Il est enfin temps de s'intéresser au fameux pinceau ! Et le vrai, cette fois-ci. Si je dis ça, c'est parce que j'utilisais souvent ce même terme pour désigner d'autres outils comme l'éponge par exemple dans le sens où ils fonctionnaient tous les deux de la même manière, leur utilisation était semblable. Seuls leurs modes d'action différaient.
Pour sélectionner le pinceau, vous pouvez utiliser la touche
B de votre clavier.
Et justement, on va maintenant pouvoir s'intéresser au mode d'action du vrai pinceau, celui qui va nous permettre, entre autres, de dessiner des formes diverses et variées comme on pouvait déjà le faire avec le crayon.
Bah, justement, si on peut faire la même chose avec le pinceau et le crayon, quelle est la différence ?
C'est une bonne question à laquelle il vous faut connaitre la réponse. Je vous ai présenté le mode d'action du crayon à travers le Pixel-Art. Cela consistait donc à dessiner pixel par pixel. Pourquoi pixel par pixel ? Parce que c'est ce que permet le crayon. Utiliser le crayon, c'est remplir un pixel ou des pixels d'une couleur à 100%. Cela se constate au premier abord : quand on zoome sur notre ZDT et qu'on clique avec notre crayon paramétré à 1px de diamètre, le pixel est complètement rempli de la couleur de premier plan (ici le noir) :
Bah, ça, c'est logique non ?
Avec le crayon, ça l'est. Avec le pinceau, c'est autre chose. Et pour preuve : en zoomant sur la ZDT et en reprenant le même exemple (on clique avec 1px d'épaisseur, toujours avec du noir), vous ne remplirez non pas 1 seul pixel mais plusieurs, tous d'intensités de couleur différentes en fonction de là où vous aurez cliqué :
Ici, on a 4 pixels de remplis, et en plus ils sont gris. Pourtant, j'ai bien utilisé du noir, et j'ai bel et bien cliqué une seule fois, et sur un seul pixel. Si vous voulez, le pinceau est moins net, il a tendance à s'étaler un peu pour donner un effet moins pixelisé. Par exemple, avec le pinceau, il est techniquement impossible de faire du Pixel-Art, ou alors très, très, très difficilement (et ce ne serait plus du Pixel-Art d'ailleurs).
Cela se remarque sur une image en gros plan (comme celles ci-dessus) mais aussi sur plan large, regardez.
Sur deux dessins de forme identique et dessinés avec un même diamètre (mais le premier au pinceau, l'autre au crayon), on obtient deux résultats parfaitement différents. Le dessin au pinceau est moins net, comme je vous l'avais annoncé, que celui au crayon. Ce que je ne vous ai toutefois pas dit, c'est qu'il est possible d'utiliser le pinceau sans pour autant que le rendu soit aussi flou que le dessin précédent. En fait, le principe est simple, tout se passe avec la
dureté, que vous trouverez en cliquant droit à l'intérieur de la zone de travail (la fameuse petite fenêtre des options de l'outil).
Par défaut, la dureté du pinceau est à
0%. On peut traduire ça par "le pinceau est mouillé". Et quand un pinceau est mouillé (enfin son poil), la peinture a tendance à être légèrement floue, à l'image du dessin ci-dessus. En modifiant le % de dureté du pinceau, et en l'occurrence en la mettant à
100%, le pinceau apparaitra comme sec et donc, la peinture y sera moins floue, le résultat sera d'ailleurs proche de celui du crayon :
Même si ces deux résultats sont très proches, on remarque quand même une petite différence. Et c'est normal : le dessin du pinceau ne présente pas cet effet crénelé que l'on retrouve sur celui du crayon...
Les brosses
En réalité, sur Photoshop, on appelle le bout du pinceau (le poil) une
brosse, bien que le terme le plus couramment utilisé soit celui de nos amis anglophones, on parlera alors de
brush. On dispose d'un nombre incommensurable de brosses, ce sont celles que nous fournit Photoshop à l'achat ou au téléchargement. La brosse par défaut est celle que nous utilisons depuis le début. Mais vous en trouverez une partie ici-même :
Pour toutes les autres, il vous faudra cliquer sur la petite flèche en haut à droite et sélectionner la catégorie qui vous intéresse.
Pour l'exemple, j'ai ouvert la catégorie "Effets spéciaux" et ai choisi l'une des brosses pour en arriver ici :
Un autre petit essai avec l'une des formes "DP"... ?
Ce n'est pas forcément très beau, mais ça reste quand même très efficace pour le peu de boulot que cela nous demande. Et c'est justement un "problème", les brosses sont souvent critiquées pour cela. J'aimerais donc en profiter pour vous sensibiliser et vous faire comprendre que l'utilisation de brosses, c'est bien, mais à petite dose.
Ce qui est vraiment super, c'est qu'il existe un très grand nombre de brosses disponibles sur la toile. Une petite recherche sur
Google vous permettra de trouver votre bonheur. Croyez-moi, ce n'est pas ce qu'il manque. Voici un petit échantillon de ce que j'ai pu télécharger personnellement. Vous allez voir qu'on peut "faire" des trucs sympa sans trop se fouler :
Le pinceau, pour quoi faire ?
Vous le savez, on utilise le crayon pour faire du Pixel-Art. Mais avez-vous une idée des domaines pour lesquels on utilise le pinceau ?
Digital painting
On a recours au pinceau pour différents types d'utilisation, et je peux par exemple vous parler du très connu "digital painting", peinture numérique en français, qui consiste tout simplement à... peindre.

Un peu comme le Pixel-Art, je ne pourrai pas vous initier au digital painting car ce serait trop long et ce n'est pas l'objet de ce cours. En fait, vous savez comment fonctionne le pinceau et c'est là l'essentiel. Du coup, je vous laisse vous documenter si cette technique de création vous intéresse, en attendant je vous laisse baver devant ces œuvres. Avant d'en arriver là, il va falloir travailler !

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Vitaly Samarin Alexius ©
A titre d'information, toutes ces images ont été réalisées avec des tablettes graphiques, ce qui s'avère quand même bien plus pratique. Une
tablette graphique, c'est une planche électronique sur laquelle on fait mine de dessiner pour que nos faits et gestes soient retranscrits sur notre ordinateur, cela nous permet donc de dessiner sans utiliser notre souris d'ordinateur.
Toujours est-il que c'est du travail exceptionnel et qu'il faut vraiment travailler dur pour réussir de telles images. Mais ne vous découragez pas.
Retouche photographique
On peut utiliser le pinceau pour dessiner sur une photo et la modifier voire la retoucher. Le plus souvent, le pinceau va servir à coloriser certaines parties d'une image, comme par exemple les yeux. Il existe un tas de techniques pour colorier des yeux, mais le pinceau peut se révéler plus pratique dans la mesure où l'on a une totale maitrise sur lui. On clique, et on colorie les parties qui nous intéressent.
D'ailleurs, un outil a été inventé dans les dernières versions de Photoshop, il s'agit de l'outil
Remplacement de couleur, un cousin de notre bon vieux pinceau. Celui-ci a été étudié spécifiquement pour remplacer la couleur déjà présente au sein d'une image. Ses options nous permettent de l'adapter aux différents types d'images auxquelles on peut être confrontées. Je vous laisse le soin de l'essayer.
Masques de fusion
Le pinceau est réellement polyvalent. S'il sert à dessiner et à retoucher une image, on profite souvent de cet outil en complément de ce que l'on appelle les "masques de fusion".
Ah bah oui, ça on connait, les modes de fusion. Mais quel rapport avec le pinceau... ?
Attention, j'ai bien dit les
masques de fusion et non les
modes de fusion. Ce sont deux notions parfaitement différentes et il vaudrait mieux ne pas faire de confusion, c'est pour vous que je dis ça.
Inutile de vous rappeler ce qu'est un mode de fusion, vous le savez aussi bien que moi maintenant. Ce que vous ne connaissez pas en revanche, ce sont les masques. Et bien figurez-vous qu'avec eux, on va non pas créer, non pas retoucher, mais nous allons sélectionner !

Eh oui, encore un outil de sélection qui vient s'ajouter à notre longue liste d'outils de sélection déjà étudiés. Mais, évidemment, les masques de fusion proposent de sélectionner une image différemment, sans quoi ils n'existeraient pas.
Pour utiliser un masque de fusion, il faut déjà en créer un. Prenons un exemple, nous travaillerons sur cette image :
N'hésitez pas à travailler avec moi !
Télécharger l'image
Deux_filles.png
Pour télécharger l'image, cliquez droit puis "Enregistrer sous"
Pour créer un masque de fusion, ce n'est pas bien compliqué, il faut se rendre en bas de la fenêtre de calques et cliquer sur cette image :

. Elle représente les masques sur Photoshop. Si l'icône n'est pas opérationnelle (vous ne pouvez donc pas cliquer dessus), deux raisons sont plausibles :
- Votre calque n'est pas sélectionné dans la fenêtre de calque. Du coup, le masque de fusion ne sait pas où se ranger.
- Votre calque est un calque de type "Arrière-plan". Du coup, il faut lui retirer ce statut pour pouvoir lui ajouer un masque de fusion. Pour cela, on double-clique sur l'image du calque (puis sur OK quand la nouvelle petite fenêtre apparait) ou on clique droit sur le calque puis, dans la liste, on choisit Calque d'après l'arrière-plan....
Une fois que votre calque est ouvert à la modification et que vous avez cliqué sur le bouton représentatif des masques de fusion, un nouvel élément devrait apparaitre dans votre fenêtre de calques :
Ce nouveau carré de couleur blanche, c'est ce qui caractérise la présence d'un masque de fusion.
Mais c'est quoi, en fait, un masque de fusion ? Ça sert à sélectionner, d'accord, mais c'est quoi ?
Un masque de fusion, c'est une sorte de film transparent que l'on va poser au-dessus du calque pour le protéger provisoirement des futures modifications que l'on apportera au calque. Pourquoi provisoirement ? Tout simplement parce que l'on va pouvoir supprimer ce masque et retrouver notre calque d'origine. Cela signifie donc que l'on va modifier l'apparence du calque, mais que c'est le masque qui va se charger de conserver en mémoire ces modifications, le calque n'aura donc subi aucune modification directe.
Prenons un exemple. J'ai dessiné sur ma zone de travail deux ronds blancs portés par le même calque de fond bleu, puis j'ai créé un masque de fusion et ai créé un rond gris foncé, ce qui donne :
Ceci est un schéma détaillé pour que vous puissiez bien comprendre comme cela fonctionne. Voilà maintenant le même schéma, mais avec un aperçu de la zone de travail :
Le masque de fusion est bien invisible, seul son contenu est venu se confondre avec celui du calque et c'est logique, puisqu'on n'est pas censé savoir qu'un masque de fusion existe. C'est un outil dont seul l'infographiste est censé en connaitre l'existence.
Je vous disais donc que les masques étaient provisoires. Cela se vérifie rapidement, il suffit simplement de supprimer le masque de fusion (nous verrons comment faire, juste une minute) et le tour est joué...
... le rond de couleur grise n'apparait plus dans la zone de travail.
Ok, je vois maintenant... Par contre, désolé, mais j'imagine mal les masques permettre de faire une sélection.
N'oubliez pas : les masques de fusions seuls ne le permettent pas, il va nous falloir utiliser le pinceau. On va donc créer un masque de fusion et peindre dessus. Ainsi, toutes les zones peintes feront office de sélection, tandis que les autres seront protégées de toute modification.
Reprenons l'image que je vous ai faite télécharger précédemment et essayons de créer une sélection avec les masques. Commencez par ouvrir l'image sur Photoshop puis sélectionnez le pinceau.
Ensuite, veuillez remettre par défaut les couleurs de votre palette en cliquant sur cette petite icône :
De cette manière, votre palette sera composée de la couleur noir en premier plan, et du blanc en second blanc. Ce sont les deux couleurs dont on aura besoin pour travailler, c'est avec elles que les masques de fusion fonctionnent.
Une fois votre palette réinitialisée, veuillez créer un nouveau masque de fusion en cliquant sur la petite icône représentative :
Je vous rappelle que si le bouton des masques de fusion n'est pas opérationnel (il est grisé et non-cliquable), c'est sans doute parce que l'image que vous avez ouverte sur Photoshop est de type
Arrière-plan dans la fenêtre de calques. Pour remédier au "problème", il vous faudra double-cliquer sur la vignette du calque dans la fenêtre de calque puis cliquer sur "Ok", ou bien cliquer-droit sur cette vignette puis cliquer sur
Calque d'après l'arrière-plan... et enfin sur Ok. L'icône devrait alors revenir à ton état normal, vous pourrez maintenant créer le masque.
Comme vous le savez, le masque de fusion est caractérisé par l'apparition d'une nouvelle petite vignette venu se loger à droite de la vignette du calque :
On peut ainsi choisir quel élément modifier en cliquant sur la vignette de notre choix : si je clique sur la vignette du masque, c'est lui qui sera prêt à subir des modifications. Si je clique sur la vignette de gauche, autrement dit celle du calque, ce sera sur ce dernier que je vais pouvoir travailler.
Si je vous ai demandé de réinitialiser votre palette de calques afin de lui appliquer ses couleurs par défauts en premier-plan (noir) et en arrière-plan (blanc), c'est parce que nous aurons besoin de ces deux couleurs pour former notre sélection.
Une fois le masque créé, il suffit de peindre dessus avec le noir pour supprimer la partie sur laquelle nous aurons peint. Par exemple, si je travaille sur un visage humain et que, après avoir créé un masque de fusion, je peins sur l’œil, ce dernier va disparaitre au fur et à mesure que je peindrai dessus. Essayez, vous verrez !
Ouvrez une image, peu importe laquelle. Ensuite, créez un masque de fusion puis prenez votre pinceau. Enfin, mettez du noir en couleur de premier-plan et peignez sur votre zone de travail. Si vous avez bien suivi, alors la zone que vous peignez est censée disparaitre, elle devient donc transparente. Et quand une zone est transparente sur Photoshop, souvenez-vous, ce sont des petits carrés blanc et gris qui font leur apparition.
Voyez plutôt. Cette image est tirée de mon appareil photo, elle est donc tout ce qu'il y a de plus normal.
Un petit coup de pinceau en gardant bien entendu les différents paramètres permettant d'utiliser les masques de fusions, et hop, je supprime la demoiselle de gauche :
Bon, j'avoue que c'est un travail un peu grotesque, mais avec un peu d'application, ça peut se révéler très efficace.
Le tout maintenant, c'est de sélectionner ce que l'on a peint. Pour cela, il suffit de maintenir la touche
Ctrl (
Command) et de cliquer simultanément sur la vignette du masque. C'est alors que la sélection se forme autour du masque.
Or, ici, la sélection n'est pas formée autour de la zone peinte mais de tout le reste. La zone peinte est "protégée" de toute modification, pourtant c'est l'inverse que nous voudrions, nous. Pour qu'elle ne contienne que la zone peinte, il faut cliquer droit à l'intérieur de la sélection (donc en dehors de la zone peinte
et avec un outil de sélection en main) puis cliquer sur "Intervertir", comme nous l'avions déjà fait dans le chapitre sur les niveaux de couleurs, dans la partie 2 de ce cours.
Il suffit ensuite de cliquer sur la vignette du calque pour que la sélection fonctionne sur l'image de base et non plus sur le masque. Vous pouvez aussi supprimer le masque une fois votre sélection faite, en cliquant droit sur sa vignette puis en sélectionnant soit "Désactiver le masque", pour le supprimer provisoirement, soit "Supprimer le masque", pour le supprimer définitivement.
Mais pourquoi j'utiliserais les masques plutôt qu'un outil de sélection lambda ?
Tout d'abord parce que vous effectuez cette sélection de manière provisoire. C'est un avantage à ne pas négliger.
Aussi, on peut préférer le pinceau pour sa flexibilité : on peint, ça efface, puis on sélectionne la zone peinte et effacée.
De plus, on peut moduler notre sélection selon trois caractéristiques on ne peut plus pratiques :
- En définissant le blanc comme couleur de premier-plan (on remplace donc le noir), c'est l'effet inverse qui se produit ! Le pinceau n'efface plus, il réinitialise l'effacement causé par le noir. Donc, si vous passez d'abord le noir sur votre dessin, ça efface. Si vous passez ensuite le blanc, ça remet la photo en état.
- L'un n'empêche pas l'autre : si vous mettez du gris, le pinceau va générer un effet se balançant entre le blanc et le gris. En d'autres termes, si votre gris est très proche du noir (disons donc gris foncé), alors le pinceau effacera la partie peinte, mais pas à 100% de son efficacité car la couleur n'est pas totalement noire. Cela fonctionne donc comme l'opacité, à la différence près que c'est la couleur qu'il faut moduler, allant du noir au blanc ou du blanc au noir.
- Enfin, et c'est là la vraie puissance des masques et du pinceau, c'est qu'on module le type de sélection que l'on veut faire selon la brosse de notre pinceau, autrement dit sa pointe. Si je change la dureté du pinceau, alors je change en quelque sorte la dureté de ma sélection. Rappelez-vous, plus le pinceau est dur, plus il est net. C'est pareil ici : plus le pinceau est dur, plus les contours de la sélection seront nets. Et vice-versa ! Cela se révèle particulièrement efficace sur les photos dont des cheveux ou des poils sont à détourer. Le fait de pouvoir choisir le diamètre du pinceau et sa dureté nous permet de sélectionner les cheveux jusque dans leurs moindres détails.
Mais ce n'est pas tout ! Les masques ne servent pas seulement à sélectionner, il peuvent être utiles à autre chose. Et cet autre chose arrive dans le prochain chapitre, alors tenez-vous prêts !
