Je ne n'aborderai ici que le matériel le plus souvent utilisé pour les croquis d'observation. Effectivement, ce dernier est le meilleur moyen de progresser en travaillant les bases.
C'est à vous de tester ces divers média et d'autres, plus lourds, de trouver ceux qui vous conviennent le mieux, et d'en approfondir votre maîtrise. Par contre, il est important d'en essayer un maximum, afin de ne pas limiter ses horizons et ses possibilités. Même si certains peuvent sembler rebutants, ils ne peuvent que vous apporter quelque chose.
À noter que pour débuter, un matériel basique, et donc peu coûteux, est suffisant.
Le crayon
Le crayon est la base du dessin, il existe plusieurs types de mines.
- Les
H ont une mine dure, et se gomment facilement.
- Les
B ont une mine tendre, on peut obtenir plus facilement des dégradés. Il se gomment plus difficilement.
Il faut éviter de tenir le crayon trop près de la mine, une prise plus haute donne un tracé plus fluide. Pour la même raison, le poignet ne doit pas toucher la feuille, et il ne faut pas appuyer trop fortement sur le papier.
L'inclinaison de la mine permet d'obtenir différentes épaisseurs de traits, tandis que l'orientation du trait permet de donner du dynamisme à votre croquis.
Évitez de faire des ombres pleines, il vaut mieux utiliser des trames (traits parallèles, ou croisillons plus ou moins serrés) afin de ne pas étouffer votre dessin. Évitez aussi l'estompe au doigt, qui manque de précision, et donne la plupart du temps un aspect « sale ».
Le stylo bille est aussi un médium rapide et peu cher. Il s'utilise sensiblement de la même façon que le crayon à papier. Évidemment, on ne peut pas gommer ; il n'y pas de droit à l'erreur. Les différences de tons s'obtiennent en appuyant plus ou moins fortement, mais surtout avec des séries de traits ou de croisillons.
Le fusain
Le fusain, qui se présente généralement sous la forme d'un bâton, est constitué de charbon de
saule, de
platane ou de
tilleul. Il peut être tendre ou dur. Le premier est utilisé pour le travail des volumes, tandis que le second l'est pour le travail de précision.
Cet outil est économique et propice à la pratique du croquis : il est simple d'utilisation, et permet de modeler les formes, grâce à l'estompe (au doigt ou au chiffon). Il se gomme facilement ; ce qui permet d'ouvrir des zones nettes et précises de lumières gràce à la gomme.
Bref : la pratique du fusain est un bon exercice pour le travail des volumes et des ombres. En outre, dans la mesure où il ne se tient pas comme un crayon, le travail ample et dégagé (il s'utilise souvent sur du papier de
format raisin*) du bras est facilité.
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Pour plus d'informations sur le "papier raisin", vous pouvez consulter cette page.
Le lavis
Le lavis consiste à peindre avec une seule couleur fortement diluée : la plupart du temps, de l'aquarelle (
voir ci-dessous). Les différentes valeurs s'obtiennent en diluant plus ou moins la peinture, et en superposant les couches : plus la peinture est diluée, plus la couleur sera claire ; en repassant une couche dessus, elle s'assombrira. Il faut dès lors peindre en allant du plus clair au plus sombre.
Le blanc, quant à lui, est obtenu grâce aux réserves, c'est-à-dire en laissant intactes des parties du papier (qui doit avoir un grammage supérieur à 200 g). Il faut donc bien visualiser la lumière avant de peindre, et en avoir toujours conscience en posant les ombres.
Le lavis nécessite donc une synthèse du sujet, afin de n'en garder que l'essentiel. Mais il permet aussi d'exercer sa maîtrise de la lumière, grâce au principe du papier en tant que blanc. Le lavis est souvent utilisé pour les esquisses rapides de paysages, et constitue une bonne initiation à l'aquarelle.
L'aquarelle
L'aquarelle est composée de pigments broyés et de gomme arabique. L'aquarelle est naturellement transparente ; ce qui permet, comme pour le lavis, de jouer avec les couches plus ou moins opaques, et les réserves de blanc. Toutefois, l'aquarelle introduit la couleur.
On peut peindre sur fond sec ou sur fond mouillé. Le premier garde le papier sec, et permet un travail précis. Le second, quant à lui, consiste à mouiller le papier avant d'y poser les couleurs : ainsi, les couleurs se mélangent directement sur le papier, s'étendent et se diffusent. Ce qui offre de nombreuses possibilités (perspective aérienne, végétation, ciels, etc.).
Le choix du papier est essentiel : il existe trois niveaux de grains, qui vont déterminer la technique et le rendu.
Le papier à grain fin, recommandé aux débutants, car il est polyvalent.
Le grain à grain moyen.
Le papier à grain rugueux, idéal pour le fond mouillé.
En somme, l'aquarelle permet des études rapides de paysages et de natures mortes, ou bien encore d'ajouter quelques couleurs sur un croquis au crayon. Il permet, à l'instar du lavis, de travailler les jeux d'ombres et de lumières, tout en introduisant le facteur couleur.