alternative
        {
                { b2 | c }
                { c4 d | e2 }
        }
}


Vous remarquerez que j'ai utilisé le symbole "|" pour délimiter les mesures ici. C'est à mon sens un bon exemple de son utilisation, car ces fragments alternatifs sont généralement très courts : il serait donc dommage d'aller à la ligne pour changer de mesure seulement une fois ou deux.

Les nolets

Nous allons finir ce chapitre assez lourd avec une notion assez simple dont je n'ai pas vraiment eu l'occasion de vous parler : les nolets.

La théorie




Les nolets sont des groupes de notes dont la valeur de chaque note est multipliée par une fraction déterminée.
Présenté de cette façon, ça ne vous parle peut-être pas beaucoup, mais si je vous dis que le célébrissime triolet n'est autre qu'un nolet dont chaque membre est multiplié par la fraction 2/3, tout devrait devenir clair et limpide pour tout le monde (normalement :p ) !

Je m'explique.
Dans un triolet, on veut faire entrer trois croches dans la durée de deux.
Cela signifie donc que la durée de chaque croche va être multipliée par 2/3.

Si vous n'êtes pas à l'aise avec cette logique mathématique, retenez simplement la phrase : "On divise le nombre de notes dans lequel doit entrer le nolet par le nombre de notes contenues dans le nolet."

Par conséquent, dans un quintolet (5 double-croches dans la durée de 4), on multiplie chaque note par la fraction 4/5.

Passons maintenant à la commande correspondante :) .

La commande Lilypond




Sous Lilypond, on écrit les nolets comme ceci :
\times fraction { expression }
fraction correspond à la fraction par laquelle doit être multipliée chaque note du nolet et { expression } correspond au nolet.

Si je veux entrer le quintolet de tout à l'heure, j'écrirai donc :
Code : Autre
1
\times 5/4 { ... }


Rien de bien compliqué ^^ .

Une petite remarque intéressante : vous pouvez imbriquer des nolets (puisque l'on peut imbriquer des expressions musicales). Bon, ce n'est pas le genre de chose qui sert tous les jours, mais c'est toujours utile de savoir que ça existe :p .

Par exemple, si je suis en 2/4 et que je veux faire entrer dans une seule mesure 2 noires + 3 croches (c'est tordu, je sais ^^ ), je devrais écrire :

Code : Autre
1
\times 2/3 {c4 d \times 2/3 {c8 d c}}


Et voilà le rendu (en complétant le code précédent) :

Image utilisateur


Vous avez sûrement remarqué que les "3" des triolets se chevauchent. C'est une limitation de Lilypond : il ne gère pas les collisions entre certains objets. Cependant, il y a moyen de corriger cela, rassurez-vous, mais nous n'en reparlerons que bien plus tard... Patience... ^^

Q.C.M.

Quelle commande dois-je utiliser pour obtenir une signature de temps à 13 noires par mesure ?
Quel symbole utilise-t-on pour indiquer une barre de fin de morceau ?
Quelle syntaxe dois-je utiliser pour rentrer vingt-deux croches dans une mesure à 6/4 ?

Ne riez pas, c'est exactement ce que fait Chopin au début de sa troisième nocturne de l'opus 9 :p .

Statistiques de réponses au QCM


Mine de rien, on a vu pas mal de choses !
Ce n'était pas toujours très compliqué, mais il faut retenir beaucoup de nouvelles commandes ainsi que les syntaxes qui leur sont associées.

En contrepartie, vous commencez à en savoir un peu plus : vous pouvez déjà sentir le potentiel de Lilypond, et même aborder un peu ses limites :) .

Le prochain chapitre sera pour vous l'occasion de vous reposer un peu avec des notions plus connues du commun des mortels, c'est-à-dire les tonalités et les altérations ;) .
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Créé : Le 01/06/2007 à 23:30:25
Modifié : Le 03/11/2008 à 17:10:56
Avancement : 0%
Licence : Copie non autorisée

L'orthographe, la grammaire et la présentation de ce tutoriel ont été vérifiées par les zCorrecteurs.
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